Les promesses révolutionnaires des nanotechnologies dans la santé

Dans la médecine et l’industrie pharmaceutique, les nanotech devraient sensiblement améliorer le diagnostic, le traitement et le suivi thérapeutique. Avec douze sociétés et trois grands centres de recherches, la France siège dans le wagon de tête, mais doit encore fédérer les initiatives.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Les promesses révolutionnaires des nanotechnologies dans la santé

Alors qu’un grand débat public sur les nanotechnologies s’ouvrira avant fin 2009 dans le cadre du Grenelle I, industriels du médicament et scientifiques du vivant présentent les perspectives des nanoproduits appliqués à la santé. Pour eux, aucun doute, les technologies de l’échelle nanométrique apporteront de grands bénéfices à la médecine : plus de potentialités, de rapidité, de fiabilité, le tout à moindres coûts.

De quoi parle-ton ? Les « nanotech » consistent à créer des structures, dispositifs et systèmes insolubles, dont la taille du composé actif est comprise entre 1 et 100 nanomètres*, soit l’échelle atomique, moléculaire ou macromoléculaire. Du fait de leur miniaturisation, les nanoproduits disposent de nouvelles propriétés. En médecine, les applications nano naissent des interactions entre la biologie, la chimie, la physique et la recherche clinique. Elles restent soumises au même cadre drastique de l’autorisation de mise sur le marché (EMEA et AFFSSAPS), des rapports de pharmacovigilance et du marquage CE (pour les dispositifs médicaux).

Les apports des nanotech aux industries de la santé. Grâce à leurs nouvelles propriétés, les nanotechnologies pourraient bien franchir les trois gros obstacles que sont les diagnostics trop tardifs (notamment en oncologie ou dans les maladies neurodégénératives), l’inefficacité et les effets indésirables des médicaments, l’incapacité à régénérer un organe ou un tissu lésé.

En effet, les nanoproduits sont à même d’améliorer les diagnostics in vitro (nanobiopuces, marquage des macromolécules…) et in vivo (marqueurs d’imagerie, sondes endoscopiques ou cathéters). Ils présentent également de belles perspectives en matière de suivi thérapeutique et de traitement, surtout dans la délivrance des médicaments (drug delivery systems). En encapsulant des molécules (liposomes, nanocristaux…) dans leur cœur ou leur couronne, les nanovecteurs, invisibles pour le système de désintoxication de l’organisme, atteindront plus précisément l’organe cible, tout en produisant moins d’effets toxiques vers les cellules non visées. Actuellement, 36 nanoproduits médicaux sont autorisés sur le marché français, dont 21 formulations de drug delivery et 9 biomatériaux. Les applications les plus nombreuses concernent la cancérologie.

Pour Patrick Couvreur, directeur du laboratoire de physico-chimie, pharmacotechnie et biopharmacie de Châtenay-Malabry, « les nanotechnologies présentent trois innovations majeures : la multifonctionnalité avec la possibilité d’encapsuler plusieurs molécules pour traiter différents symptômes et la faculté de théranostic (thérapie et diagnostic combinés) ; une médecine plus personnalisée ; et la libération autorégulée (en réponse à un stimulus de l’organisme) ou à distance (ondes électromagnétiques ou stimulation infrarouge par exemple) du médicament. »

La France à la pointe de la nanomédecine. Selon une étude récente (Leem-Bionest), douze sociétés hexagonales sont positionnées sur les applications des nanotechnologies en santé-pharma, secteur dominé par les Américains avec une trentaine d’entreprises. A comparer avec les 19 sociétés allemandes et les 9 britanniques. Plutôt des start-up que des groupes pharmaceutiques (comme Sanofi-Aventis, Servier ou Ipsen), les entreprises françaises sont essentiellement localisées autour des pôles parisien (notamment Nanobiotix, Guerbet, BioAlliance Pharma) et lyonnais (notamment Flamel technologies et BioMérieux). La France dispose de trois centres de recherche à portée internationale (l’unité mixte de Châtenay-Malabry, le Leti (CEA) à Grenoble et le Laas (CNRS) à Toulouse) et de nombreuses équipes réparties sur tout le territoire, notamment au sein des huit cancéropôles.

Pour autant, le syndicat de l’industrie pharmaceutique (LEEM pour Les Entreprises du Médicament) regrette la dispersion des financements publics accordés aux nanotechnologies (via six organismes différents), la faiblesse des financements consacrés spécifiquement aux nanotech appliquées à la santé et l’absence d’une structure fédératrice dédiée à la nanomédecine. Reste aussi à apaiser les appréhensions négatives du grand public vis-à-vis des nanotechnologies.



* 1 nanomètre équivaut à un milliardième de mètre (1/1 000 000 000 mètre ou encore 10-9 m), soit 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu et 100 fois plus petit que la molécule d’ADN. En grec, « nano » signifie tout simplement nain.

A lire aussi :
20 réponses du LEEM à propos des nanotechnologies appliquées à la médecine

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS