Les prix du lait souffrent d'une surproduction généralisée

Malgré un fort recul des prix à la fin de l’année 2014, les producteurs de lait ont poursuivi leur course aux volumes au cours du premier semestre 2015. La fin des quotas laitiers dans l’Union européenne est notamment en cause.

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Source : France AgriMer d’après la Commission européenne

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"Déjà extrêmement bas, les prix des produits laitiers ont chuté dans des proportions comprises entre 12% et 23% au cours du troisième trimestre, avant de se reprendre en septembre", constate Rabobank. Pour la banque néerlandaise, les surplus mondiaux sont imputables autant aux producteurs, qui ont augmenté leurs volumes durant cette période, qu'aux consommateurs, dont la demande n’a pas été au rendez-vous. Au troisième trimestre 2015, la Russie – qui a mis en place un embargo sur de nombreuses denrées européennes – et la Chine ont acheté 27% de lait en moins qu’au troisième trimestre 2014. L’écoulement des stocks ainsi réhaussés devrait s’échelonner jusqu’au deuxième trimestre 2016, non sans conséquences sur les prix.

A titre d’exemple, au cours des sept premiers mois de l’année, la collecte de lait de vache s’est fortement accrue, souligne pour sa part l’établissement français des produits de l’agriculture et de la mer, France AgriMer (voir graphique ci-dessous). 1986 milliers de tonnes supplémentaires ont été collectées par rapport à la période janvier-juillet 2014. La hausse est demeurée contenue en Nouvelle-Zélande en raison d’un hiver froid et humide qui n’a pas favorisé la poussée de l’herbe, et des prix bas qui ont amené certains éleveurs à réformer des vaches.

· Collecte de lait de vache

L'Union européenne tire la production mondiale

Sans surprise, l’Union européenne a constitué le moteur des hausses de production mondiale constatées depuis le début de l’année, indique Rabobank. La fin des quotas laitiers, le 1er avril 2015, a immédiatement été suivie d’effets : entre avril et juillet, la production européenne a été supérieure de 2,1% à celle constatée durant la même période en 2014. Les Pays-Bas, l’Irlande et la Pologne ont représenté à eux seuls deux-tiers de cette hausse. De nombreux producteurs de ces pays avaient déjà dépassé leurs quotas avant la fin programmée de ceux-ci, et s’étaient engagés dans une politique d’investissements destinés à améliorer leurs outils de production en vue de la libéralisation du marché. Une trésorerie suffisante les a, de plus, aidés dans ce chantier. En glissement annuel, les autres pays membres ont vu leur production progresser de 1%.

L’euphorie ne devrait être que de courte durée, souligne la banque néerlandaise : la production devrait fortement ralentir dans les prochains mois, et peu ou prou augmenter au cours du premier semestre 2016. Dès l’automne, les besoins supplémentaires en fourrage affecteront la trésorerie des éleveurs. En juillet 2015, la France a annoncé un plan de soutien à l’élevage, rejointe fin septembre par l’Union européenne qui a mis sur la table 500 millions d’euros, dont 420 millions d’aides ciblées au moyen d’enveloppes réparties dans les différents Etats membres. "Bien que cette somme soit importante, elle sera relativement faible par agriculteur et aura peu d'impact sur la production au cours de notre période de prévisions (jusqu’à la mi-2016)", estime Rabobank.

L’Union européenne n’est néanmoins pas la seule région du globe à avoir vu sa production laitière progresser depuis le début de l’année. Ainsi, aux Etats-Unis, la hausse est de 1,6% par rapport au premier semestre 2014. "Les agriculteurs américains font désormais partie du groupe enregistrant des flux de trésorerie négatifs, et beaucoup d'entre eux ont assoupli leurs dépenses", avertit Rabobank. En Argentine, la progression est de 1,7% sous l’effet d’une faiblesse du coût des aliments pour le bétail. La hausse de la production chinoise est quant à elle estimée entre 4% et 5,5%, les investissements consentis ces dernières années par les grandes exploitations portant leurs fruits.

Des signes encourageants pour les prochains mois

Du côté de la demande, l’heure est à l’optimisme. "La consommation laitière mondiale va légèrement s’améliorer au cours des 12 prochains mois", projette la banque néerlandaise. Représentant 20% de la consommation laitière mondiale, l’Union européenne voit sa santé économique s’améliorer, au même titre que les Etats-Unis (15% de la consommation mondiale). Les ventes de yoghourts et de beurre y ont progressé durant l’été, avec en toile de fond une baisse du chômage ainsi qu’une baisse des prix de l’énergie, favorable aux industriels cette fois-ci. En outre, "le niveau des stocks mondiaux devrait se normaliser au milieu de l’année 2016", veulent-ils croire. Le ralentissement de la croissance économique chinoise provoque malgré tout une certaine inquiétude chez les analystes.

Franck Stassi

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