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L'Usine Auto

"Les propositions des syndicats de PSA sont positives"

Pauline Ducamp , , ,

Publié le

Entretien Rémi Cornubert, partner en charge de l’automobile au cabinet de conseil Oliver Wyman, estime que les propositions alternatives au plan de sauvegarde de l’emploi de PSA, présentées par la CFDT et la CGT, ouvrent un peu plus le débat sur la flexibilité du travail.

Les propositions des syndicats de PSA sont positives © D.R. - PSA Peugeot Citroën

L’Usine Nouvelle - Est-ce que baisser la durée du travail à 32 heures dans plusieurs sites PSA, comme le préconise la CFDT, peut permettre de réduire le nombre de suppressions de postes dans le groupe ?
Rémi Cornubert - Cette proposition rappelle les accords déjà signés en Allemagne sur la flexibilité du travail au début des années 2000. Il faut ajuster la charge de travail au marché. Or le marché européen a perdu, depuis 2007, 3,5 millions de véhicules et se positionne aujourd’hui à son niveau réel, après le sursaut des primes à la casse. Comment occuper alors toutes les capacités de production ?

Il faut faire attention à un problème : les usines ne fabriquent pas les mêmes modèles et certains se vendent beaucoup mieux que d’autres. Il ne faut pas pénaliser avec cette baisse du temps de travail les usines qui produisent des modèles à succès. Le site PSA de Poissy, qui fabrique la DS3, ne doit pas être pénalisé dans sa montée en cadence par une baisse du temps de travail.

La CGT propose justement de mieux répartir la production dans toutes les usines du groupe, en les faisant tourner en 2 équipes. Ces transferts de production entre sites sont-ils réalistes ?
Les usines de PSA sont organisées autour d’une même plateforme utilisée par différents modèles, ce qui permet de limiter les investissements industriels et de baisser les coûts de production. Or si on transfère des productions de modèles entre usines utilisant des plateformes différentes, le coût devient alors prohibitif car il faut réinvestir dans l’usine destinatrice et ce n’est plus économique. Et on en revient encore à la question de la flexibilité.

Chaque usine dispose d’une réserve de charge, où lors des pics de production, on met en place une équipe de nuit, voire du travail le week-end. Or les constructeurs ont eu tendance à officialiser ces équipes supplémentaires, lors des périodes de pics. Mais comment les occupe-t-on lorsque la production baisse ? Vue la situation économique en Europe, les constructeurs ont déjà trop tardé : le secteur n’échappera pas à des fermetures d’usines.

Vue la situation économique en Europe, les constructeurs ont déjà trop tardé : le secteur n’échappera pas à des fermetures d’usines.

 



Les deux syndicats demandent une augmentation de capital et l’apport de fonds par la famille Peugeot. Est-ce une hypothèse crédible ?
Je ne peux pas répondre à la place des actionnaires, mais deux priorités vont devoir être traitées. Il faut d’abord arrêter l’hémorragie : PSA brûle 200 millions d’euros de cash par mois. En 2013, la situation économique européenne va se détériorer et accroître la pression financière. Il faut donc  restructurer maintenant pour assénir la situation. Même Fiat supprime en Pologne 1 500 postes dans son usine qui produit son modèle à succès, la 500.

Ensuite, même si on réduit les coûts, il faut préserver les futurs modèles et les futurs moteurs du groupe. Une augmentation de capital pourrait permettre de passer les années difficiles 2013/2014 tout en continuant d’investir en R&D pour preparer l’avenir. Une chose est sûre : ces propositions des syndicats vont dans un sens positif, car elles ouvrent le débat sur la flexibilité du travail. On va dans le même sens qu’en Allemagne (exemple réussi) avec le même objectif : maintenir l’emploi à long terme.

Les négociations continuent
Après le Comité Central d’Entreprise du mardi 11 décembre, les syndicats de PSA se retrouvent de nouveau mercredi 12 décembre pour discuter des modalités du PSE. Après les séniors et les personnes fragiles, les syndicats évoqueront les départs de l’entreprise (départs volontaires ou reclassement). Lors du CCE de mardi, la CGT a estimé à 11 214 le nombre de suppression de postes enregistré d’ici à mai 2014, après les deux plans de départs de novembre 2011 et juillet 2012.

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