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Les non-grévistes contestent la grève illimitée décrétée par la CGT à la raffinerie Total de Donges

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Après une semaine de grève, la CGT prolonge sine die l'arrêt du site Total de Donges (Loire-Atlantique). Le syndicat semble déterminé à tenir "jusqu'au retrait de la loi travail".

Les non-grévistes contestent la grève illimitée décrétée par la CGT à la raffinerie Total de Donges
Raffinerie de Donges.
© Jean-Louis Salque - L'Usine nouvelle

La CGT durcit le ton à la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique), en grève depuis le vendredi 20 mai et à l'arrêt complet depuis le 26 mai. Il faut en effet plusieurs jours pour interrompre l'activité de ce site, deuxième unité française de de raffinage, alimentant l'essentiel de la façade Atlantique. Ce vendredi 27 mai, le syndicat a appelé à la poursuite du mouvement sine die, "jusqu'au retrait de la loi travail".

Ce mouvement de grève illimité a été décrété à l'issu d'une assemblée générale d'une heure sur le site. "Les débats ont été longs, parfois houleux, mais je le répète, une majorité très nette de salariés grévistes se dégage", a affirmé Fabien Privé Saint-Lanne, secrétaire général CGT, estimant que 75% des salariés de la production se sont déclarés grévistes à l'entrée du site lors de leur prise de fonction le matin. Un autre son de cloche émane des salariés non syndiqués qui ont quitté l'assemblée générale, déplorant une décision "sans vote" de la CGT. Lors de la consultation précédente, 410 salariés sur 650 s'étaient exprimés, approuvant la grève à 55% contre 45 % des salariés qui s'y opposaient.

De son côté, la direction du site conteste la méthode de consultation des salariés. "Le mouvement social au sein de la plateforme n’est pas un mouvement majoritaire, dit-elle. C’est un mouvement minoritaire qui concerne, et depuis maintenant plusieurs jours, en moyenne 27% de l’effectif global de la plateforme", dit-elle. Selon la direction, environ 450 personnes étaient présentes lors de l'Assemblée générale. "L’organisation syndicale CGT a décidé de reconduire la grève pour une durée illimitée, sans consulter l’ensemble des participants à cette assemblée générale. Le droit de vote a été refusé par la CGT."

Investissements en question

Le 25 mai, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, avait laissé entendre qu'un blocage total ou partiel des raffineries allait conduire le groupe à "réviser sérieusement" les investissements qu'il avait prévus pour restructurer le secteur. A Donges, l'investissement prévu est fixé à 400 millions d'euros. Les travaux s’étaleront sur deux ans, de mi-2018 à mi-2020 visent à la construction de deux nouvelles unités, l’une de désulfuration pour fabriquer des carburants moins soufrés et conformes à l’évolution de la réglementation européenne, l’autre de production d’hydrogène nécessaire au fonctionnement de la précédente.

A la clé, une diminution attendue de 30% des émissions en SO2-dioxyde de soufre. "Ce projet doit nous permettre de maîtriser nos coûts futurs pour retrouver structurellement un bon niveau de performance économique, et ce même si le marché se dégrade", indiquait, il y a quelques mois, la direction du site. "Aujourd'hui, Total est devenu la boîte aux lettres du gouvernement", rétorque aujourd'hui Fabien Privé Saint-Lanne, dénonçant les "pressions exercées" par le groupe. En revanche, le dépôt de carburant de la SFDM (Société française Donges-Metz), voisin de la raffinerie de Donges et propriété du groupe Bolloré fait en revanche l'objet d'un blocage strict a été débloqué dans le calme, ce vendredi, par les forces de l'ordre.

Emmanuel Guimard

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