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Les nouveaux iPhone sonnent le coup d’envoi de la transition des mobiles vers l’eSIM

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Dans ses nouveaux iPhone XR, iPhone Xs et iPhone Xs Max, Apple embarque l’eSIM pour tous les marchés, à l’exception de la Chine. Une bascule qui sonne le coup d’envoi de la transition des mobiles vers cette technologie et la transformation des fournisseurs de cartes SIM traditionnelles comme Gemalto, Idemia ou Giesecke+Devrient.

Les nouveaux iPhone sonnent le coup d’envoi de la transition des mobiles vers l’eSIM
Module eSIM du fournisseur allemand Infineon Technologies
© Infineon

C’est la grande surprise du lancement de la nouvelle génération d’iPhone le 12 septembre 2018. Dans ses nouveaux iPhone XR, iPhone Xs et iPhone Xs Max, Apple embarque l’eSIM en combinaison de la carte SIM amovible traditionnelle. Le géant californien des mobiles le fait pour tous les marchés, à l’exception de la Chine où il combine deux cartes SIM traditionnelles. "C’est la seule grande nouveauté de ce lancement, clame à L’Usine Nouvelle Tony Stoss, analyste financier chez Craig-Hallum. Nous l’avions prévue dans notre d’analyse datée du 10 juillet 2018. A l’époque, personne ne nous croyait."

45 à 50 millions d'eSIM pour smartphones en 2018

L’eSIM (Embedded SIM ou SIM embarquée) se présente, non plus comme une carte amovible, mais comme un module électronique embarqué dans le terminal comme les autres composants électroniques. Plus besoin de se procurer une carte auprès de l’opérateur mobile. Plus besoin de la changer pour passer à un autre. L’activation et le changement d’abonnement se font par téléchargement et mise à jour à distance de données dans le module.

Jusqu’ici, seul Google faisait appel à l’eSIM pour ses smartphones Pixel 2 lancés au quatrième trimestre 2017. Mais les volumes en jeu restent faibles : seulement 9,6 millions d’unités en 2018 selon les prévisions du cabinet ABI Research. Avec son adoption sur ses nouveaux iPhones, Apple donne le vrai signal de départ de la transition des mobiles vers cette technologie.

"La question était toujours de savoir quand il allait intégrer l’eSIM dans l’iPhone, plutôt que s’il allait le faire, explique à L’Usine Nouvelle Phil Seal, analyste chez ABI Research. Les livraisons d'eSIM pour smartphones restent extrêmement faibles en 2017, étant donné que le Google Pixel 2 était le seul appareil intégrant l’eSIM. Avec les nouveaux iPhone d'Apple, elles se situeront entre 45 et 50 millions d’unités en 2018. Et ce chiffre devrait augmenter fortement pour dépasser les 400 millions d’ici 2022."

 

Les opérateurs mobiles, principal obstacle

Pour autant, la mort de la carte SIM traditionnelle n’est pas pour sitôt. "La nouvelle génération d’iPhone d’Apple en est la preuve, étant donné qu’ils sont des téléphones à double SIM, combinant un emplacement pour carte SIM amovible classique avec un module eSIM, précise l’analyste d’ABI Research. De plus, les appareils à livrer en Chine prendront en charge la fonction double SIM via deux logements de cartes SIM amovibles traditionnelles. La préparation des opérateurs mobiles reste un obstacle majeur au basculement sur l’eSIM. Les constructeurs de mobiles devront continuer à prendre en charge la carte SIM amovible jusqu'à ce que tous les opérateurs mobiles soient prêts au changement."

Pour les fournisseurs de cartes SIM – Gemalto, Idemia et Giesecke+Devrient en Europe -, c’est une très bonne nouvelle. Ils vont pouvoir enfin entamer leur transformation, en passant de la fourniture de matériels à la fourniture de services d’aide à l’activation et la sécurisation à distance des eSIM. Philippe Vallée, le directeur général de Gemalto, attend beaucoup de cette transition pour sortir des difficultés qui frappent l’activité historique de son entreprise dans les cartes à puce. Mais il devra se montrer patient car la transition s’annonce longue, très longue.

 

Samsung, le prochain adepte de l'eSIM?

Samsung pourrait être le prochain constructeur à imiter Apple. "Il adoptera probablement une approche à plusieurs niveaux, en intégrant d'abord l'eSIM dans ses smartphones vedettes Galaxy S et Note, avant de l'étendre ultérieurement à ses gammes A et C, prévoit Phil Seal. Huawei est un autre constructeur susceptible de se lancer dans cette transition. Il ne faut pas exclure non plus d’autres constructeurs, comme LG et Xiaomi, présents sur le segment des smartphones haut de gamme, ni des marques chinoises comme OPPO, qui cherchent à s'étendre à l’international."

Apple était attendu depuis deux-trois ans sur ce terrain. Pourquoi a-t-il décidé de prendre les devants aujourd'hui? Antony Stoss lui prête des velléités d'entrée dans les services télécoms. "Il pourrait utiliser l'eSIM comme cheval de Troie pour lancer son propre service d'opérateur mobile virtuel, de quoi lui donner un accès direct aux utilisateurs de ses iPhones pour leur fournir ses services de musique et autre contenu", pressent-il. C'est ce que craignent les opérateurs mobiles qui tendaient à freiner l'avènement de l'eSIM.

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1 commentaire

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15/09/2018 - 13h55 -

En quoi est ce une surprise sachant que le principal designer de SIM (ARM) a annoncé son esim en début d'année (https://www.androidpolice.com/2018/02/21/arm-announces-isim-technology-embedded-devices/). Et je doute que les fondeurs de sim "classique" que vous citez puissent en tirer parti. Je pense qu'au contraire cela contribuera à accélérer leur déclin avec la stagnation du marché de la CB (et sa mort annoncée) aux EU principal marché à développer (se référer au stock d'invendu de Gemalto) et la RPC leur étant fermé. Il parait évident qu'un Samsung, Apple, Google ou Huawei chercheront à se passer de ces acteurs qui deviennent non stratégiques pour eux. Mauvaise nouvelle pour Idemia et Gemalto je dirais.
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20/09/2018 - 09h04 -

bonjour Christophe, le basculement vers l'e-sim me semble au contraire être une opportunité pour gemalto puisque l'e-sim ferait passer le metier de fabricant hardware à faible valeur ajoutée vers du service. La sécurisation des données à distance implique de la techno autrement plus pointue que celle incorporée dans une sim classique me semble t-il, générant de fait une barrière technologique à l'entrée bien plus élevée. Je crains par contre pour l'avenir des opérateur telecom, devenant des fournisseurs lambda, de simples tuyaux à péage.
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03/10/2018 - 16h27 -

Mauvaise nouvelle pour l'emploi je dirai plutôt: les usines qui fabriquent le cartes SIM vont pouvoir fermer. Et franchement on ne reconvertit un industriel en prestataire de services. Le meilleur exemple est le déclin d'un IBM ou d'un HP. Non franchement je vous le dis comme je le pense Gemalto ou Idemia ne sont pas des sociétés qui ont la "vista" et je crains qu'elles ne soient condamnées sur ce marché la en particulier car les ARM, QUALCOMM et autres n'ont absolument pas besoin d'eux: l'eSIM (contenant le Secure Element) étant "embedded" cad dans la puce.....alors expliquez moi ou est la valeur ajoutée d'un Gemalto entre le pocesseur du smartphone (end user), le provider de service comme Apple et l'opérateur?????? Franchement je ne vois pas. On parle de service d'identification/ authentification:chiffrement etc.... un Apple ou un Google savent très bien faire seul. je pense que le pédégé de Gemalto se f...le doigt dans l'oeil jusqu'au poignet lol.
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