Les pouvoirs de guérison des banques centrales mis en doute

par Marc Jones
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Les pouvoirs de guérison des banques centrales mis en doute

LONDRES (Reuters) - Les turbulences rencontrées par les marchés financiers en début d'année montrent que la confiance des investisseurs dans les "pouvoirs de guérison" des banques centrales s'érode peu à peu, constate dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI), qui s'interroge par ailleurs sur l'efficacité des taux d'intérêt négatifs.

Dans son rapport trimestriel, l'institution basée à Bâle, principal organisme de coordination des banques centrales du monde entier en matière de politiques monétaires et de stabilité financière, note qu'à "un calme précaire" fin 2015 a succédé au début de cette année sur les marchés "l'une des pires vagues de dégagements depuis la crise financière de 2008".

Face à cette situation, ajoute-t-elle, "les marges de manoeuvre des autorités vont en se rétrécissant", tant pour ce qui est des banques centrales, "trop sollicitées pendant trop longtemps" que des gouvernements.

"En dépit de conditions monétaires exceptionnellement accommodantes dans les principales juridictions, la croissance est décevante et l'inflation reste obstinément faible. Cela n'a pas échappé aux intervenants de marché et, probablement pour la première fois, ils semblent commencer à douter que les banques centrales aient des pouvoirs de guérison", a déclaré Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la BRI.

"Les pouvoirs publics seraient bien avisés d'en prendre conscience eux aussi."

Parallèlement à cet avertissement, une étude publiée dans le rapport sur les politiques de taux d'intérêt négatifs menées par plusieurs banques centrales (dans la zone euro, au Danemark, en Suède et en Suisse) observe "que les taux modérément négatifs ont été transmis aux taux du marché monétaire et aux taux plus longs, mais que leur impact sur d'autres taux, en particulier les taux bancaires, est beaucoup moins prouvé".

Les auteurs de l'étude ajoutent qu'en Suisse, où les dépôts des banques commerciales à la banque commerciale sont soumis à un taux négatif, non seulement les taux servis sur les dépôts bancaires de la clientèle de détail ne sont pas devenus négatifs, mais "les taux hypothécaires (...) ont même augmenté ces derniers mois, une façon pour les banques de préserver leurs bénéfices".

"Si les taux directeurs négatifs ne se répercutent pas sur les taux du crédit aux ménages et aux entreprises, ils perdent une bonne partie de leur utilité", conclut l'étude.

(Marc Angrand pour le service français)

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