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Les nouveaux outils de la supply chain

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Les logiciels de gestion des chaînes d’approvisionnement gagnent en performance et s’adaptent aux outils numériques modernes pour séduire les patrons de PME.

Les nouveaux outils de la supply chain © L’optimisation de la gestion des entrepôts représente un véritable gisement de rentabilité pour les industriels.

Les entreprises citées

Pendant, mais aussi avant et après ! Lorsque tous les services d’une entreprise ont atteint un palier de performance, il est temps de s’intéresser à la chaîne d’approvisionnement. La supply chain comprend les activités en amont de la production (planification, approvisionnement de matières premières et de produits semi-finis) et en aval (stockage, répartition dans les plates-formes logistiques et livraison au client). « Optimiser sa supply chain est un énorme gisement de rentabilité. Malheureusement, cette activité passe après toutes les autres », constate Michel Ramis, le directeur commercial et marketing de Futurmaster, un éditeur français qui emploie 140 personnes et réalise 14,3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, la majorité des entreprises utilise Excel pour le suivi de leurs activités, mais le tableur de Microsoft atteint vite ses limites. Impossible par exemple de piloter l’approvisionnement d’un magasin à partir de deux usines, de gérer des produits périssables ou encore de remplacer progressivement un produit par un nouveau. Des logiciels spécialisés existent, mais leur taux d’adoption dans l’industrie reste faible, en particulier dans les PME. Pourtant, d’après Franck Lheureux, le vice-président de l’éditeur américain JDA Software (1 milliard de dollars, 4 600 salariés dont 47 en France), responsable des ventes pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, optimiser sa supply chain est une question de survie. « Quelle que soit leur taille, les industriels sont soumis à des contraintes comme la variabilité des commandes et la mondialisation des ventes et, depuis peu, au risque de se faire déposséder de sa valeur ajoutée, de se faire ubériser, explique-t-il. Il faut donc faire de la supply chain une tour de contrôle pour adapter sa production et mieux servir son client en quantité et en délai. »

Plates-formes de plus en plus avancées

Des grands groupes comme Renault, Groupe Bel, Presstalis, Saint-Gobain ou encore Michelin [lire ci-contre] ont adopté des logiciels avancés. Le point commun entre ces projets : créer des passerelles entre les fonctions. « Si l’on vise une vraie rupture, avec des gains de performance de l’ordre de 25 %, il faut casser les périmètres, revoir les processus de pilotage et considérer l’entreprise étendue en construisant des plates-formes d’échange de données », résume Xavier Burtin, associé chargé de l’activité supply chain au sein du cabinet de conseil Althéa. La plupart des outils modernes de gestion de la supply chain reprennent ce principe de plates-formes, qui récupèrent les informations réparties dans l’entreprise pour apporter une aide à la décision. L’américain GT Nexus, racheté par Infor en 2014, va plus loin avec une plate-forme collaborative reprenant le principe des réseaux sociaux. « Une commande, c’est en moyenne une dizaine d’acteurs (clients, fournisseurs, banques, transporteurs…) et une dizaine de modifications, c’est pourquoi nous proposons un fil d’actualité unique sur lequel tous les acteurs peuvent suivre en temps réel les informations concernant la commande », explique Céline Bonniot, la directrice marketing de la filiale française de l’éditeur. Un service qui a permis à Caterpillar, notamment, d’économiser 250 millions d’euros grâce à une meilleure répartition des stocks.

À ces plates-formes peuvent s’ajouter des modules d’optimisation. C’est le créneau choisi par Futurmaster, qui utilise les mathématiques avancées pour générer des plannings en intégrant un grand nombre de contraintes. « Pour les entreprises multisites, nous allons jusqu’à gérer l’approvisionnement des filiales en fonction de leur performance ou de la précision de leurs prévisions de vente, afin de les sensibiliser à l’importance de gérer sa supply chain », commente Michel Ramis, qui a intégré un de ces modules dans les laboratoires Pierre Fabre. D’autres éditeurs, à l’instar de Manhattan Associates (3 000 personnes, 550 millions d’euros de chiffre d’affaires), proposent un outil de gestion de personnalisation des produits, faisant de la supply chain un élément clé de la proposition commerciale.

Autre besoin des industriels, celui de gérer les nombreux passages de frontières des produits. C’est la spécialité d’Amber Road. « Le commerce international est risqué. Il faut connaître les sous-traitants de ses sous-traitants pour s’assurer que l’on ne s’expose à aucune sanction administrative, que l’on ne viole aucun embargo, souligne Paul Simon-Thomas, le directeur commercial France de l’éditeur, qui emploie 550 personnes pour un chiffre d’affaires de 64 millions de dollars. Son logiciel, accessible en France depuis 2014, inclut les informations douanières de 145 pays et permet aux industriels d’imaginer des scénarios avec le coût et le délai d’approvisionnement à prévoir en fonction du pays. Une aide précieuse pour les PME qui ne peuvent s’offrir les services d’un juriste à plein-temps.

Logiciels accessibles aux PME

Au fil des années, les logiciels de gestion de la supply chain se sont enrichis pour répondre aux marchés les plus complexes. Aujourd’hui, ils communiquent avec tous les acteurs de la chaîne, depuis le sous-traitant lointain jusqu’au technicien dans l’entrepôt. « Il est possible d’ajouter du “voice picking”, une voix artificielle qui assiste l’opérateur dans ses préparations de commandes », assure Jean-Charles Deconninck, le président du directoire de Generix Group. Cet éditeur français compte 400 salariés et réalise 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. Surtout, ces nouveaux outils deviennent accessibles aux PME. « C’est le moment de s’y intéresser, lance Michel Ramis. La fonction supply chain, par sa vision globale de l’écosystème, est la seule capable de répondre aux objectifs de rentabilité et de taux de service de l’entreprise. » 

Michelin adapte sa logistique à chaque client

En 2012, Michelin a entrepris un vaste projet de transformation de la partie avale de sa supply chain (des usines à la livraison chez les clients). Le groupe a revu et automatisé tous ses processus de planification et de facturation au niveau mondial, afin de mieux répondre aux besoins de chaque client. « Auparavant, nous voulions livrer tous nos clients à J + 1, mais les besoins sont différents entre un garagiste, un distributeur ou un constructeur, explique Pascal Zammit, le directeur du service au client pour le groupe. Nous avons conçu différents modèles de supply chain qui sont configurables selon les organisations de nos clients. Ces modèles sont supportés par un système d’information optimisant l’ensemble des flux. » Ainsi, dès la prise de la commande, le système définit la procédure de traitement de la demande du client, communique au client la promesse faite (dont le délai de livraison) et alerte les organisations compétentes au sein du groupe en cas de risque de non-respect de cette promesse. 

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