Les poids lourds à la peine

Les ventes de camions devraient baisser cette année en France, l’entrée en vigueur de l’écotaxe poids lourds le 1er octobre inquiète les professionnels.

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Les poids lourds à la peine

Comme l’automobile, le secteur du poids lourd fait grise mine. Le premier semestre a été marqué par un recul des ventes de 18,5% sur les tracteurs et de 5% sur les porteurs, selon les derniers chiffres communiqués par l’Observatoire du Véhicule Industriel (OVI).

Sur le marché de l’occasion, la tendance est un peu meilleure avec une très légère progression des ventes de porteurs (+1%) mais une baisse de 6% environ des ventes de tracteurs. "L’économie française entre en récession, souligne Jean-Michel Mercier, directeur de l’OVI dans un communiqué. Cette situation est un frein pour les velléités d’investissements des acheteurs ou investisseurs en biens d’exploitation".

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Baisse générale de l’activité

L’activité des sociétés de transport a par conséquent baissé. Déjà en recul de 6,9% en 2012, l’évolution en tonnes kilomètres rapportées (TRM) a reculé de 7,5% depuis le début de l’année, entrainant la défaillance d’entreprises de transports. Sur 12 mois, elles ont augmenté de 16,3%. "Si on prend l’exemple du Grand Ouest, le plus gros chargeur est l’agroalimentaire. Compte-tenu de la situation de Doux ou d’autres sociétés, ce sont des milliers de tonnes transportées perdues" constate Jean-Noël Thénault, président de Volvo Truck France.

Le marché français souffre du marasme européen. Sur le continent, les ventes de poids lourds ont reculé de 8,8% sur les 12 derniers mois. Et la tendance ne devrait pas s’améliorer au second semestre. Rien qu’en France, l’OVI prévoit une chute des ventes de 8% pour les tracteurs (le camion en lui-même) et 6% pour les porteurs (les remorques et autres types d’attelage).

800 000 salariés en France

La profession s’inquiète, les usines tournent au ralenti. "Aujourd’hui même si l’activité redémarrait, nous ne saurions pas fabriquer assez de camions, explique Thierry Archambault, président délégué de la Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du motocycle (CSIAM). Il faut six mois pour que les usines ajustent leur activité, l’inertie est inévitable".

Les constructeurs demandent surtout un accompagnement des pouvoirs publics pour les aider à passer cette seconde année de tassement après l’embellie de 2011. "La filière poids lourds représente 800 000 personnes en France, soit la seconde filière après l’automobile, s’alarme Jean-Noël Thénault. Il nous faut plus de visibilité, car les constructeurs ont des stratégies à 20 ans". Cette visibilité permettrait selon la CSIAM de travailler sur le transport de demain, l’intermodalité ou encore le renouvellement du parc. "En 2030, il y aura 50% de camions en plus sur les routes européennes. Il faut aujourd’hui une vision européenne du transport" défend Thierry Archambault.

Écotaxe poids lourds

Dans ce contexte, le décret paru au Journal Officiel, qui institue la mise en application de l’écotaxe poids lourds le 1er octobre, ne rassure pas les professionnels du secteur. "C’est un nouvel impôt" soutient Jean-Noël Thénault. Le kilomètre sera en effet facturé entre 8 et 14 centimes pour les véhicules ou ensembles de véhicules de plus de 3,5 tonnes. Un boitier électronique installé dans chaque véhicule établira la taxe à payer. "Nous avions demandé qu’une partie de la taxe soit affectée à la modernisation du parc, la réponse du gouvernement a été négative, poursuit Jean-Noël Thénault. Face à cette taxe nous n’avons ni sérénité, ni visibilité". Les professionnels attribuent d’ailleurs une partie du ralentissement du marché au premier semestre à l’arrivée de cette écotaxe. Elle entrainera selon eux des sorties de trésorerie et des baisses de marges qui fragiliseront encore un peu plus les entreprises du secteur.

Norme Euro 6

Mais une autre échéance inquiète: le 1er janvier 2014 et le passage à la norme Euro 6. A partir de cette date, tous les véhicules neufs vendus devront répondre à cette nouvelle norme environnementale et aucun camion, même avec un châssis enregistré l’année précédente, ne pourra plus être fabriqué en Euro 5. Or les camions Euro 6 seront plus chers que les actuels camions Euro 5. "Cela entrainera de grosse difficultés côté trésorerie, car depuis 5 ans, les entreprises n’ont pas eu une année pour reconstituer une trésorerie correcte" rappelle Thierry Archambault.

Les constructeurs ont un temps espérer que le changement de normes doperait les ventes en 2013. L’idée a fait long feu. "De toute façon, même si les commandes d’Euro 5 arrivaient, nous ne pourrions pas augmenter brutalement la production" déplore Jean-Noël Thénault.

Pauline Ducamp

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