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L'Usine Santé

Les opposants à la nouvelle formule du Levothyrox manifestent à Paris

Coralie Lemke , ,

Publié le

Reportage L'AFMT, une association de malades de la thyroïde, s'est mobilisée le 2 mai pour toute une journée de manifestations. Les patients réclament un retour à la formule initiale du Levothyrox, le médicament du laboratoire Merck. 

Les opposants à la nouvelle formule du Levothyrox manifestent à Paris
Les malades de la thyroïde ont constitué 1 800 nouveaux dossiers et en appellent à la justice.
© CORALIE LEMKE

Si le 1er mai célèbre traditionnellement les revendications des travailleurs, ce 2 mai a laissé place à une manifestation de patients. Plusieurs dizaines de malades de la thyroïde, membres de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), se sont retrouvés devant l’Assemblée nationale pour faire entendre leur ras-le-bol.

"On n’est pas des cobayes !", martèlent les participants, pancartes autour du cou et cercueil en carton sur la tête. S’ils se sont mobilisés aujourd’hui, c’est pour revenir à l’ancienne formule du Levothyrox commercialisée par Merck. Fin mars 2017, le laboratoire modifiait la composition de son médicament et mettait sur le marché la nouvelle formule du Levothyrox. Quelques mois plus tard, il y a environ un an, les patients commençaient à faire état des nombreux effets indésirables dont ils souffrent.

Maux de ventres, chute de cheveux, fatigue, douleurs ou perte de poids sont les symptômes les plus fréquents. "J’ai été malade pendant des mois sans comprendre ce qui m’arrivait, explique Joëlle, une des membres historiques de l’association. Quand j’ai vu d’autres patients qui présentaient les mêmes symptômes que moi, ça a fait tilt. Qu’on nous redonne l’ancienne formule qui convenait à tout le monde !"

Des nanoparticules décelées

L’AFMT appelle la justice à entamer des analyses de la nouvelle formule du produit afin d’examiner la présence de nanoparticules de métal. Elles n’ont pas été décelées dans la première formule et pourrait être responsables des effets secondaires ressentis par les utilisateurs du médicament.

Aujourd’hui, de nombreuses associations se sont constituées et poursuivent le laboratoire au pénal ou au civil. L’AFMT compte également se pourvoir en justice. Les manifestants ont ramené de nombreuses caisses ce mercredi matin, contenant en tout 1 800 dossiers classés par ordre alphabétique. "J’ai saisi les dossiers seule chez moi, la semaine, les soirs, les week-ends. Notre avocate en a déjà 1 200. Nous lui en apportons aujourd’hui 1 800 autres. Elle va les étudier, puis les transmettre au juge d’instruction de Marseille dans le cadre de notre procédure engagée au pénal", explique Muriel Salomon, la référente Occitanie de l’association.

En guerre contre Merck

Les manifestants, s’ils regrettent que d’autres malades n’aient pas pu faire le déplacement parce qu’ils sont trop malades, se disent toutefois motivés à aller jusqu’au bout de leur lutte contre Merck. "Thierry Hulot, le dirigeant du laboratoire pharmaceutique, doit savoir que nous sommes déterminés et que nous voulons la vérité."

L’association bénéficie aussi du soutien d’une médecin angiologue, Catherine Noël, qui s’étonne du manque de considération auquel les patients font face. "Déjà, je n’arrive pas à comprendre comment on a pu remplacer un médicament de façon aussi légère. Ensuite, dès les premières plaintes des patients, on a commencé à parler d’hystérie. Aujourd’hui, le silence des médecins se fait assourdissant." Les malades, eux, sont bien décidés de se faire entendre.

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