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[Edito vidéo] Les plus bêtes des taxes

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L'éditorial en vidéo de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle.

[Edito vidéo] Les plus bêtes des taxes
Christine Kerdellant, directrice de la rédaction
© DR

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

 

 

En 2009, la pire année qu’ait connue l’industrie, avec un niveau de défaillances jamais vu, le fisc pouvait se frotter les mains : c’est aussi l’année où les taxes sur la production ont battu tous les records de recettes. Les taxes perçues en 2009 étaient en effet le reflet de l’activité de 2008, qui a enregistré un niveau de production industrielle jamais atteint depuis lors.

Les taxes sur la production sont les plus bêtes des taxes. Elles pénalisent ceux qui investissent, bâtissent des usines, ceux qui recrutent des salariés sur place et participent à la vie des campagnes françaises. "Dès que l’on achète une machine, on paye, alors qu’elle ne rapportera que cinq ans plus tard, explique Bruno Grandjean, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Les taxes de production ne sont pas la seule cause de la désindustrialisation française, mais elles ont pesé très lourd. "L’institut d’études économiques Coe-Rexecode évalue ainsi à 71 milliards d’euros l’écart entre les taxes sur les facteurs de production en France et en Allemagne !

Les industriels auraient préféré une baisse de ces taxes plutôt que celle de l’impôt sur les sociétés, et l’ont fait savoir aux candidats à la présidentielle. Ils y ont cru un instant, lorsqu’elles ont surgi dans le débat public par le biais d’un rapport commandé en février par le Premier ministre. Ce "document de consultation "– il n’a jamais fait l’objet d’un rapport officiel – rédigé par Yves Dubief, le PDG de la PME textile Tenthorey, et Jacques Le Pape, inspecteur général des Finances, montre que sur la période 2007-2016, et malgré la suppression de la taxe professionnelle, les taxes sur la production payées par les entreprises ont augmenté de 12 milliards d’euros ! Fin mai, Édouard Philippe reconnaissait que "la fiscalité de production a une dynamique plus importante et plus rapide que chez nos partenaires ", manière d’avouer qu’elle est vraiment plombante et constitue un vrai frein pour l’industrie. Mais il annonçait aussi qu’il n’y aurait pas de baisse à court terme.

Les taxes de production sont un serpent de mer… au venin mortel. La taxe professionnelle était censée avoir disparu ? Elle a fait des petits, à peine plus intelligents. La CET a remplacé la TP. Cette contribution économique territoriale regroupe en effet deux prélèvements : la contribution foncière des entreprises (CFE), qui n’est pas sans rappeler la TP assise sur les immobilisations – mais avec une assiette plus étroite ; et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) qui ressemble, elle, à la TP bis créée en 1996, dont elle reprend aussi le taux de 1,5 %.

Il y a aussi la taxe foncière, le forfait social, la taxe transport, la fiscalité énergétique et la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S)… et d’autres encore. Au total, il faut additionner les treize impôts de production dont le rendement est le plus élevé pour obtenir 80 % des recettes ; en Allemagne, il suffit de cinq impôts pour y parvenir. On s’y perdrait à moins.

Nos concurrents n’ont pas les mêmes boulets aux pieds. La France est, avec la Suède, le pays où le poids des impôts de production payé par les entreprises est le plus élevé (mais la Suède fait financer la protection sociale par ce biais). Les impôts de production représentent près de 3 % du PIB français contre 1,6 en moyenne dans la zone euro. Combien de temps laissera-t-on subsister de telles aberrations ?

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2 commentaires

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24/11/2018 - 00h08 -

En France pour compenser les pertes d'emploi dans l'industrie dues aux excès de taxes, on a préférer créer des emplois fictifs (aidés) ,des postes d'encadrement administratifs, puis on a baissé le temps de travail et l'âge de la retraite ce qui a été le comble de la bêtise humaine . Mais ceci a largement été encouragé par nos prix Nobel d'économie et certains politiques qui espéraient là un moyen de sortir du chômage de masse qu'ils ont eux même créer en ne sachant gérer ni les personnes, ni les causes, ni les besoins !
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Nom profil

23/11/2018 - 12h13 -

Ça me rappelle les taxes poids lourd à l'essieu, qui ont fait que les entreprises achetaient des camions 3 essieux plutôt que 4 pour payer moins. Sauf qu'en fait un camion à 3 essieux dégrade plus la route qu'un camion à 4, donc l'état y perdait plus qu'autre chose...
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