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L'Usine Aéro

Les PME en quête de transparence

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INDUSTRIE DE L'ESPACE

LES PME EN QUÊTE DE TRANSPARENCE

Placées dans l'orbite des grands donneurs d'ordres, les PME du spatial connaissent mal les grands programmes technologiques, jugés opaques ou difficiles d'accès. Un frein majeur pour leur développement.



A qui proposer ses services et quand? Les PME qui interviennent dans le secteur spatial sont bien souvent dans l'embarras pour répondre... Seulement 8% estiment que les grands industriels les informent convenablement des opportunités qui les concernent, révèle une étude réalisée par le Comité Richelieu, une association regroupant cent trentePME high tech, pour le compte du Cnes. Celui-ci, à l'origine de la moitié du chiffre d'affaires des entreprises interrogées, reste méconnu de ses contractants: 72% s'avouent peu familiers de son organigramme et moins de la moitié (36%) sont au courant de ses programmes. Plus inquiétant, seulement 12% des PME connaissent bien les activités spatiales de la Délégation générale à l'armement et les axes de travail de l'Agence spatiale européenne. Plus les marchés sont lointains, plus ils apparaissent opaques. Les autres clients du secteur, dont la Nasa, restent un mystère pour 96%! Et 80% des entreprises sont en panne d'informations sur les programmes communautaires.

Fournisseurs mais aussi concurrents de leurs clients

Pas étonnant, au vu du constat établi, que l'accès à de nouveaux marchés constitue l'axe de développement prioritaire de 42% des PME. Cette préoccupation passe avant l'accroissement de la part de marché (privilégié par 38%) ou l'augmentation de l'avance technologique (20%). Même lorsqu'elles sont consultées par les grands industriels, 83% des PME disent ignorer le contexte précis dans lequel on leur demande d'intervenir. Au Cnes, par exemple, les rendez-vous avec les ingénieurs s'avèrent faciles à obtenir, mais seulement 60% en sortent avec les données recherchées.

La communication passe mal. La raison: les PME sont à la fois fournisseurs et concurrents de leurs grands clients, diagnostique le Comité Richelieu. En fait, elles ont l'impression que l'on ne fait appel à elles que lorsqu'il n'y a pas d'autres possibilités. D'où le risque de développer une monoculture autour d'un produit et, pour les sociétés indépendantes, de disparaître.

Diminution du plan de charge et manque de fonds propres

Les grands industriels sont même soupçonnés de leur voler leurs idées! Quelque 80% considèrent toutefois que leurs intérêts en matière de propriété industrielle sont, en fin de compte, respectés par le Cnes. Cet avis positif n'est partagé que par 62% concernant les grands industriels. Les relations avec les grandes entreprises n'arrivent cependant qu'en quatrième position dans la liste des freins rencontrés dans le développement avec 7% des opinions. La diminution du plan de charge est jugée davantage préoccupante, ainsi que le manque de fonds propres et la longueur des délais de paiement. Une assistance "ciblée" des grands industriels dans les domaines de l'exportation, de la veille technologique ou du marketing serait bienvenue pour une grande majorité. Pas question, en revanche, que les ténors de l'espace se mêlent du management ou de la gestion financière. L'étude commanditée par le Cnes a le mérite de poser clairement les problèmes rencontrés par ces PME, considérées comme un précieux gisement d'innovations, de compétitivité et de flexibilité. D'autant qu'aujourd'hui quelques indicateurs ont viré au rouge. Le chiffre d'affaires des entreprises indépendantes a notamment chuté de 12% en deux ans et les effectifs ont reculé de 13,5%. Pour le Cnes, il s'agit pour l'instant de "dégager des axes qui seraient favorables au renforcement de ces entreprises et d'optimiser l'intervention éventuelle auprès d'elles". Cette initiative sera-t-elle suivie d'actions concrètes? La réponse est prématurée, commente-t-on au Cnes. Mais rien n'est exclu. Une enquête similaire menée par le Comité Richelieu pour la Délégation générale à l'armement il y a un an vient de déboucher sur un plan national d'aide aux PME de défense. Nadine BAYLE





USINE NOUVELLE N°2495
 

 

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