Les professionnels du fret ferroviaire veulent un meilleur réseau

Prix en hausse, qualité en baisse. Les organisations professionnelles du fret ferroviaire soulignent les manques de SNCF Réseau et rappellent l’Etat à ses responsabilités.

Partager

Les organisations professionnelles du fret ferroviaire (*) se veulent optimistes. Après des années de forte baisse, le fret ferroviaire en France semble amorcer un timide redressement, avec une progression de 0,6% du nombre de tonnes-kilomètres en 2014 et une croissance d'autant du chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois de 2015. Mais c’est un peu près la seule satisfaction des donneurs d’ordre et prestataires privés.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

"Nous sommes face à de fortes difficultés, souligne Pascal Sainson, administrateur de l’association française du rail (Afra). Suite à la réforme de la SNCF de 2014, il n’y a toujours pas de contrat entre l’Etat et SNCF Réseau. Nous n’avons aucune visibilité, le prix du sillon augmente de 6,27% en 2016, la qualité du réseau est insuffisante et les investissements que doivent faire l’Etat pour permettre l’accès au réseau n’ont pas été réalisés."

Et quand les prestataires de fret se plaignent à SNCF Réseau, on leur rétorque qu’ils récupéreront les deux tiers de l’augmentation par le biais des pénalités que le gestionnaire du réseau devra leur verser pour cause de mauvais service !

L’Afra pointe du doigt un prix moyen du sillon fret de 4,8 euros par train-kilomètre, alors que le prix moyen européen n’est que de 2,8 euros. Pour leur permettre de faire face à la concurrence des routiers, l’Etat met la main à la poche. "Sans le maintien de la compensation financière de l’Etat, les entreprises ferroviaires en France se retrouveraient hors marché par rapport à la concurrence intermodale", souligne l’Afra. Mais cette compensation est passée de 227 millions d’euros en 2012 à 109 millions en 2014.

Moins de 50 kilomètres/heure de moyenne

Face à la baisse de la qualité, certains clients reviennent à la route. En France, les trains de fret cèdent la place aux trains de voyageurs lorsque ces derniers sont en retard. Au Royaume-Uni, les trains de fret qui sont à l’heure poursuivent leur route… En France, la vitesse moyenne est comprise entre 40 et 50 kilomètre/heure, inférieure à celle des routiers. Plus ennuyeux, il est souvent impossible de connaître avec exactitude l’heure d’arrivée.

"Les transporteurs routiers commencent à équiper leurs camions de systèmes permettant d’annoncer aux clients leur arrivée presque à la minute près. Dans le ferroviaire, on ne sait même pas où se trouvent les wagons… ", déplore Pascal Sainson.

Et la situation s’aggrave. Les opérateurs de fret ont du mal à obtenir des réservations de sillons fermes - récurrents et normalement garantis -, qui ne représentent plus en 2016 que 60,5% de leurs commandes contre 76,6% en 2015. Dans le même temps, les "trous de régime", c’est-à-dire la suppression temporaire d’un sillon ferme, par exemple pour cause de travaux, bondit de 11,7% à 18,6%.

Après les satisfécits de la COP 21, l’Etat et la SNCF vont-ils sérieusement s’intéresser aux difficultés du fret ferroviaire ? Le rail (9,5% du transport intérieur de marchandises) est, avec le fluvial (2,2%), le moyen de transport le plus respectueux de l’environnement.

Patrice Desmedt

(*) L’Association française du rail (Afra), l’Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF), le Groupement national des transports combinés (GNTC), les Opérateurs ferroviaires de proximité (Objectif OFP) et l’Union des entreprises de transport et de logistique de France (TLF).

Les trois demandes des organisations professionnelles

  • La présentation d’une analyse transparente des coûts d’infrastructure
  • La mise en place d’indicateurs de qualité des sillons permettant de corréler le prix des sillons à la qualité du service d’infrastructure
  • La prise en compte pour le gestionnaire d’infrastructure des nombreux leviers de productivité recensés notamment par la Cours de Comptes ou le Conseil général de l’environnement et du développement durable

 

 

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS