Economie

Les nouveaux visages de l’industrie des pays émergents

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Les futurs champions industriels viendront du Sud. C’est ce qui ressort du classement 2011 des Global Challengers du Boston Consulting Group. Le palmarès compte notamment 23 nouveaux noms à retenir dès maintenant.

Les nouveaux visages de l’industrie des pays émergents © LUDOVIC/REA

Bumi Ressources, BYD, Embraer, ZTE ou encore MarcoPolo seront les as de l’industrie de demain. Leur point commun ? Ils sont tous présents dans le classement des 100 challengers des pays émergents publié par le Boston Consulting Group.

En prenant les groupes arrivant en tête des pays émergents d’Asie, d’Europe de l’Est, d’Amérique latine et du Sud et d’Afrique du Sud, le cabinet entend pour la quatrième année présenter les entreprises destinées à être championnes à l’international.

Et le constat est flagrant : leur poids se confirme, voire se renforce. 23 nouvelles entrées au classement (les chinois LDK Solar, Geely International ou l’indien Lupin Pharmaceuticals entre autres),  un chiffre d’affaires cumulé de 1 300 milliards de dollars et un taux de croissance moyen annuel trois fois supérieur à celui des entreprises occidentales entre 200 et 20009. Autant de chiffres qui ont de quoi inquiéter les entreprises des marchés matures. 

Nouveaux pays, nouveaux noms

« Il est fort à parier que ces 100 challengers, s’ils poursuivent une telle croissance, atteindront d’ici à dix ans un chiffre d’affaires équivalent à celui des entreprises du S&P 500 », commente Olivier Scalabre, directeur associé responsable de la globalisation à Paris.

Sans surprise, la présence chinoise est forte dans le classement avec 22 entreprises, mais de nouveaux pays (Thaïlande, Afrique du Sud, Turquie…) viennent élargir la zone historiquement appelée celle des BRIC.

Et de nouveaux noms s’ajoutent à la liste des entreprises déjà connues (le brésilien Petrobras, le sidérurgiste russe Severstal par exemple) de par leurs acquisitions ou leur présence à l’international. On connaît moins en effet le brésilien Votorantim dans le secteur du papier, le mexicain Grupo Bimbo dans l’agroalimentaire ou l’entreprise indienne de services informatiques Wipro Technologies.

Alliances et acquisitions

Pour expliquer leur ascension impressionnante, le cabinet expose trois arguments : la création d’un cercle vertueux de croissance leur permettant de s’ouvrir vers de nouveaux marchés, le développement de leur portefeuille de marques, mais surtout leur capacité à nouer des alliances.

Le rapport prend l’exemple de l’entreprise indienne Tata : « le groupe illustre l’émergence du modèle de conglomérat chez ces challengers, commente le directeur associé. Depuis 10 ans, avec plus de 17 milliards de dollars investis dans les M&A, le groupe s’est fortement développé et s’impose aujourd’hui comme un acteur important dans le secteur de l’acier, de la chimie, des systèmes d’information, de l’alimentaire mais aussi de la communication ».

Le brésilien MarcoPolo a d’ailleurs ciblé cette entreprise pour se lancer et se développer dans le domaine des bus adaptés aux pays émergents.

Dans le milieu du BTP, la Compagnie étatique de construction et d’ingénierie (CECI) a lancé plus de 5 000 projets en Afrique du Nord, en Inde ou aux Etats-Unis. Une stratégie lui permettant d’afficher un chiffre d’affaires de 37,7 milliards d’euros.

L’entreprise thaïlandaise Indorama Ventures, premier fabricant mondial de polyéthylène téréphtalate (PET), parie elle sur le contrôle sévère des coûts et les acquisitions dans les pays développés pour conquérir le secteur des bouteilles en plastique.

Concurrence

Au regard de la montée de ces sociétés, les auteurs du rapport affirment que « la frontière existante entre challengers mondiaux et ces nouveaux acteurs pourrait s’estomper rapidement ».

Dans le secteur des télécoms, la compétition avec les leaders mondiaux a déjà commencé, le chinois Huaweï étant déjà numéro deux mondial des équipementiers. « D’ici à cinq ans, une cinquantaine d'entre elles pourraient figurer dans le classement Fortune Global 500 des plus grandes sociétés du monde », précise le rapport.

Pour autant, la capacité des entreprises des pays émergents à s’implanter sur les marchés matures semble plus faible qu’attendu.

Car plus elles prennent d’ampleur, plus elles deviennent intéressantes pour les firmes des marchés matures désireuses de se développer dans les émergents. C’est ainsi que se développent des partenariats entre challengers et leaders, à l’instar de l’alliance entre Daimler et BYD dans l’automobile.

Sans oublier que les entreprises des pays développés n’entendent pas se laisser faire : « les multinationales de ces pays vont devoir se transformer, précise Olivier Scalabre. Et ressembler aux challengers, qui en font autant dans l’autre sens ».

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