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Quotidien des Usines

Les prêts verts de l’Europe attirent les PME marocaines

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Le programme de financement européen MorSEFF de prêts pour l’efficacité énergétique des entreprises remporte un grand succès auprès des PME marocaines. Les trois quarts des fonds débloqués ont déjà été alloués. Encours des prêts déjà attribués : 12 millions d'euros.

Les prêts verts de l’Europe attirent les PME marocaines © dr

"Actuellement il y a 21 projets d’investissement en cours, représentant environ 12 millions d’euros et 15 autres projets quasiment aboutis pour 4,2 millions d’euros", révèle Maly Mirsolav, principal responsable de l’équipe de la BERD pour l’efficacité énergétique  et le changement climatique.

Depuis quelques annes la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) créée pour venir en aide à l'est de l'Europe s'est, en effet, tournée vers le sud de la Méditerranée, notamment le Maroc.

"Près des trois-quarts des fonds prévus ont été alloués à des projets", estime-t-il sur les 20 millions d’euros confiés  le 17 mars 2015 à la BMCE, via son crédit BMCE Cap Energie, par le programme européen MorSEFF.

Ce programme développé par la BERD accorde des prêts, des subventions et une assistance technique, aux entreprises privées marocaines qui veulent investir dans les énergies renouvelables ou dans l’amélioration de l’efficacité énergétique de leur appareil de production.

Mi-décembre 2016, un deuxième accord a été signé avec la Banque Centrale Populaire (BCP) pour 20 autres millions d’euros. La BERD en partenariat avec la Banque allemande de développement KfW, la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence française de développement (AFD), via MorSEFF a mobilisé au total pour le Maroc 80 millions d’euros.

"Le consortium de bailleurs de fonds serait même prêt à ajouter 20 à 30 millions d’euros", estime William Fellows, chef de projet.

Le programme SEFF (Sustainable Energy Financing Facility) au Maroc a donc remporté un vif succès. "Il y a une très forte demande de l’industrie marocaine, même si, pour cette phase de test, on a assez peu communiqué, a constaté William Fellows. Je pense que dans le contexte de ralentissement de la croissance, un investissement dans l’efficacité énergétique est un bon investissement défensif, il est directement rentable."

En 2014, le contrat-programme de l’Office National de l’Electricité a été modifié, réévaluant des prix de l’électricité notamment pour les professionnels. Du coup,"les projets d’efficacité énergétique – qui se concentrent jusqu’ici sur des machines et un éclairage plus efficient – sont clairement motivés par l’augmentation des prix de l’électricité pour les entreprises marocaines. Les économies réalisés, dans ces deux types de projets, les rends financièrement viables avec un temps de retour sur investissement très raisonnable", ajoute Maly Mirsolav.

Un prêt de 920 000 euros a été accordé, par exemple, à la société Sotrameg de Kenitra (groupe Delta Holding) qui produit de l’éthanol industriel à partri de mélasse de betterave pour lui permettre de remplacer son compresseur multi-étagé par un compresseur d’air à vitesse variable (VSD) plus économe. Un système d’extraction du méthane produit par sa station de déchets liquide a été mis en place. Il pourra ainsi être brûlé dans la chaudière et remplacer ainsi d’autres combustibles fossiles.

"Le CO2 libéré jusqu’ici dans l’atmosphère est aussi capturé et purifié pour une utilisation industrielle", précise Maly Miroslav. Les équipes de MorSEFF ont calculé que le taux de rendement interne de cet investissement sera de 29% et que l’entreprise aura récupéré sa mise en moins de 4 ans. Il permettra d’éviter l’émission de 3 900 tonnes de CO2 par an.

Dans le secteur agro-alimentaire toujours, la BMCE a accordé un prêt de 900 000 euros à une société de production d’olives pour l’achat de deux nouvelles lignes de tri. En améliorant sa productivité, l’entreprise devrait consommer 21 MWh par an de moins qu’auparavant et réduire ainsi de 6 tonnes chaque année ses émissions de CO2.

Une entreprise spécialisée dans la fabrication de sacs en polypropylène tissés destinés à l’industrie alimentaire et les aliments pour animaux a obtenu à elle seule un prêt de 4,412 millions d’euros pour poser 6 000m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits de l’usine. Elle devrait ainsi économiser 12% de sa consommation annuelle d’électricité et revenir sur son investissement en l’espace de 8 ans.

"Environ 80% des prêts conclus sont des projets concentrés sur l’efficacité énergétique, quant aux projets à venir autour de 70% de ceux en cours d’approbation finale, sont des projets photovoltaïques – principalement des panneaux installés sur les toits pour l’autoproduction", conclut Maly Miroslav.

Julie Chaudier à Casablanca

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