L'Usine Auto

Les politiques inquiets des suppressions d’emploi chez Renault

Astrid Gouzik , , , ,

Publié le , mis à jour le 16/01/2013 À 14H31

Le constructeur automobile français a annoncé, mardi 15 janvier, que 7 500 postes seraient supprimés en France d’ici à 2016. Pas de licenciements secs au programme, mais une généralisation de son système de préretraite à tous ses salariés. De quoi faire grincer des dents l’opposition qui n’a pas tardé à ouvrir le feu sur le gouvernement.

Les politiques inquiets des suppressions d’emploi chez Renault © Renault France

"Je demande au gouvernement de mettre en place enfin un plan sérieux de sauvetage de l'industrie automobile au lieu d'assister en spectateur à son démantèlement progressif". C’est ce qu’a exigé Laurent Wauquiez, vice-président de l’UMP, dans un communiqué publié au lendemain de l’annonce de Renault.

Il justifie : "Après le coup de semonce de PSA en 2012, le gouvernement est resté passif". "Alors que la situation aurait exigé une réaction immédiate et que les mesures pour la compétitivité ne seront pas effectives avant 2014, l'urgence des enjeux est sur la table".

Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée, sur Radio Classique-Public Sénat, explique : il faut "un choc de compétitivité", "c'est ce que nous avions voulu faire avec la TVA compétitivité" et "le crédit-impôt recherche. Tout cela a été annulé, on augmente de 25% l'impôt sur les sociétés, on organise un matraquage fiscal sans précédent sur toutes les entreprises, c'est certain que ce ne sont pas les bonnes réponses".

Au Modem, c’est la stratégie économique et industrielle de Renault qui est remise en cause. Il y a la stratégie de l'entreprise. "Nous sommes actionnaires chez Renault à hauteur de 15%", mais "le rôle de l'Etat dans la stratégie de Renault me paraît sujet d'interrogation. A quoi sert-on?", s’est interrogé François Bayrou sur BFMTV-RMC, ce mercredi 16 janvier.

La sentence est sévère aussi du côté de LO. Dans un communiqué intitulé "Renault: un maître chanteur licencieur couvert par le gouvernement ", Nathalie Arthaud dénonce : "C'est une attaque contre tous les travailleurs. Cela fera 7 500 emplois de moins, 7 500 chômeurs qui auraient pu là trouver un emploi et qui seront condamnés à y rester, et autant de travail qui retombera sur le dos des ouvriers de Renault". "Depuis des mois le patronat flanqué du gouvernement nous expliquent que les accords de compétitivité préserveront l'emploi ! Renault prouve le contraire : les patrons veulent la flexibilité tout en supprimant les emplois, le beurre et l'argent du beurre. Et l'Etat, actionnaire pour 15% de Renault est complice".

Pourtant le ministre du Redressement productif estime que le groupe français n’a pas franchi les "deux lignes rouges" que constituent les licenciements et les fermetures d’usine. "Nous souhaitons, dès que le marché repartira, que Renault prenne des engagements de réembauche et notamment de jeunes pour remplacer les départs à la retraite qui partiront naturellement", a affirmé Arnaud Montebourg, interrogé par la presse à la sortie du Conseil des ministres.


"Le groupe Renault a indiqué, comme le lui avait demandé le gouvernement, qu'il n'y aurait ni fermeture de site, ni plan social, ni plan de départs volontaires dans le cadre de cet accord. Avec les organisations syndicales et l'Etat, le Parti Socialiste sera attentif au respect, par Renault, de ses engagements", a insisté de son côté le Parti socialiste.

Astrid Gouzik

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

16/01/2013 - 13h51 -

Lorsque les constructeurs français s'aligneront sur les coréens notamment en ce qui concerne les prestations alors ils vendront certainement plus de véhicules.
Répondre au commentaire
Nom profil

16/01/2013 - 13h31 -

Le gouvernement doit arrêter de prendre des mesures à l'encontre des automobilistes comme la répression sur les routes la taxe cO2 et peut-être les français achèterons des voitures !
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte