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Les puces mémoires font de Samsung l’entreprise la plus rentable au monde ex aequo avec Apple

Ridha Loukil , ,

Publié le

Porté par le boom exceptionnel des puces mémoires, Samsung Electronics termine 2017 avec des résultats records, les meilleurs de toute son histoire. Une situation où le géant coréen de l’électronique dispute à Apple le titre de l’entreprise la plus rentable au monde. Mais cela risque de ne pas durer.

Les puces mémoires font de Samsung l’entreprise la plus rentable au monde ex aequo avec Apple © BEAWIHARTA

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

C’est une année faste pour Samsung Electronics. Après trois années consécutives de recul ou stagnation, le géant coréen de l’électronique termine 2017 en fanfare avec un chiffre d’affaires en bond de 19% à 215,6 milliards de dollars, un bénéfice d’exploitation en augmentation de 24,4% à 48,3 milliards de dollars et un bénéfice net en progression de 22,7% à 38 milliards de dollars. Ce sont les meilleurs résultats de toute son histoire.

Mieux qu'Apple au 4 e trimestre 2017

Le vaisseau-amiral du premier conglomérat coréen, en charge de l’électronique grand public, de l’électroménager, de la microinformatique, des mobiles, des semiconducteurs et des écrans plats, se targue de presque doubler sa rentabilité nette à 21%, exactement au même niveau qu’Apple en 2017. Pour la première fois, le groupe de Séoul se paye le luxe de disputer à la firme à la pomme, icone par excellence de l’industrie électronique mondiale, le titre de l’entreprise la plus rentable au monde. Au quatrième trimestre 2017, il fait même mieux avec une rentabilité nette de 24%, contre 22,7% pour le géant californien .

Cet exploit, Samsung Electronics le doit ni à sa télévision, ni à son électroménager, ni à ses mobiles, des activités emblématiques certes mais toutes en stagnation, voire en recul, à cause de l’érosion des prix et à la montée de la concurrence chinoise. Le groupe coréen le doit surtout à ses puces mémoires Dram et flash qui constituent plus de 80% de son chiffre d’affaires dans les semiconducteurs en 2017. Ces puces, au cœur des serveurs, PC ou mobiles, ont connu une effervescence exceptionnelle en 2017 avec des flambées des prix atteignant 81% selon le cabinet IC Insights. Samsung Electronics, qui domine à 49% le marché mondial des mémoires Dram et à 37% celui des mémoires flash NAND selon le cabinet TrendForce, a bénéficié à fond de la situation.

Semiconducteurs, vache à lait

Son chiffre d’affaires dans les mémoires a explosé de 59% à 54,3 milliards de dollars. Ses semiconducteurs deviennent sa vache à lait. Alors qu’ils ne représentent que 31% du chiffre d’affaires total, ils génèrent les trois quarts des bénéfices d’exploitation du groupe. Un poids qui met toutefois l’entreprise en situation de dépendance dangereuse à long terme.

Car les puces mémoires sont considérées comme des "commodités", sorte de matières premières de l’électronique. Elles sont soumises à des cycles alternés de pénurie et de surproduction. A la hausse des prix, que connait ce marché depuis fin 2016, devrait succéder une chute tout aussi vertigineuse dès cette année. En tant que leader, Samsung Electronics va être l’acteur le plus durement frappé, prévient le cabinet Gartner.

Menace chinoise dans les mémoires

D’autant qu’une autre menace pointe à l’horizon. A partir du second semestre 2018, au moins trois fabricants chinois se préparent à entrer sur le marché des puces mémoires. Avec pour tous l’objectif de casser le monopole des deux coréens, Samsung Electronics et SK Hynix, sur ce segment de marché. Une déferlante qui risque de déstabiliser un secteur déjà en mauvaise posture en raison des surcapcités de production en perspectives et ruiner Samsung Electronics qui a investi la bagatelle des 24,5 milliards de dollars dans ses semiconducteurs en 2017, essentiellement dans l’expansion de ses capacités de production de mémoires en Corée du Sud et dans son usine en Chine.

Les mémoires, qui font aujourd’hui le bonheur de Samsung Electronics, risquent de devenir rapidement son pire cauchemar, comme cela a été le cas pour les Japonais NEC, Fujitsu, Hitachi, Mitsubishi Electric et Toshiba dans les années 1990. Ils ont été tous contraints d’en sortir. Seul Toshiba poursuit l’aventure mais en se cantonnant aux mémoires flash NAND dont il est l’inventeur en 1989. Et encore, cette activité est en cours de vente au consortium Pangea mené par le fonds d’investissement américain Bain Capital.

Horizon bouché

Pour éviter la déstabilisation, le groupe coréen ne peut compter ni sur sa télévision, ni sur son électroménager, ni sur ses mobiles, des activités vouées toutes à la commoditisation, le terrain de prédilection des constructeurs chinois. Il pourrait en revanche tirer profit de sa position de monopole dans les écrans Oled dont il assure plus de 90% de la production mondiale selon le cabinet DSCC. Une position qui en a fait le fournisseur exclusif d’Apple pour l’iPhone X. Mais cette position va vite s’effriter avec l’entrée cette année de son rival et compatriote LG Display dans les écrans Oled pour smartphones ainsi que des chinois comme BOE Technology, suivis en 2019 par les japonais Sharp et Japan Display. Partout, l’horizon à long terme parait bouché pour Samsung Electronics.

Les chiffres clés de Samsung Electronics en 2017

Effectif : 325 000 personnes dans le monde, dont 90 000 en Corée du Sud

Chiffre d’affaires : 215,6 milliards de dollars (+19%)

Répartition : Electronique grand public (11%), mobiles (43%), Semiconducteurs (31%), Ecrans plats (14%) et autres (1%)

Bénéfice d’exploitation : 48,3 milliards de dollars (+24,4%)

Bénéfice net : 38 milliards de dollars (+22,7%)

Investissements : 39 milliards de dollars, dont 24,5 milliards dans les semiconducteurs et 12 milliards dans les écrans plats

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