Les PME relèvent le gant

Fortement représentées dans la chimie française, les PmE ont un rôle central à jouer dans le maintien de la compétitivité du secteur.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Les PME relèvent le gant

Dans la bataille internationale de la compétitivité, les PME de la chimie disposent d’atouts stratégiques de premier ordre. Si les entreprises de moins de 249salariés ne regroupent que 40% de l’effectif global, elles représentent 95% des sociétés présentes sur le sol français. Et, aux côtés des grands groupes, elles sont loin de faire de la figuration.
« Elles ont des avantages en termes de R&D, mais aussi de souplesse, analyse Daniel Thomas, le président du pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources (IAR), commun aux régions Champagne-Ardenne et Picardie. Elles font bien plus que de la sous-traitance. » Les PME peuvent gérer des activités de niches que les grandes entreprises sont obligées d’externaliser.
Elles font souvent la différence dans la chimie de spécialités et l’industrie des savons, parfums et détergents, où l’innovation et les faibles volumes de production priment avant tout. « Tout simplement, elles dynamisent le secteur ! », souligne-t-il.
Selon une enquête menée dans le cadre d’un Contrat d’étude prospective (CEP), les entreprises dont les effectifs se situent entre 50 et 250 salariés […] présentent les plus forts pourcentages sur les projets d’investissement, de développement des produits et des services au client, et de regroupement. Parmi les freins à leur essor: la mise en place de la réglementation européenne Reach et la contrefaçon, qui représentent pour nombre d’entre elles des problématiques récurrentes. Mais, pleines de ressources, certains PME prouvent qu’elles sont capables de relever ces défis dans une période économique difficile. En voici quatre à découvrir.

O. J.

Phytocos vise la certification de ses principes actifs

Un nouveau départ ! Après un incendie survenu en septembre 2005, Phytocos, une PME normande de 14 salariés (1,5 million de chiffre d’affaires), créée en 1985, a transféré l’an dernier son siège et son usine à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques. « La Normandie est plus orientée mécanique que chimie », justifie Jean-François Daumin, son directeur administratif. Mais l’objectif du changement était surtout de bénéficier d’une aide régionale de 200 000euros (sur 4 millions investis) pour se doter d’un site de plus de 3 000mètres carrés, répondant aux normes de bonnes pratiques de production (GMP) et d’obtenir un certification ISO. Elle est en cours.

Développeur et producteur de principes actifs pour les industries cosmétique, pharmaceutique et neutraceutique, Phytocos effectue également des travaux à façon, souvent très confidentiels, pour de grands acteurs de la chimie. Son atout : un distillateur moléculaire capable de produire 1,5 tonne par jour, et le savoir-faire associé. L’entreprise dispose aussi de son propre laboratoire de R&D. Ce dernier s’est rélévé bien utile, en début 2009 lorsque, suite à une attaque en règle de la presse contre le parabène, il a fallu aider les clients à réagir.

La mode du « bio » ne dérange pas l’entreprise. Au contraire ! En pleine crise, elle embauche des techniciens de production pour répondre à la demande de produits issus de la distillation moléculaire (colorant, solvant). « Tout ne peut pas être produit en extraits végétaux bios. En France, comme en Europe, il n’y a pas suffisamment de surface de cultures biologiques pour répondre à la demande », prévient Jean-François Daumin. La petite entreprise de chimie ne connaît pas la crise.

Aurélie Barbaux

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

La chimie fine d’Axyntis s’exporte bien

Pari gagné ! En deux ans, David Simonnet, le directeur général d’Axyntis, a réussi à asseoir au plan international l’ex-division chimie fine du groupe grassois Orgasynth (aromes et parfums). Sur les 74 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008, 70% sont réalisés à l’export, dont 20% sur les continents américain et asiatique. Une performance pour cette PME de 340 salariés, dont le siège est à Paris et qui produit intégralement en France sur cinq sites.

Ses atouts : des coûts de 20 à 30% inférieurs à ceux de ses concurrents européens sur des produits de haute qualité (pour la pharmacie notamment, 60% des ventes) et un fort travail sur l’image de dynamisme et de réactivité, auprès de ses clients internationaux. Pour ne pas laisser la conjoncture actuelle saboter ce travail, l’entreprise prépare l’avenir. « La crise a un côté stimulant. Elle oblige à revoir les processus et à accélérer les chantiers d’amélioration continue », explique David Simonnet, en pleine prospection commerciale au Brésil.

La PME a, par exemple, testé le transfert de personnel d’un site à l’autre, internalisé des opérations de maintenance et travaille à améliorer son sourcing en Asie. Objectif : garder à tout prix ses savoir-faire, passer la crise et rester fort pour mener à bien, dès que possible, la politique de croissance externe que David Simonnet a élaboré depuis deux ans. A suivre.

A.B.

Les colles de Sealock jouent la diversification

Pas de secret. Pour maintenir son activité de formulation et de production de colles industrielles sans solvant, Sealock n’a qu’une solution : innover. Mais pour cette PME de 23salariés (3,6 millions d’euros de chiffre d’affaires), installée à Sallaumines dans le Pas-de-Calais, répondre au mieux aux cahiers des charges de ses clients traditionnels du monde des arts graphiques ne suffit plus. Il lui faut non seulement diversifier ses marchés, notamment vers l’agroalimentaire, voire le transport, mais aussi faire preuve d’audace. « Je ne sais pas si c’est grâce au Small Business Act européen –Incitations de la Commission européenne aux Etats et aux entreprises à "penser PME d’abord"–, mais le regard des grands groupes envers nous s’améliore un peu. Il faut en profiter pour oser leur faire des propositions », conseille Jean-Marc Barki, le gérant de Sealock. Avec un argument de poids : les bases aqueuses et colles chaudes de l’entreprise sont déjà alignées à 100% avec la réglementation Reach, alors que la PME avait jusqu’en 2018 pour se mettre en conformité.


A.B.

Inventec conserve sa R&D en France

Osé ! En pleine crise, Aventec change de nom. Depuis le 6 avril 2009, cette filiale de 60 personnes du groupe familial Dehon, spécialisée dans la chimie de performances (aérosols, traitements de surface, mousses plastiques…) et qui affiche un chiffre d’affaire de 41 millions d’euros, s’appelle désormais Inventec. Le préfixe «in» vise à mettre l’accent sur les trois atouts de l’entreprise : l’innovation, l’intransigeance vis-à-vis des réglementations (santé, environnement) et l’international. « Sept de nos neuf sites industriels sont implantés à l’étranger (Europe, Chine, Malaisie et Mexique). Pour nous préserver de la contrefaçon, nous gardons à Brie-sur-Marne (Val-de-Marne) l’activité de R&D et la production des concentrés actifs innovants, qui sont ensuite mélangés ailleurs », explique Patrick Rollet, le directeur général.

Face à la crise et au recul des ventes, notamment chez ses clients équipementiers électroniques pour l’automobile (jusqu’à moins 40%), la PME profite aussi de la plus grande disponibilité des équipes industrielles pour les aider à revoir leurs procédés et trouver des améliorations. Et comme Inventec a conservé toutes ses troupes, la PME peut profiter d’une légère embellie : l’activité reprend un peu en Chine, dans l’automobile du moins.

A.B.

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

  • Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

    AVRIL
ARTICLES LES PLUS LUS