Transports

Les politiques vent debout contre la commission Mobilité 21

Olivier Cognasse ,

Publié le

La publication par L’Usine Nouvelle des conclusions de la commission présidée par Philippe Duron sur les grands projets d’infrastructures de transport a déclenché l’ire des élus des régions concernées.

Les politiques vent debout contre la commission Mobilité 21 © cobalt123 - Flickr - C.C

Peu de projets retenus et beaucoup de déceptions. C’est la tendance qui se dégage après les réactions enregistrées aux quatre coins de la France, suite aux informations exclusives publiées par L’Usine Nouvelle le 18 juin dernier et relayées par une grande partie des médias régionaux et nationaux. La commission Mobilité 21, limitée par des finances publiques exsangues et un Schéma national des infrastructures de transport (Snit) totalisant 70 projets à 245 milliards d’euros (dont au moins 90 milliards à la charge de l’Etat), n’avait pas d’autre choix que de couper à la hache.

L’accent est mis sur la rénovation de l’existant et sur les lignes saturées. Hormis la ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse et une partie de la ligne Paris–Normandie (jusqu’à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines), la commission ne préconise que la réalisation de petits tronçons. Mais aucune décision n’est prise, même si le gouvernement pourra difficilement désavouer une commission qu’il a lui-même créée, en plaçant le député socialiste Philippe Duron à sa tête.

L'abandon du TGV Rhin-Rhône

Les élus des régions concernées par les abandons de projets sont montés au créneau pour tenter d’influencer le gouvernement avant qu’il ne soit trop tard. Les plus virulents sont les alsaciens. L’Alsace, seule région de droite, voit l’abandon de la deuxième phase du TGV Rhin-Rhône comme une punition. Jean-Marie Bockel, ancien élu socialiste passé dans le camp adverse à l’occasion de la présidence Sarkozy, se refuse pourtant "à ce stade à croire qu’on cherche à punir l’Alsace d’avoir mal voté", a-t-il déclaré à l’AFP.

"Que ce soit délibéré ou pas, nos concitoyens peuvent avoir ce sentiment", estime le président du Conseil général du Bas-Rhin, Guy-Dominique Kennel. La sénatrice du Bas-Rhin, Fabienne Keller, évoque dans un communiqué envoyé à la presse "un coup d’arrêt au Grenelle de l’environnement (….) Strasbourg est également la grande perdante de ce coup d’arrêt".

Le barreau Poitiers-Limoges enterré

En Aquitaine, les collectivités sont remontées comme des pendules pour défendre le TGV Bordeaux-Hendaye, qui avait pourtant rencontré de vives oppositions. Les Bretons ne se résignent pas à perdre la LGV Paris-Rennes jusqu’à Brest et Quimper. Les avis sont partagés sur le projet Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL). La ligne sera réétudiée dans le futur si le Paris-Lyon est saturé.

A l’inverse, le célèbre barreau Poitiers-Limoges semble définitivement enterré, même si les élus comptent sur un célèbre élu corrézien… pour défendre leur dossier. Dès le 19 juin, Alain Rodet, le maire de Limoges, annonçait qu’il avait obtenu des assurances de deux conseillers de la présidence de la République. Et d’assurer : "Ils m’ont confirmé l’intérêt fondamental de la LGV Poitiers-Limoges". Un intérêt discutable et discuté. La modernisation de la ligne Paris - Orléans - Limoges - Toulouse avec des trains plus rapides et plus confortables semble prioritaire.

Olivier Cognasse

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