Les pertes dans le nucléaire plongent à nouveau Toshiba dans une situation financière critique

Déjà durement ébranlé par un scandale financier de 1,3 milliard de dollars, le géant japonais de l’électronique Toshiba fait face à des pertes de plusieurs milliards de dollars dans ses activités nucléaires. Un résultat qui le met au bord de la faillite et l’oblige à céder de nouvelles activités.

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Les pertes dans le nucléaire plongent à nouveau Toshiba dans une situation financière critique
Siège de Toshiba à Tokyo

Toshiba n’est pas prêt de voir la lumière au bout du tunnel. Aux abois depuis l’éclatement du scandale financier de 1,3 milliard de dollars en 2015, le géant japonais de la construction électrique fait face à des difficultés aigues dans le nucléaire. Ses pertes dans cette activité s’annoncent plus élevées que prévues au départ. Le groupe de Tokyo n’a pas fini ses calculs. Mais les chiffres qui circulent sont vertigineux. Ils font état d’une dépréciation d’actifs de 700 milliards de yens, l’équivalent de 6,2 milliards de dollars. De quoi le mettre en situation de quasi-faillite. La Bourse a réagi en sanctionnant le cours de l’action par une baisse 16%.

Financièrement exangue

Car Toshiba, quatrième groupe japonais de construction électrique derrière Hitachi, Sony et Panasonic, est au bord de l’asphyxie financière. Les pertes dissimulées pendant sept exercices fiscaux consécutifs dans les PC, la télévision, l’électroménager ou encore les composants électroniques l’ont laissé exsangue. Et il ne peut plus lever des fonds auprès de ses créancier comme auparavant.

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Les difficultés dans le nucléaire sont imputées à l’activité de la société américaine Westinghouse rachetée en 2006. Un investissement qui s’est révélé un désastre après la catastrophe de Fukushima en 2011 et le gel, voire l’arrêt des projets de centrales nucléaires dans de nombreux pays.

Plusieurs activités déjà vendues

Pour redresser les comptes, la nouvelle direction, qui a pris les commandes en juillet 2015, a mis en oeuvre un plan drastique de restructuration prévoyant la suppression de 10 600 postes et la cession de plusieurs activités jugées non stratégiques. Ont été vendus ainsi les capteurs d’images à Sony, l’éclairage à Konka, le médical et les caméras industrielles à Canon et l’électroménager à Midea. Le groupe a également arrêté plusieurs activités dont la production de LED blanches, le développement d’objets connectés comme les lunettes à réalitée augmentée, ou encore la culture de légumes verts en salles blanches.

Ce ne sera pas suffisant. Pour trouver de l’argent frais et éviter le naufrage, Toshiba doit trouver d’autres activités à céder. Selon la NHK, la télévision publique au Japon, le besoin de financement est estimé à 300 milliards de yens, l’équivalent de 2,6 milliards de dollars. Selon les informations du Nikkei, le groupe serait contraint de sacrifier ce qui constitue son joyau : les mémoires flash, qui constituent désormais l’une de ses deux priorités stratégiques aux cotés des solutions d’infrastructure énergétique, et dont il est le numéro deux mondial derrière le coréen Samsung Electronics. Il envisagerait de mettre cette activité dans une société séparée et d’en céder 20% du capital à l’américain Western Digital, justement son nouveau partenaire dans la production de mémoires flash depuis le rachat en mai 2016 de son compatriote SanDisk pour 19 milliards de dollars. Une opération qui lui rapporterait 2,7 milliards de dollars.

Trouver des investisseurs dans ses semiconducteurs?

Toshiba ne confirme pas le projet mais reconnait étudier la scission de son activité dans les mémoires flash. Le groupe pourrait mettre cette option pour vendre le reste de ses semiconducteurs, qu’il considère comme moins stratégique, ou du moins y faire entrer des investisseurs. Une partie de la solution pourrait également provenir des PC, réduits au segment professionnel sauf au Japon où ils continuent à être proposés aussi au grand public. Toshiba n’a pas réussi à les fusionner avec ceux de Fujitsu et Vaio (anciens PC de Sony). Il pourrait être tenté de les céder au chinois Lenovo qui a repris ceux de NEC et en train d’en faire de même avec ceux de Fujitsu.

Une chose est sûre : Toshiba doit faire vite pour trouver de l’argent frais, solder son aventure dans le nucléaire, assainir son bilan et rassurer les marchés financiers. Il en va de survie.

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