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Les petites mains, richesse d’Amazon

Olivier Cognasse ,

Publié le

Enquête Visite d’un site de production du pure player américain, qui duplique dans ses entrepôts son concept logistique fondé sur une main-d’œuvre nombreuse et largement intérimaire.

Les petites mains, richesse d’Amazon
Même l’emballage reste une opération manuelle. Seul le convoyage vers l’expédition est mécanisé.

Zone d’activités de Val-de-Bourgogne. Le sigle Amazon apparaît au coin d’une façade. Commence alors le parcours du combattant. Les contrôles de sécurité sont draconiens. Impossible de pénétrer au cœur du site logistique sans avoir laissé au préalable montre, téléphone et bijoux au vestiaire. Il faut passer sous un portique. Un trajet que chaque employé emprunte à chacune de ses pauses. Le pure player américain justifie ces mesures par la nécessité de lutter contre le vol.

Il y a un an, Amazon débarque à Chalon-sur-Saône, sous les feux des projecteurs et en présence du ministre du Redressement productif, pas peu fier de le voir investir dans "son" département, la Saône-et-Loire. Arnaud Montebourg assure que 1 000 emplois seront créés sur sa terre d’élection. L’objectif est aujourd’hui atteint… durant les quatre semaines du pic d’activité avant Noël, avec 300 CDI et quelque 700 intérimaires. "Amazon emploie majoritairement des intérimaires, plus faciles à virer", dénonce Sébastien Boissonnet, le délégué syndical central CGT d’Amazon France.

Aucun article encombrant

Amazon a installé son centre logistique de 40 000 mètres carrés en périphérie de la cité qui a vu naître l’inventeur de la photographie, Joseph-Nicéphore Niepce. Le géant de l’e-commerce ne regrette pas son choix. "Il y a une main-d’œuvre de qualité, se réjouit Frédéric Duval, le directeur des opérations pour la France. La Bourgogne a été extrêmement performante pour nous accueillir et nous a facilité l’installation." La ville de Chalon-sur-Saône affiche un taux de chômage de 17%. Rien d’étonnant à ce que les élus locaux se soient montrés coopératifs pour faciliter l’implantation du pure player américain. Des camions se collent toute la journée aux quais de réception. Les produits sont triés et arrivent par convoyeur devant les opératrices qui placent dans des chariots 50 articles "small" ou 20 "medium". L’anglais rythme la vie des salariés d’Amazon !

Aucun article encombrant n’est stocké dans cet entrepôt traversé par une allée centrale de 700 mètres de longueur. "Je travaille une semaine entre 5 heures 30 et 13 heures et une semaine entre 13 heures 30 et 21 heures. Au départ, j’ai été prise en charge pendant trois jours", explique Amaramira, une jeune intérimaire formée aux méthodes maison comme chaque nouvelle recrue. D’autres petites mains récupèrent les chariots au niveau de la zone de stockage pour ranger les produits sur des étagères à hauteur d’homme. Les opérateurs placent les articles dans une cellule en évitant de loger les mêmes références dans des cases voisines afin d’éviter les erreurs. Le terminal permet de valider les adresses. La gestion est assurée avec un ERP très élaboré et développé en interne. Cette organisation prouve son efficacité avec un taux d’erreur de 0,2%… au prix de longues distances couvertes pour les salariés. La plupart d’entre eux parcourent entre 15 et 20 kilomètres par jour, selon les sites.

Place ensuite aux pickeurs, qui viennent prélever les articles de chaque commande. Comme Marie-Laure, qui remplit son "cart" (chariot) avec une centaine d’articles correspondant aux ordres reçus sur son écran. Tous les "carts" prennent la direction du "rebin", où sont reconstituées les commandes multilots. C’est la dernière étape avant le "packing", l’emballage. Ici, pas d’automatisation : les packeurs choisissent entre différents formats de cartons. Étiquetés et guidés, ceux-ci filent sur les convoyeurs vers le transporteur adéquat. Le client, selon la formule choisie, sera livré le jour même, le lendemain, dans un délai de deux à trois jours ou de trois à cinq jours.

Un géant contesté

Amazon fait face à une avalanche de critiques en Europe. Confronté à des grèves à répétition en Allemagne, le distributeur vient d’être épinglé en Grande-Bretagne par l’enquête d’un journaliste de la BBC infiltré pendant plusieurs semaines dans un entrepôt avec une caméra cachée. En France, les libraires lui reprochent de contourner la réglementation sur le prix unique du livre. Amazon se défend et… met un point d’honneur à diffuser le livre "En Amazonie, infiltré dans le “meilleur des mondes”", du journaliste Jean-Baptiste Malet, publié chez Fayard, qui, lui aussi, s’était fait embauché temporairement dans un entrepôt. 

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