Les pressions se multiplient dans le dossier EADS - BAE Systems

EADS et BAE Systems doivent revoir leur projet de fusion car il n'est pas créateur de valeur à ce stade, a estimé lundi Lagardère, l'actionnaire de référence français de la maison-mère d'Airbus, et ce au moment où Londres menacerait de son coté de s'opposer au projet, selon une source proche du gouvernement britannique.

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Les pressions se multiplient dans le dossier EADS -  BAE Systems

A neuf jours de la date-limite fixée par EADS et BAE pour ficeler leur projet, le groupe de médias dirigé par Arnaud Lagardère a jugé que les conditions de rapprochement des deux entreprises étaient "insatisfaisantes."

Lagardère appelle dans un communiqué à un réexamen du projet qui prenne "mieux en compte l'ensemble des intérêts de l'actionnariat français de contrôle d'EADS".

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A ce stade des discussions, la parité de fusion retenue - 60% pour les actionnaires du groupe européen et 40% pour ceux de l'entreprise britannique - est jugée défavorable aux actionnaires d'EADS par plusieurs analystes.

Une source proche des discussions a fait valoir que la probabilité de voir les discussions échouer était maintenant supérieure à celle d'un accord.

Dans sa dernière édition, le magazine Der Spiegel rapporte que Paris et Berlin se sont entendus sur une position commune prévoyant qu'ils conservent chacun une participation de 9% dans le géant mondial de la défense et de l'aérospatiale qui serait issu de la fusion.

L'accord franco-allemand servirait de base aux négociations prévues avec le gouvernement britannique cette semaine, ajoute l'hebdomadaire.

La France détient directement 15% d'EADS et entend conserver son influence sur la stratégie du groupe qu'elle exerce actuellement par le biais d'un accord avec Lagardère, actionnaire à hauteur de 7,5%.

L'Allemagne n'a pas de participation directe dans EADS mais le projet de fusion lui donne l'opportunité de prendre le contrôle de parts actuellement détenues par le constructeur automobile Daimler et un groupe de banques.

VETO

Le gouvernement britannique serait prêt à user de son action spécifique, ou "golden share", pour opposer son veto à la fusion d'EADS et de BAE si les conditions de cette opération ne lui convenaient pas, a déclaré une source du ministère britannique de la Défense en fin d'après-midi.

L'équipe de David Cameron ne souhaite pas que la France et l'Allemagne détiennent chacune 9% de l'entité. "Ils veulent qu'elle soit préservée de toute influence politique manifeste", a expliqué la source.

L'action EADS a progressé de 1,01% à 24,91 euros lundi à la Bourse de Paris. Depuis le 12 septembre, date de l'annonce des discussions, elle affiche une baisse de 11%, ce qui représente près de quatre milliards d'euros de capitalisation partis en fumée.

L'action Lagardère a avancé de 1,36% à 21,55 euros.

"Je crois que ce qu'ils veulent, c'est une bonne parité pour sortir", a souligné un opérateur de marché basé à Londres a propos des déclarations du groupe Lagardère.

Dans une tribune publiée lundi dans trois journaux, les dirigeants d'EADS et BAE Systems s'efforcent de rassurer les investisseurs sur les avantages de leur projet de fusion, opération estimée à quelque 35 milliards d'euros.

CONVERGENCE

Un porte-parole de Lagardère a refusé de commenter la nature des négociations actuellement en cours. Un porte-parole d'EADS s'est de son côté refusé à tout commentaire.

Un accord, s'il a lieu, devra en tout état de cause faire converger les positions de Paris, Londres et Berlin.

De source gouvernementale française, on doutait vendredi qu'un projet précis soit défini dans les temps impartis en raison de la complexité des enjeux à l'oeuvre, notamment au regard de la localisation des sites industriels et des emplois, du contrôle des activités nucléaires et des produits de défense à l'attention du marché américain.

Londres devrait exiger que les activités de défense du nouveau groupe soient basées à Londres pour préserver son accès aux appels d'offres du Pentagone.

Les Etats-Unis, l'Espagne et l'Arabie saoudite pourraient également poser des conditions préalables à l'opération.

Avec Reuters (Matthias Blamont, édité par Jean-Michel Bélot)

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