Economie

Les prochains grands chantiers d'EADS : la compétitivité de l'Eurofighter et d'Ariane

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

L'avion de combat Eurofighter et la fusée européenne Ariane sont au cœur de la nouvelle division "Espace et Défense" du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, en pleine restructuration. Pour restaurer sa profitabilité, EADS estime qu'il faudra revoir leurs modèles industriels trop inefficaces.

Les prochains grands chantiers d'EADS : la compétitivité de l'Eurofighter et d'Ariane
Bernard Gerwert, le nouveau patron de la division
© EADS Airbus

Au-delà des réductions d'effectifs désormais connues pays par pays et division par division, la restructuration de la nouvelle branche Espace et Défense d'EADS reste encore nébuleuse. Quelles seront les lignes de produits abandonnées ? Quelles seront les futures priorités en termes de technologies et de marchés géographiques ? A ces questions, la direction EADS apporte encore peu de réponse. "Le cœur du coeur de l'activité de la nouvelle division sera constitué par les avions militaires et les activités spatiales", se contente de préciser Bernard Gerwert, le nouveau patron de la division "Airbus Defence & Space". Dans ces deux secteurs, le groupe doit faire face à des challenges industriels d'importance.

Des réductions d'effectifs supplémentaires

L'avion de combat Eurofighter, fragilisé après son échec face au Rafale pour remporter le contrat indien, se trouve en situation délicate. "Si nos prévisions de ventes supplémentaires à l'export ne sont pas atteintes, des réductions d'effectifs supplémentaires seront nécessaires après 2018", n'a pas caché le dirigeant allemand qui précise que 5 campagnes sont en cours. Dans ce domaine, il doit s'accorder avec ses co-actionnaires, le britannique BAE et l'italien Finmeccanica, pour revoir le modèle de production de l'avion, jugé largement inefficace. Il est en effet aujourd'hui assemblé dans les quatre pays à l'origine du programme : en Allemagne, au Royaume, en Italie et en Espagne. Un cas unique dans l'aéronautique militaire et de quoi plomber son coût de production ! D'où les réflexions en cours pour y remédier. Ainsi, si les commandes d'un pays s'arrête, sa ligne d'assemblage pourrait être remise en cause, avertit la direction d'EADS.

Astrium aussi touché que Cassidian

Le lanceur Ariane constitue l'autre chantier industriel majeur pour la nouvelle division Espace et Défense. D'ailleurs, son maître d'oeuvre Astrium paie également un lourd tribu à la restructuration avec 2470 postes supprimés sur les trois prochaines années. Soit presque autant que Cassidian ! "Nous devons améliorer significativement la compétitivité d'Astrium", justifie Bernard Gerwert. La nouvelle menace du lanceur SpaceX, qui a réussi son premier lancement d'un satellite commercial la semaine dernière, ne fait que le conforter dans son analyse. "SpaceX commercialise des fusée 30% moins cher qu'une Ariane", rappelle le dirigeant allemand. EADS va donc militer pour une révision drastique du modèle industriel du lanceur européen aujourd'hui basé sur le principe du juste retour géographique. Dans ce modèle, chaque pays qui finance Ariane récupère une partie des développements et de la charge industrielle correspondant à son investissement dans le programme. "L'industrie européenne des lanceurs ne peut plus fonctionner avec un modèle aussi complexe sur le plan industriel", a averti Tom Enders, le PDG d'EADS.

Hassan Meddah

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