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L'Usine Aéro

Les pays du Golfe, cibles des vendeurs d'armes français

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Grands groupes français et PME lorgnent le dynamique marché de l'armement au Moyen-Orient, porté par les conflits et les tensions territoriales. Ces industriels ont présenté leurs dernières innovations lors du salon IDEX, qui se tient à Abou Dhabi du 19 au 23 février.

Les pays du Golfe, cibles des vendeurs d'armes français © D.R.

Abou Dhabi, capitale mondiale des marchands d'armes. Son salon mondial de l'armement, l'IDEX, fait le plein pour sa 13ème édition qui se tient du 19 au 23 février. On y trouve de tout... pour faire la guerre. Des canons allemands, des fusils mitrailleurs bulgares, des véhicules blindés turcs, des chars français, des hélicoptères d'attaque américains, des corvettes russes, des drones chenillés canadiens, des missiles sud-coréens, des drones chinois, des avions de surveillance suédois, des munitions en tout genre... De quoi remplir 12 halls entiers!

Le salon IDEX est une preuve éclatante de la bonne santé de l'industrie de l'armement. Selon le SIPRI, le cabinet d'études suédois spécialiste de l'économie de Défense, le marché mondial de l'armement ne s'est jamais aussi bien porté. Les transferts d'armes majeures sur la période 2012-16 ont atteint leur plus haut volume sur une période de cinq ans depuis la fin de la guerre froide.

Et les pays du Moyen-Orient comme l'Arabie saoudite ou le Qatar, figurent parmi ceux qui augmentent le plus significativement leurs commandes de matériel militaire. La zone représente 29% des importations mondiales en 2012-16. "Malgré les bas prix du pétrole, les pays de la région ont continué à commander plus d’armes qu’en 2016, les percevant comme des instruments essentiels pour faire face aux conflits et aux tensions régionales", indique un des auteurs de l'étude.

Une commande de 5000 missiles

Les industriels français (Dassault Aviation, Thales, DCNS, Nexter, RTD...) sont venus en force. Portés par leurs ventes record à l'exportation en 2016 - tirées par les contrats des 36 Rafale de Dassault avec l'Inde et des 12 sous-marins de DCNS avec l'Australie -, environ une cinquantaine ont fait le déplacement, avec un fort bataillon de PME.

Mais ils sont loin d'être les seuls, le salon regroupant environ 1200 exposants venus d'une cinquantaine de pays. "C'est le deuxième plus grand salon d'armement du monde en nombre d'exposants et sûrement le premier en terme de pouvoir d'achat", estime François Mattens, porte-parole du Gicat, le regroupement des industriels français de l'armement terrestre. Le deuxième après Eurosatory en France. A Abou Dhabi, les pays du Moyen-Orient jouent en effet à domicile.

Chaque jour du salon, le rituel est le même. En milieu d'après-midi, les organisateurs annoncent le montant des deals signés par les Emirats Arabes Unis (EAU). Au premier jour, 21 contrats pour un montant de 1,2 milliard de dollars, le deuxième jour 10 contrats pour 1,9 milliard avec notamment une commande pour 5000 missiles auprès de l'industriel russe RosoboroNexport. Lors de la précédente édition, les EAU avaient annoncé pour près de 5 milliards de dollars de commande.

DCNS engagé sur cinq compétition

"Les industriels chinois, turcs et coréens émergent comme des concurrents très sérieux", explique Philippe Darche, responsable du développement et de la promotion des navires de combat pour l'industriel tricolore. Le fabricant est engagé dans cinq compétitions dans la région et propose ses corvettes Gowind, des navires d'une centaines de mètres de long, capables d'embarquer un hélicoptère et équipés de capacités de luttes anti-aériennes et de guerre sous-marines. "A travers le renforcement de leurs marines, les pays du Golfe veulent affirmer leur souveraineté et protéger leurs flux commerciaux maritimes. Ils veulent des navires de plus en plus gros et plus fortement armés", précise-t-il.

Thales se montre également offensif. Le groupe a profité du salon pour annoncer qu'il allait doper de 25% ses effectifs dans la région, en recrutant entre 400 et 500 personnes. Sur son stand, il présentait des équipements qui seront bientôt déployés dans l'armée tricolore: la radio Contact capable de transmettre des images et vidéo sur le champ de bataille, la future nacelle de désignation laser des cibles qui équipera le Rafale...

Chef de file de l'armement terrestre tricolore, Nexter expose à coté du char Leclerc, son véhicule blindé de combat d'infanterie, le VBCI à 8 roues motrices. Déjà utilisé par l'armée française en Afghanistan, au Mali ou encore en République centrafricaine, il attend encore sa première commande à l'exportation. Elle pourrait venir du Qatar où Nexter est présélectionné pour une commande d'environ 300 véhicules.

Une quaRantaine de PME françaises

Le pavillon français de l'IDEX héberge également une quarantaine de PME. HGH Infrared Systems qui compte 80 salariés et son siège à Igny en région parisienne, a fait le déplacement. Sur le présentoir, une caméra thermique capable de prendre des images panoramiques à 360°. Son argument phare: sa technologique de pointe. "Nos caméras sont capables de détecter un individu à 8 kilomètres et de l'identifier à plus d'un kilomètre", explique Cyril Marchebout, son responsable pour la région Moyen-Orient.

Cette PME a une sacré carte de visite: l'US Army a exploité ses caméras de détection pour assurer la surveillance de ses camps militaires lors du conflit afghan. HGH commence à percer dans la région avec la vente de deux systèmes au ministère de la Défense des Emirats arabes unis. "Nous n'avons pas un accès direct aux armées. Le plus difficile c'est d'identifier des partenaires commerciaux et des intégrateurs de confiance et d'un niveau technique suffisant", explique Cyril Marchebout.

A quelques pas de là, la PME toulousaine Sterela fonde des espoirs mesurés. Sur son stand, elle présente ses porte-cibles. L'armée française utilise ses équipements dans ses centres d'entraînement pour ses fantassins comme pour ses pilotes de chars. "C'est notre deuxième participation au salon IDEX. Pour nous, c'est un effort commercial important qui doit nous permettre d'augmenter notre visibilité à l'international", explique Franck Aglietta, responsable de l'activité Défense. La PME a identifié des opportunités au Qatar, aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite. Là aussi, la bataille est rude, ses principaux concurrents, un américain, un suisse et un allemand sont également exposants.

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