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Les premiers diplômés de Centrale Pékin fêtés en grandes pompes

Cécile Maillard

Publié le

La Chine a vu les choses en grand, samedi 7 janvier, pour remettre leur diplôme d’ingénieurs à 74 premiers étudiants chinois formés par une grande école française implantée dans le pays.

Les premiers diplômés de Centrale Pékin fêtés en grandes pompes

Place Tian An Men, Pékin, samedi 7 janvier. L’immense Palais de l’Assemblée du peuple, construit en 1959 pour fêter les dix ans de la nouvelle République populaire de Chine, accueille une cérémonie très formelle et toute chinoise : la première remise de diplômes de l’Ecole centrale de Pékin à 74 étudiants chinois.

Sous les imposants lustres d’une salle de réception au style communiste affirmé, le ministre chinois de l’Industrie et le ministre français des Transports ont scellé la bonne entente entre leurs pays que représente cette grande première. Musique chinoise conquérante et grands airs de Carmen ont longuement résonné dans la monumentale salle au sol de marbre rouge…

Pour donner à l’événement toute la solennité requise, c’est en toge de l’Université de Pékin-Beihang, dont Centrale Pékin est un département, que les cinq directeurs des Ecoles centrales françaises (Paris, Lyon, Nantes, Lille et Marseille) et les représentants de l’université chinoise, ont remis les précieux parchemins. Une tenue également portée par les jeunes diplômés, tradition plus américaine que chinoise !

Pendant six ans, ces étudiants ont cravaché dur. Sélectionnés en fonction de leur classement au baccalauréat chinois, ils ont d’abord suivi une année de cours de français intensifs, puis deux années correspondant à nos classes préparatoires – les cours des maths et physiques étaient d’ailleurs assurés par deux profs de prépa du lycée Louis Le Grand – et enfin trois années d’études d’ingénieur. Un cursus difficile pour les jeunes Chinois, confrontés à des méthodes pédagogiques différentes de celles qu’ils connaissent.

"Il a fallu beaucoup, beaucoup travailler, surtout que nous devions suivre parallèlement les cours en chinois de l’Université de Beihang, pour notre master d’ingénierie", raconte Cao Guangsheng, 26 ans, un des heureux élus. Après un stage à la COMAC, entreprise aéronautique chinoise, le jeune vient d’être embauché par cette entreprise comme ingénieur de liaison (entre conception et fabrication). "COMAC travaille beaucoup avec les entreprises internationales, SAFRAN, par exemple, et j’espère pouvoir voyager", précise le fraîchement diplômé, qui assure avoir "un des meilleurs salaires que peut espérer un jeune ingénieur chinois".

Une thèse en France

Ce profil d’ingénieur multiculturel intéresse énormément les entreprises françaises, dont 13 ont financé le lancement de Centrale Pékin à hauteur, en moyenne, de 50.000 dollars par an. Schlumberger, par exemple, a déjà embauché six diplômés, un en tant qu’ingénieur R&D en France, cinq comme ingénieurs terrain (4 en Chine, 1 en Afrique de l’ouest). Total en a recruté deux, la major de promo en France, et un en Chine, sur un site de forage. "Nous avons des partenariats avec les grandes compagnies pétrolières chinoises, que nous rencontrons en Chine mais aussi en Irak, au Canada, en Angola", explique François Issard, président pour Total d’une entité d’exploration et production franco-chinoise. "Nous avons donc besoin, dans nos équipes, de cadres de haut niveau qui pensent Total, mais comprennent le modèle technico-culturel chinois."

Sur les 107 étudiants entrés à l’école, 82 sont allés au bout de la formation (d’autres sont sortis à bac + 4, un bachelor en Chine). 74 viennent d’être diplômés, 8 autres, partis en double diplôme à Supelec ou à l’Institut français du pétrole, le seront plus tard. Sur ces 74 jeunes diplômés, un tiers (22) poursuit une thèse en France, financée essentiellement par des bourses chinoises. Un tiers a déjà trouvé un emploi, 3 en CDI en France, les autres en Chine (Shlumberger, Total, Safran, Ernst & Young, côté français, COMAC, Avic, organismes publics, côté Chine).

Reste un tiers de jeunes diplômés en recherche d’emploi. "Certains, très bons, hésitent entre plusieurs propositions, précise Anne Spasojevic, enseignante de Centrale Paris et responsable de la formation professionnalisante à Centrale Pékin. D’autres négocient leur embauche avec les entreprises où ils ont fait leur stage, certains rentrent à peine de France et n’ont pas encore attaqué leur recherche d’emploi. On est un peu moins tranquille pour les 5 ou 6 derniers étudiants."

L’aventure continue. Le gouvernement chinois, demandeur de cette formation bi-culturelle, avait demandé aux écoles centrales de s’engager sur 49 ans… Ce pays en mouvement perpétuel n’oublie jamais de se donner des objectifs de long terme.

Par Cécile Maillard, à Pékin

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