Les patrons parlent aux Français

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Les patrons parlent aux Français

Comme prévu, Fukushima pèse déjà sur la présidentielle. Depuis la catastrophe japonaise, l’aversion au risque atomique gagne du terrain. Le nucléaire offense la sensibilité écologiste. Il est jugé maléfique, bien plus que les autres industries sujettes à accident mortel, peut-être parce que ses dégâts, en cas d’événement grave, sont invisibles, sournois et à durée indéterminée. Pour les écolos, finalement, ce n’est plus un sujet, c’est un casus belli. Au point que les négociations entre Europe Écologie Les Verts et le Parti socialiste pourraient s’échouer dans la Manche… Faut-il abandonner purement et simplement Flamanville et considérer qu’un gâchis de 6 milliards d’euros ne pèse pas lourd face à l’enjeu ? Ou mener le chantier de l’EPR à son terme, comme le souhaite le candidat socialiste, avant de redéfinir une stratégie énergétique ? Les positions paraissent inconciliables. Enfin… jusqu’au jour où François Hollande et Eva Joly auront trouvé un accord.

Quoi qu’on en pense sur le fond, voilà un bon débat économique, sain pour la démocratie. Il fait rage entre écolos et socialistes, entre gauche, droite et centre, mais aussi à l’intérieur même de tous les partis. Il ne fait pas l’unanimité, ni chez les syndicats ni chez les patrons. En la matière, chacun défend ses convictions, ses intérêts, ou les deux simultanément – c’est l’idéal. En lançant des chiffres, certes contestables, sur les emplois suspendus à l’industrie nucléaire (lire page 36), Henri Proglio a poussé les uns et les autres à se positionner. Le PDG d’EDF était-il dans son rôle ? À notre sens, parfaitement. À la veille des grands choix, le point de vue de la direction d’EDF mérite absolument d’être entendu. Y compris pour être contredit. Que ceux qui pensent différemment n’hésitent pas à s’exprimer !

Dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à "L’Usine Nouvelle", Christophe de Margerie affirme d’ailleurs que le silence, venant d’un groupe comme Total, est souvent pris pour de l’arrogance. Il s’est donc résolu à parler. Politique énergétique, fermeture de la raffinerie de Dunkerque, gaz de schiste, superprofits, fiscalité, partage de la valeur… Il n’y a pour lui aucun sujet tabou, que des réalités à expliquer. "Je respecte l’opinion publique, dit-il ainsi à propos des gaz de schiste. Mais nous avons l’obligation morale de l’informer." Dans le débat d’idées, pourquoi celles des patrons seraient-elles les seules à ne pas avoir droit de cité ?

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