Les ONG craignent déjà un échec des Etats Généraux de l’Alimentation

"Un discours creux", c’est ce que prédisent les ONG environnementales et associations du commerce équitable, à la veille de l’annonce par Emmanuel Macron de premières mesurées suite aux Etats Généraux de l’Alimentation. L’Elysée promet pourtant "un plan de transformation de l’agriculture".

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Les ONG craignent déjà un échec des Etats Généraux de l’Alimentation

Mercredi 11 octobre, Emmanuel Macron doit annoncer les premières mesures prises dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation. Mais, aux yeux des 50 ONG et organisations réunies au sein de la "Plateforme pour une transition agricole et alimentaire", son discours ne pourra être que "creux".

Impartiaux, les Etats Généraux?

Alors que des ateliers (réunissant agriculteurs, industriels, distributeurs, associations, pouvoirs publics…) se tiennent depuis fin août pour tenter de trouver une sortie de crise pour la filière alimentaire en France, ces associations ne cachent pas leur mécontentement. Ce qui lie des ONG activistes comme Générations Futures et Greenpeace, aux associations collaborant ponctuellement avec des entreprises comme WWF, la Fondation pour la Nature et l’Homme (ex Fondation Nicolas Hulot), ou encore Max Havelaar France ? "Réconcilier les intérêts des producteurs, des consommateurs, de la nature et de la santé, et les intérêts économiques de la nation", assure Julie Stoll, déléguée générale de la Plate-Forme pour le Commerce Equitable, à L’Usine Nouvelle.

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Alors que "nous représentons 50 organisations mais des milliers de producteurs, de TPE et PME, des millions de consommateurs et des dizaines de milliers d’initiatives autour de l’alimentation", leur voix n’aurait pas porté aux Etats Généraux. "Dans les ateliers 5 et 7, j’étais la seule représentante de la société civile sur une cinquantaine de membres", s’étonne Julie Stoll. Regrettant "la partialité de certains présidents d’ateliers, des premières conclusions qui ne reflètent pas les échanges…"

"Les coûts cachés du modèle agricole et alimentaire industriel"

Certes, leur voix devrait porter davantage à l’occasion du deuxième chantier des Etats Généraux, qui concerne jusqu’à fin novembre "l’alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous". Mais, sur le plan économique, ces associations estiment avoir leur mot à dire, condamnant "les coûts cachés du modèle agricole et alimentaire industriel actuel" et son impact sur l’environnement, la biodiversité et la santé. Alors que l’Elysée promet "un plan de transformation de l’agriculture", "ils n’ont identifié que les leviers qu’ils peuvent adopter immédiatement : ce n’est pas une transition économique et sociale !", accuse Julie Stoll.

Le commerce équitable, "un marché de niche" ?

Qu’attend-elle de l’industrie ? "Il faut valoriser les entreprises vertueuses, qui s’engagent à rémunérer à un prix équitable et créent aussi de la valeur car elles réalisent des bénéfices, créent de l’emploi. Aux Etats Généraux, on m’a répondu que c’était un marché de niche !" Elle réclame un taux de TVA réduit pour valoriser les produits bios et équitables, et les favoriser aussi auprès des consommateurs de classes moins aisées. Parmi les adhérents de sa plateforme, aucun grand groupe, car ils n’ont "pas de résultat probant" et qu’"il y a urgence à recréer de la concurrence, dans la filière du lait notamment, pour sortir d’un rapport de force inégal" avec l’agriculteur, estime-t-elle.

A l'Elysée, on vante l'initiative "C’est qui le patron !"

A l’Elysée, on assure pourtant vouloir désormais "partir du coût réel de production" - le coût de revient - pour bâtir les prix des produits alimentaires afin de "stopper la guerre des prix bas" qui pénalise toute la filière, et redonner aux Français "la notion véritable du coût des produits". Les collaborateurs d’Emmanuel Macron citent ainsi l’initiative "C’est qui le patron !" ou encore la promesse du président d'un taux de 50% de produits bio ou locaux dans la restauration collective pour 2022. "C’est ça la nouvelle philosophie", assure-t-on au sein du cabinet du président de la République, à la veille d’une prise de parole très attendue par tous.

En pleine polémique sur la mise en application du CETA, le rebut d'une partie des aides au bio, "nous attendons une troisième phase politique durant laquelle on décidera collectivement d’un calendrier et de mesures, et pas juste d’un agenda des solutions », réplique Mathilde Théry, la responsable Agriculture et Alimentation de la FNH. "Les Français sont prêts pour une réelle transition agricole et alimentaire !", assure WWF France, sondage réalisé par l’Ifop à l'appui.

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