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Les pays du Golfe, de modestes partenaires commerciaux pour le Maroc mais de bons pourvoyeurs de capitaux

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Document L'Office des changes marocains vient de publier une étude sur l'évolution des échanges commerciaux entre le Maroc et les pays du Golfe sur dix ans. En dehors des hydrocarbures, ceux-ci restent très modestes en dépit des accords de libre-échanges existants. Les transferts financiers sont pour leur part de plus en plus importants.

Les pays du Golfe, de modestes partenaires commerciaux pour le Maroc mais de bons pourvoyeurs de capitaux
Centrale électrique marocaine JLEC située à El Jadida dont le principal actionnaire est le groupe des Emirats Arabes Unis, Taqa.
© jlec.ma

En hausse, mais toujours modestes... C'est ce qui ressort de l’étude que vient de publier l’Office des changes du Maroc (voir document complet à la fin de cet article) sur l’évolution des échanges depuis 10 ans entre le royaume chérifien et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Bien qu’en très forte progression, les échanges commerciaux, pris globalement (export et import), ont, en 2013, atteint  29,2 milliards de dirhams (1000 dirhams = 90 euros), soit une part très modeste, à peine supérieure à 5%, des échanges totaux du Maroc (577 milliards de dirhams). Ces chiffres progressent néanmoins en valeur absolue : il y a dix ans, le total des échanges s’élevait alors à 8,7 milliards de dirhams. Comme l'indiquie l'étude de de l'Office des changes, le royaume a conclu de nombreux accords commerciaux avec les pays du Golfe, sans compter ceux en vigueur au sein du monde arabe.

Mauvais point pour le Maroc, sa balance commerciale avec les pays du Conseil de coopération du Golfe laisse apparaître un très lourd déficit. Celui-ci s'élève à 26,8 milliards de dirhams en 2013 contre  29,7 milliards de dirhams en 2012. Ce chiffre surtout a quadruplé en dix ans. Le déficit commercial avec les pays du Golfe s'élevait alors à 7 milliards de dirhams en 2003.

0,7% des exportations marocaines

Sans surprise, les importations marocaines sont dominées par les produits énergétiques  (65,6% du total des achats du Maroc à ces pays). Le Maroc importe, on le sait, la quasi totalité de ses besoins en énergie fossile.

Les exportations, elles ne dépassent pas le seuil de 2 milliards de dirhams, c'est 20 fois moins que vers la France.  Elles se composent pour l’essentiel des produits agricoles et alimentaires et de phosphates. Même si elles sont en progrès (1,2 milliards de dirhams en 2013 et 1,6 en 2012), elles représentaient en 2013... 0,7% des exportations marocaines dominées par les flux les Amériques ou surtout l'Europe, France et Espagne en tête.

Cette faiblesse du commerce extérieur est contrebalancée par l’importance des mouvement financiers en provenance du CCG, rappelle l'Office des changes.
Depuis dix ans, les investissements directs étrangers (IDE) des pays du Golfe ont ainsi représenté de 5 à 30% des flux annuels reçus par le Maroc et 15,7% en 2013.

Du coté des Emirats arabes unis, on peut citer les investissements majeurs dans le groupe Maroc Telecom par Etisalat ou la centrale électrique à charbon JLEC, qui vient même de se renommer Taqa Maroc du nom de son actionnaire émirati.

Autre exemple, le groupe saoudien Acwa est le principal investisseur et opérateur dans Noor I, le projet de centrale solaire à concentration situé à Ouarzazate. La Samir seule raffinerie du pays située près de Casablanca est détenue aussi par des capitaux saoudiens.

Le Qatar a lui plusieurs projets au Maroc dans le domaine agricole ou touristique mais ceux-ci tardent à aboutir.

Dans le domaine de l'aménagement urbain, les capitaux de pays du Golfe réunis dans le fonds d'investissement Wessal capital vont financer les méga projets de transformation urbaine de Casablanca ou Rabat. Ce fonds a été créé à la suite des Printemps arabes pour soutenir l'économie chérifienne.

A noter aussi que les recettes des Marocains résidant à l’étranger (MRE) dans les pays concernés progressent fortement depuis 2003. Ces recettes « atteignent 9,2 milliards de dirhams  en 2013 contre 1,22 milliards de dirhams  en 2003, soit une croissance annuelle moyenne de 22,4% », selon l’Office. Cela représentait en 2013, 15,6% des recettes des MRE. En clair, de plus en plus de travailleurs marocains s'expatrient dans le Golfe.

Par ailleurs, « les dons accordés par les pays du CCG au Maroc se chiffrent à 6,2 milliards de dirhams  en  2013, représentant ainsi  68,4% du total des dons reçus par le Maroc », selon l’Office.

Quant aux recettes de voyages, « elles ont également évolué à la hausse atteignant 3,72 milliards de dirhams en 2013 contre 3,2 milliards en 2011 et 1,42 milliards de dirhams en 2003" (soit en 2013, 6,5% des recettes touristiques du Maroc).

Pour rappel, les pays du CCG pèsent 1 600 milliards de dollars de PIB pour une population de 47 millions d'habitants. Le Maroc compte, lui, 34 millions d'habitants pour un PIB de 105 milliards de dollars. Le royaume chérifien affiche un lourd déficit commercial global d'environ 20% de son PIB, en légère amélioration ces derniers mois.

Pierre-Olivier Rouaud

Focus sur les échanges Maroc-pays du Golfe 2003-2013 (doc. Office des changes du Maroc)

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