Les Pom'Potes cherchent un repreneur

Le fonds Activa Capital, qui a réuni les marques Materne, Mont Blanc et Gloria, met en vente ce mini-groupe.

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Les Pom'Potes cherchent un repreneur

On devrait ériger une statue à l'inventeur des Pom'Potes ! Les parents bénissent ces petites gourdes de compote qui permettent aux tout-petits de manger des fruits. Et pourtant, le groupe Mont Blanc Materne (MoM) est à vendre. L'entité est née du rapprochement des crèmes Mont Blanc et du lait concentré Gloria (vendu en 2003 par Nestlé) avec Materne. Une opération orchestrée par les fonds Activa Capital, ING Parcom et Aviva. Développement des synergies commerciales et industrielles entre les compotes et les crèmes dessert, investissement massif sur la technologie des gourdes : les trois fonds, qui veulent toucher les fruits de leurs investissements, n'ont pas ménagé leur peine pour redorer le blason des deux marques.

Mais Pom'Potes est la véritable pépite du groupe. « Les ventes progressent en volume de 20 % tous les ans depuis 2005, se réjouit Michel Larroche, PDG de MoM. Nous rajoutons une à deux lignes de production par an. Aujourd'hui, l'usine de Boué en compte huit ! » Materne possède une avance technologique sur ses rivaux : les gourdes sont formées et remplies sur la même machine (à la manière des souffleuses-remplisseuses pour l'eau minérale). Les concurrents achètent les flacons et les remplissent dans leurs usines, ce qui coûte plus cher.

LA DONNÉE DANONE

Tout l'enjeu des prochaines années sera de profiter de cette avance et de ce savoir-faire pour dupliquer le succès franco-français à l'international. Le groupe commence à exporter les Pom'Potes aux États-Unis, au Canada et en Israël. « Nous y vendons l'image d'un produit de snacking sain à base de fruits », explique Charles Diehl, associé chez Activa Capital. Implanter industriellement MoM sur ces pays sera la mission du prochain actionnaire. Plusieurs fonds - Industri Kapital en tête - ont déjà fait savoir leur intérêt.

Les industriels, eux, semblent plus timides. L'américain Pepsico s'est intéressé au dossier il y a quelques mois mais n'a pas donné suite. Danone doit aussi considérer d'un nouvel oeil la filiale Materne, qu'il avait vendue en 1994. Le groupe de Franck Riboud a repris il y a quelques semaines le fabricant de smoothies Immedia, et a discrètement lancé cet été une gamme de compotes en France, fabriquées par Andros. Il cache de moins en moins son intention de constituer un pôle d'activité sur les fruits. Irait-il jusqu'à reprendre Materne ? Michel Larroche tempère : « Nous devons faire nos preuves à l'international avant d'intéresser des gens comme Pepsi ou Danone. »

PATRICK DÉNIEL

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