Les photos d'Alexis Pichot subliment un monde industriel perdu

Des lieux industriels abandonnées qui pourtant semblent habités. Des ruines plus ou moins hantées par des fumigènes. C'est une partie du travail photographique réalisé par Alexis Pichot, qu'il travaille seul ou en collaboration avec Isabelle Chapuis. Il en résulte des images troublantes et pourtant familières. 

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Crédit Alexis Pichot

Il y a quelque chose de fondamentalement intrigant dans les photographies d’Alexis Pichot, un jeune photographe, mis à l’honneur à Paris, jeudi 15 octobre, par le collectif Bright lights, big cities, dans la galerie café Duo (Paris XI). On y voit des lieux urbains ou souvent industriels, vides de toute présence humaine, traversés par des phénomènes lumineux, qu’il s’agisse de feux d’artifice ou de bâtons de lumière.. La source du mystère provient de la manière de faire, choisie par le photographe. Un temps d’exposition très long et une manipulation manuelle des sources de lumière.

Le banc en flamme de la série la révolution parisienne n’a connu que la flamme d’un chalumeau qui a été manipulée par l’artiste tout habillé de noir pour l’occasion.

Là c’est la carcasse d'un avion de chasse de type Mirage IV entreposée dans une base militaire qui est éclairé donnant à l’appareil l’allure d’un insecte issu d’un film de science fiction.

Dans la série Light & Paper, Il illumine et décore ainsi le mur d’une usine en démantèlement à Nanterre, qui se recouvre alors d’étranges oiseaux lumineux.

Une usine dévorée par une fumée rouge en suspens

D’image en image, on est séduit par la conjugaison des cadrages très graphiques, sublimés par la poésie des sources de lumière ainsi recréées. Ainsi, en va-t-il de la série patrimoine enchanté réalisé dans un atelier de la RATP, où les vieux wagons remisés retrouvent une sorte de vie spectrale.

Parallèlement à ses travaux personnels, Alexis Pichot a entamé un travail avec Isabelle Chapuis intitulé "blossom". Là, les deux photographes explorent encore la rencontre entre un décor et un élément perturbateur : un nuage de couleur, disent les deux artistes, un fumigène coloré pour les scientifiques.

Si leur art excelle à sublimer la nature en la réhaussant d’une source perturbatrice, ils réussissent aussi à jouer avec le monde industriel. Etonnamment, la fumée de couleur évoque dans ces cathédrales à l’abandon les vapeurs qui, hier encore, sortaient des cheminées des fabriques. Comme dans cet abattoir marocain aux murs encore recouverts de carrelage… ou dans cette autre usine aux murs à moitié éboulés, où une ancienne machine de couleur verte semble comme dévorée par un nuage de fumée rouge.

La dureté passée des bâtiments industriels visités par d’évanescentes fumées qui les colorent et les subliment, jettent un regard interrogateur sur la vanité des constructions humaines, auxquelles il confronte la beauté fugace d’un instant, aussi fugace qu’un voile de fumée.

Une exposition parisienne aura lieu du 5 novembre au 6 décembre à la Little Big Gallerie, 45 rue Lepic, Paris XVIIIe

Le site Internet d'Alexis Pichot et celui de son travail en collaboration avec Isabelle Chapuis.

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