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Les nappes phréatiques sous perfusion

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La journée mondiale de l'eau, le 22 mars, est placée sous le signe de la raréfaction des ressources. Des techniques permettront de réalimenter les nappes phréatiques.

En février, le gouvernement a lancé une alerte à la sécheresse. « Pour compenser le manque d'eau, il faudra créer 200 kilomètres cubes de capacités de stockage dans le monde d'ici à 2025 », signale Yann Moreau-Le Golvan, le directeur adjoint du centre de compétences sur l'eau de Berlin (KWB). Une seule alternative : créer des réservoirs ou réinvestir les nappes phréatiques. Cette dernière solution est justement préconisée en France.

Le principe est de forcer la nature pour réalimenter artificiellement les nappes. Le plus simple est d'utiliser les eaux de rivières. Dans les Yvelines, par exemple, la moitié de la réalimentation de la nappe du Pecq-Croissy est artificielle. Chaque année, 20 millions de mètres cubes sont prélevés dans la Seine pour l'alimenter. Elle produit 160 000 mètres cubes d'eau par jour.

Pour rendre à la nappe une eau de qualité, une série de prétraitements est nécessaire. Premières étapes : le dégrillage et le tamisage. Les corps flottants, les gros déchets sont retenus, puis les fines particules et les algues supérieures à 1 mm. Les micropolluants sont ensuite piégés par des charbons actifs. L'eau est envoyée vers des bassins d'infiltration. Des niveaux de cascade permettent l'oxygénation et font disparaître les composés organiques volatils. L'eau peut alors commencer sa descente progressive vers la nappe.

Cette filtration lente fait alors disparaître les matières en suspension et précipiter certains métaux. « Lorsque la vitesse d'infiltration est contrôlée, le sous-sol devient un filtre fantas-tique pour affiner la qualité des eaux », explique Jean-Jacques Grandguillaume, expert hydrogéologue chez Suez Environnement. La porosité du milieu géologique puis les réactions biologiques et physicochimiques dans l'aquifère, débarrassent les eaux de métaux et de composés organiques. Nitrates, ammonium et fer peuvent aussi être éliminés. « Il est alors possible de s'affranchir de la clarification, de la filtration, des traitements gourmands en produits chimiques et donc onéreux », souligne Boris David, hydrogéologue chez Veolia Eau.

dIFFérentes technologies suivant la qualité des eaux

Berlin alimente ainsi 3,4 millions d'habitants par filtration sur berge et en rechargeant son aquifère. « Désormais, quand on met en place cette technique, on se pose beaucoup plus de questions qu'avant sur la qualité des eaux », poursuit Boris David. Et donc sur les traitements préliminaires à mettre en place.

De son côté, la réalimentation des aquifères profonds est plus technique. Là, il s'agit d'injecter en profondeur les surplus d'eau de pluie pour les restituer à la saison sèche. Une technique privilégiée pour les nappes côtières, « car l'injection d'eau douce permet de combattre l'intrusion des eaux de mer dans les nappes d'eau douce », signale Yann Moreau-Le Golvan. L'injection dans des nappes d'eau saumâtre permet de créer des bul- les d'eau douce et de la rendre exploitable, au moins pour l'irrigation.

De plus en plus, des eaux usées retraitées sont réintroduites dans les nappes. Il en est ainsi à West Basin, dans le comté de Los Angeles. L'eau récupérée sert à l'irrigation ou aux usages industriels. Une pratique pas encore utilisée dans la quinzaine de projets de réalimentation artificielle en France. .

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