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Les phares de jour, une manne pour les équipementiers automobiles

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Entretien Depuis le 7 février, tout nouveau modèle de voitures conçu en Europe doit être équipé de phares de jour, appelés Daytime running lights (DRL). Une nouvelle législation qui est une opportunité pour l’équipementier automobile Valeo. Benoist Fleury, directeur marketing de la branche produits d’éclairage du groupe, explique à L’Usine Nouvelle les enjeux de ce nouveau mécanisme.

Les phares de jour, une manne pour les équipementiers automobiles © Maxime Mean - Flickr - C. C.

Qu’impose la nouvelle réglementation ?

Elle réclame que le feu soit allumé dès le démarrage de la voiture. Ce qui est le cas car le mécanisme se met en route dès l’allumage du moteur. A cela s’ajoute des exigences en termes de luminosité. En effet, le feu doit être efficace sans être éblouissant.

Contrairement aux feux de croisement diurnes, les DRL sont des lumières de signalisation et non d’éclairage. La règlementation prévoit donc que la lumière envoyée par les DRL doit être comprise entre 400 et 800 candela en plein jour (contre 625 maximum pour un feu de croisement de nuit).

Comment les constructeurs ont-ils abordé cette nouvelle législation ?

Plutôt très bien. La plupart d’entre eux nous demandent des technologies avancées, qui s’incorporent bien au style de la voiture. Nous travaillons donc autant sur la performance du feu que sur son design. Nous avons donc misé sur des DRL à diode électroluminescente (LED), car elles permettent de diminuer les consommations d’énergie et sont très puissantes. Au départ, chez Valeo, nous étions prudents sur l’utilisation des LED sur les DRL, ne sachant pas si nos clients, les constructeurs allaient suivre. Et par surprise, ils basculent tous vers ce système.

Ne craignez vous pas que leur taux d’usure soit inférieur à ceux des feux de croisement, puisqu’elles vont être allumées toute la journée ?

Les LED consomment moins que les lampes classiques. Avec ce dispositif, on gagne 0,6 gramme de CO2 au kilomètre. Sans compter que les LED ont une durée de vie quasi infinie. En tout cas, une LED installée sur une voiture devrait fonctionner jusqu’à la fin de vie du véhicule lui-même, voire après. Le client n’aura donc pas à en changer.

C’est donc une belle opportunité pour le marché de l’éclairage…

Oui, c’est évident que l’ensemble des acteurs vont en profiter. D’autant plus que certains constructeurs utilisent de plus en plus des éclairages pour le design des véhicules, notamment sur le bouclier. C’est le cas par exemple de la DS 3 de Citroën. Mais le produit ne séduit pas que les constructeurs généralistes, puisqu’Audi l’utilise sur son modèle Q7 comme un outil de différenciation.

Quels sont les retours d’expérience sur ce type de produits ?

Cela fait 25 ans que les DRL sont utilisés au Canada et depuis une bonne dizaine d’années dans les pays scandinaves. Aucune gêne et aucun effet néfaste n’a été décelé. Et dans ces pays, le taux d’accidentologie a diminué de 15%. Avec les DRL, le fait de percevoir le véhicule de plus loin permet d’anticiper l’arrivée du véhicule et de l’éviter plus facilement.
 

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1 commentaire

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10/02/2011 - 15h51 -

Merci pour ce très bon article ! J'avais eu le plaisir d'interviewer Benoist Fleury durant le Mondial de l'Automobile, voici la vidéo interview sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=yE3rPv3_Jqg Oliver Vallet - Community Manager Valeo Group http://twitter.com/valeo_group http://www.facebook.com/Valeo.Group
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