L'Usine Energie

Les premiers détails de l'offre de Siemens et Mitsubishi sur Alstom

Manuel Moragues , , , ,

Publié le , mis à jour le 16/06/2014 À 17H46

[ACTUALISÉ] - Après-midi cruciale pour Alstom. Après un rendez-vous avec les administrateurs du fleuron français, les groupes Siemens et Mitsubishi Heavy Industries ont détaillé leur offre pour la reprise des activités énergie.

Les premiers détails de l'offre de Siemens et Mitsubishi sur Alstom © moonhouse - Flickr - c.c.

Sommaire du dossier

Actualisation : Dans son offre formelle déposée avec Mitsubishi Heavy Industries le 16 juin en fin d'après-midi relayée par l'AFP, Siemens propose de racheter pour 3,9 milliards d'euros l'activité turbine à gaz d'Alstom et offre une garantie de l'emploi en France et en Allemagne de 3 ans. De son côté, MHI souhaite prendre jusqu'à 10% du capital d'Alstom, propose d'injecter 3,1 milliards d'euros en cash et formerait trois coentreprises.

Dans un communiqué commun, MHI indique également proposer d'injecter 3,1 milliards d'euros en numéraire dans Alstom, également convoité par General Electric, tandis que Siemens promet de maintenir l'emploi en France et en Allemagne pendant trois ans, si la transaction proposée se fait.

Siemens s’était donné jusqu’à aujourd’hui, lundi 16 juin, pour présenter une offre ferme de rachat du pôle énergie d’Alstom. L’allemand a rendez-vous cet après-midi avec les administrateurs d’Alstom du comité ad hoc chargé d’évaluer l’offre ferme de General Electric (GE), et les éventuelle alternatives. Siemens ne viendra pas seul mais avec Mitsubishi Heavy Industries (MHI). Il s’est associé avec l’industriel nippon pour contrer General Electric. Il semble même que ce soit avant tout MHI qui mène la discussion. Siemens ne serait qu’un complément, éventuellement dissociable, de l’offre du japonais.

Pas d’accès à la data room pour MHI

Alstom, qui a vu ses plans avec GE suspendus depuis bientôt deux mois, attend avec impatience que cette période d’incertitude s’achève. Mais le français est perplexe : "Comment MHI pourrait-il faire une offre ferme alors qu’il n’a pas eu accès aux données sur Alstom ?", s’interroge une source proche d’Alstom avant de rappeler que "Siemens a signé un accord de confidentialité avant de rentrer dans notre data room. MHI n’a rien signé de tel."

A en croire les rumeurs qui nourrissent aussi bien la presse japonaise qu’européenne, MHI aurait pourtant prévu d’entrer au capital d’Alstom à hauteur de 5% à 10%, l’Etat français envisageant de prendre une part égale. Le japonais proposerait de créer une coentreprise avec Alstom dans les turbines à vapeur - dont les turbines pour le nucléaire -, voire dans l’hydroélectricité et l’éolien. Il apporterait aussi du cash en complément, tandis que Siemens rachèterait l’activité turbines à gaz du français… Le montant total de numéraire atteindrait 9 milliards d’euros, contre les 12,35 milliards proposés par GE pour reprendre l’ensemble du pôle énergie d’Alstom.

Audition des PDG de Siemens et MHI à l’Assemblée

La séparation évoquée des activités gaz et vapeur ajoute à la perplexité d’Alstom. "Alstom ne saurait pas faire, déclare la même source proche du français. Ce sont les mêmes usines qui produisent les turbines à gaz et à vapeur. Il y a 13 000 personnes qui travaillent indifféremment dans les services sur les ces deux types d’équipements…"

Le flou qui entoure encore la proposition germano-nipponne pèse d’autant plus que l’échéance de l’offre de General Electric, fixée au 23 juin, approche. La direction d’Alstom devrait en savoir un peu plus dans quelques heures. Siemens et MHI pourront difficilement se contenter d’une nouvelle déclaration d’intention, d’autant que leurs PDG respectifs, Joe Kaeser et Shunishi Miyanaga, sont auditionnés ce 17 juin par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale.

Manuel Moragues

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