Les politiques se saisissent de l'éviction d'Anne Lauvergeon

La patronne d'Areva n’est pas reconduite pour un troisième mandat à la tête du groupe nucléaire français. L'Elysée lui préfère le numéro 2 du groupe, Luc Oursel. Plusieurs réactions à ce choix, notamment celles de la Gauche qui accusent Nicolas Sarkozy de jouer du "fait du prince" en éloignant une chef d’industrie compétente et indépendante.

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Les politiques se saisissent de l'éviction d'Anne Lauvergeon

Anne Lauvergeon part avec dignité. Dans un communiqué diffusé vendredi 17 juin, elle "demande à tous les collaborateurs d'Areva de poursuivre le travail engagé pour le développement du Groupe et souhaite que la transition se fasse dans les meilleures conditions". Elle avoir "pris acte de la décision du Président de la République" de la remplacer par Luc Oursel, jusqu'à présent directeur général délégué du groupe.

Pour le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen, Nicolas Sarkozy "recommence à se croire tout permis". Pour lui les rapports "tendus" entre la dirigeante et le Président de la république serait la cause de son éviction. Anne Lauvergeon "a refusé en son temps la mainmise d'un groupe privé sur le nucléaire français, à savoir la montée de Bouygues dans Areva", a-t-il souligné. "Monsieur Sarkozy recommence à se croire tout permis, y compris d'écarter des gens qui n'ont le défaut que de défendre une conception indépendante de la gestion d'une entreprise de l'Etat", a affirmé le député strausskhanien.

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Un autre député PS monte au créneau et dénonce "une grave faute stratégique contre nos intérêts industriels nationaux". Arnaud Montebourg, candidat à la primaire, évoque dans un communiqué le "limogeage" d'Anne Lauvergeon dont il salue le "patriotisme industriel magistral". "Elle a fait travailler l'industrie française, quand le gouvernement ne s'en soucie guère", dénonce le président du conseil général de Saône et Loire. Ségolène Royal espère d'ailleurs que "ce limogeage n'est pas dû à son esprit d'indépendance".

Plus à gauche sur l’échiquier politique, l’ancienne ministre communiste Marie-George Buffet juge que ce "débarquement sans qu'on sache vraiment la raison n'est pas acceptable". "Il faudrait plutôt avoir un débat sur ce qu'on lui reproche, quel est le bilan de la direction qu'elle a assumée, qu'on ait un vrai débat démocratique", propose-t-elle sur la plateau de France 2 en alternative au "fait du prince".

Le patron des députés UMP Christian Jacob répond à cela : "Ca n'est pas un limogeage, elle arrive au terme de son mandat". Il souligne que l'Etat actionnaire avait privilégié la continuité puisque "le numéro deux va prendre le relais". Et d'ajouter au micro d’Europe 1 : "il est normal que sur le nucléaire, dans le mode de fonctionnement d'Areva, que l'Etat ait son mot à dire. C'est le contraire qui serait un comble".

Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, cherche quant à lui à rassurer : Le remplacement d'Anne Lauvergeon par Luc Oursel n'est "pas un changement d'orientation stratégique" pour le groupe nucléaire, mais il y aura "un certain nombre d'inflexions"."Il s'agit d'un renouvellement naturel", a-t-il insisté. Il précise tout de même qu’il y aura "un certain nombre d'inflexions liées à l'activité industrielle d'Areva et au nouveau contexte international".

Interrogé par l’AFP sur la nature des inflexions à venir, le ministre a expliqué que celles-ci étaient "dues au marché, à la politique industrielle, à l'évolution des marchés internationaux et des clients". De son côté, Nicolas Sarkozy a indiqué vendredi qu'il s'entretiendrait lundi avec Anne Lauvergeon, ajoutant qu'il avait opté pour la "continuité".

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