Les pics de pollution dégradent moins notre santé que l’exposition chronique

Le seuil d’alerte aux particules fines est dépassé dans plusieurs régions de France. Selon Santé publique France, cette pollution est responsable d’environ 48 000 décès par an. Une mortalité plus liée à l’exposition chronique qu’aux pics, avertit l’agence.

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Les pics de pollution dégradent moins notre santé que l’exposition chronique

Rétablissement de la circulation alternée à Paris et dans sa proche banlieue vendredi 16 décembre. Cette mesure inédite a été prise pour faire face à un pic de pollution en Ile-de-France, qui touche également la vallée du Rhône et Lyon. Dans ces zones, le seuil d’alerte aux particules fines (PM10), qui est de 80 microgrammes par mètre cube d’air, a été dépassé, mardi 6 et mercredi 7 décembre. Selon une étude de l’agence Santé publique France, publiée en mai dernier, la pollution aux particules très fines est responsable d’environ 48 000 décès par an. Mais le danger vient davantage de l’exposition quotidienne que des pics comme celui en cours.

"Les pics de pollution ont bien un effet sur notre santé mais comme ils concernent un nombre de jours limités, ils pèsent moins lourds dans l’impact global de la pollution sur notre santé que l’exposition chronique", explique Sylvia Medina, médecin épidémiologiste et responsable du programme air et santé à Santé publique France. L’étude de l’agence a mesuré l’impact des particules très fines dites PM2,5, celles dont le diamètre mesure 2,5 microns. Celles-ci peuvent atteindre nos poumons voire notre système sanguin et sont les plus dangereuses. Dix fois plus petites que l'épaisseur d'un cheveu, les particules PM10, dont le diamètre est inférieur à 10 microns, ne sont pas bégnines pour autant puisqu’elles peuvent se loger dans les voies respiratoires.

Cancer du poumon et Alzheimer

"La relation entre l’exposition aux particules fines et les effets sur la santé est linéaire ; même en dessous des seuils réglementaires, les particules fines ont un impact sur la santé", explique encore Sylvia Medina. Et plus le niveau de pollution est élevé, plus notre santé est touchée. S’ils se multipliaient ou duraient plus longtemps, les pics de pollution pourraient dégrader pus fortement notre santé. La capitale vit actuellement son pic de pollution hivernal le plus intense et le plus long depuis 10 ans, selon l'organisme parisien de surveillance de la qualité de l'air AirParif.

L’impact de la pollution sur notre santé se mesure en deux temps. A court terme, dans les heures, les jours ou les semaines qui suivent, les émissions de particules peuvent provoquer des irritations des yeux et de la gorge, de la toux ou une rhinite par exemple. "Ces effets sont bénins mais certaines personnes peuvent avoir des complications respiratoires ou cardiovasculaires et peuvent recourir à des soins, explique Sylvia Medina. Dans les cas les plus graves, un décès n'est pas impossible." Lors des pics de pollution, les personnes à risque comme les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans, les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques telles l'asthme, ainsi que les personnes plus exposées comme les sportifs et les travailleurs en extérieur doivent être particulièrement vigilants.

"A long terme, la pollution aux particules fines peut induire des maladies graves, comme un cancer du poumon, des maladies cardiorespiratoires, des altérations cognitives chez l’enfant et des maladies neurologiques chez les personnes âgées, telles Alzheimer", détaille Sylvia Medina, rappelant que les particules PM2,5 inhalées peuvent traverser les parois alvéolaires de nos poumons et se retrouver dans la circulation sanguine. Si les populations urbaines sont bien sûr les plus exposées, les habitants des zones péri-urbaines et rurales ne sont pas protégés pour autant. Cette pollution ne vient pas que des transports et du chauffage, mais aussi de l’agriculture par exemple.

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