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Les nouvelles voitures-radars privées sont des véhicules banalisés (presque) comme les autres

Cédric Soares ,

Publié le

Cinq premières voitures-radar privées ont été mises en circulation en Normandie, lundi 23 avril. Pour les forces de l’ordre il s’agit d’un redéploiement de leur parc de véhicules banalisés. L’Usine Nouvelle vous dévoile les coulisses de ce dispositif.

Les nouvelles voitures-radars privées sont des véhicules banalisés (presque) comme les autres © Peugeot

Premiers flashes pour les voitures-radar privées. Cinq Peugeot 308 banalisées ont été mises en circulation en Normandie par le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR), lundi 23 avril. D’ici la fin de l’année, 26 véhicules de contrôle de vitesse seront affectés dans la région. Derrière ce qui paraît être une petite révolution, se cache en réalité un simple redéploiement des moyens et une légère adaptation d’une technologie déjà utilisée par les forces de l’ordre.

En effet, point de nouvelles voitures. Les opérateurs qui ont pris le volant en début de semaine se sont installés dans des véhicules issus du contingent des forces de l’ordre. Le communiqué du CISR daté du 20 avril précise d’ailleurs que “les Peugeot 308 présentées ce matin à la préfecture d’Évreux restent propriété de l’Etat. Lorsqu’elles ne sont pas utilisées, ces voitures sont stationnées sur des sites de police ou de gendarmerie”. La Sécurité Routière prévoit de généraliser, entre 2019 et 2020, le dispositif sur l’ensemble de la métropole en confiant les 383 véhicules de la flotte banalisée à des sociétés privées. Pour la Normandie, Mobiom, filiale de l’entreprise Challancin, a été retenue parmi vingt-et-une offres.

Objectif augmenter le temps d'utilisation 

Outre des Peugeot 308, le parc qui sera redéployé se compose également de Peugeot 208, Citroën Berlingo, Renault Mégane et Dacia Sandero. Le CISR a décidé d’externaliser la conduite des voitures-radar en mars 2015. Sa décision est motivée par deux raisons. Tout d’abord “libérer du temps aux forces de l’ordre pour le consacrer à des tâches plus qualifiées comme l’interception au bord des routes (alcoolémie et stupéfiants)”. Ensuite, le fait de confier le pilotage à des sociétés privées va permettre d’allonger la durée journalière d’utilisation des voitures-radar. Gendarmes et policiers les exploitent actuellement 1h30 par jour en moyenne. Les nouveaux prestataires devront les faire rouler entre six et huit heures.

Chaque véhicule est dotée d’un radar appelé ETM (équipement de terrain mobile). Depuis 2013, le modèle Gatso Millia conçu par le Néerlandais Gatsometer BV (depuis intégré au groupe Suédois Sensys Gatso) équipe les automobiles. Fareco, filiale du groupe de BTP français Fayat a décroché un premier contrat de fourniture en 2012. Celui-ci a été renouvelé en 2017.

Un constat d’excès de vitesse invisible

Sur une voiture banalisée, l’antenne radar, cachée derrière la plaque d’immatriculation avant, contrôle la vitesse des véhicules qui la dépassent ou la croisent. En cas d’excès de vitesse, le capteur déclenche le flash infrarouge positionné juste en dessous ainsi que le système de prise de vues installé au milieu du tableau de bord.

L’opération s’avère totalement invisible pour le contrevenant et le conducteur de la voiture-radar. Les données cryptées sont envoyées au Centre national de traitement des infractions (CNT) basé à Rennes (Ille-et-Vilaine) pour traitement. Les policiers et gendarmes de l’entité analysent les clichés pour décider de l’envoie ou non de PV. Le CISR affiche une marge technique entre la vitesse enregistrée et la vitesse retenue de 10 km/h sous la barre des 100 km/h et 10% au-delà.

Le système adapté pour l'externalisation

Les voitures banalisées confiées aux opérateurs privés ont été modifiées pour réduire à la simple conduite le rôle de leurs employés. Le réglage de la vitesse à contrôler est effectué par le GPS embarqué. Celui-ci récupère l’information dans la base de données de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). En parallèle les quatre caméras (deux à l’avant et deux à l’arrière) lisent les panneaux de vitesse pour contrôler l’information du GPS. Le conducteur n’a plus qu’à activer le radar lorsqu’une zone de contrôle lui est signalée et le désactiver à la sortie de cette dernière. 

Jusqu’à présent, lors des contrôles effectués par les forces de l’ordre, un second agent était dédié au paramétrage du radar. Les conducteurs de sociétés privées ne sont pas non plus habilités à faire fonctionner le radar des voitures banalisées à l’arrêt. Autre nouveauté, le conducteur doit souffler dans un éthylotest anti-démarrage afin de pouvoir mettre le contact.

Avant la première mise en circulation, une phase de d’expérimentation a été réalisée avec six prototypes à partir février 2017. Les véhicules ont parcouru 50 000 kilomètres sur 900 heures. Aucune verbalisation n’a été réalisée durant les tests. Les essais, réalisés sur les routes de l’Eure et de la Seine-Maritime ont abouti à l’homologation du système, précise le CISR.

 

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1 commentaire

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27/04/2018 - 15h08 -

Ce système répressif est intolérable ,car il ne tient compte que de la vitesse alors que les accidents sont le résultats d'imprudences , comme l'absence d'éclairage, la conduite en ne respectant pas les distances, l’alcool au volant, la drogue ou les médicaments. En plus il reste tous ceux qui conduisent sans permis,sans assurance, sans contrôles technique qui pourront se déplacer sans être inquiétés. Si faire des lois consiste à les faire injustes alors il n'y à plus de raison de les respecter ! En plus, rien ne dis que ceux qui conduiront ces véhicules ne chercheront pas à piéger les automobilistes en roulant à la limite du système ?
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19/06/2018 - 08h31 -

Il est très regrettable qu'une fois de plus le citoyen soit réduit à une pompe à fric. Ces radars n'ont rien à voir avec la sécurité : la preuve, l'état attend 6 fois plus de rentrées d'argent. Le vrai problème c'est le comportement de l'automobiliste, pour lequel, seul le contrôle de police puisse apporter une solution. Navrant de constater que la France est le champion de la répression...
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