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Les mutations du traitement de surface

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Les trois quarts des entreprises françaises de traitement de surface comptent moins de 20 personnes. Ce métier de proximité, très lié à l’industrie mécanique, doit s’adapter à un contexte industriel déprimé.

Les mutations du traitement de surface
Thermi-Lyon produit des pièces pesant de 1 gramme à 7 tonnes.
© Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir

330 entreprises

de traitement de surface réalisent un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros et emploient 6 700 salariés en Rhône-Alpes.

Traitement de surface des métaux (TDS) veut rester dans le bain. La génération aux commandes de l’entreprise familiale savoyarde créée 1922 a décidé d’investir dans une ligne automatique sur son site de Genas (Rhône). Elle a fait appel à Sleti, un concepteur de chaînes de traitements de surface électrolytiques et chimiques, implanté près de Lyon. Cette ligne mixte de multitraitement (cuivre, étain, nickel) représente un investissement de 1,8 million d’euros, conséquent au regard du chiffre d’affaires (4,5 millions) de la société. 

« Les tonneaux d’attache seront adaptés aux typologies et à l’ergonomie des pièces, explique Fleur Vacheron, la directrice commerciale de TDS. Les traitements seront déposables sur aciers, matériaux cuivreux et aluminium. Les dégraissages se feront par ultrasons. » Automatisée, la chaîne dont la capacité sera la plus importante de la région d’après TDS, permettra de contrôler la qualité tout au long du traitement. La traçabilité des flux et la gestion des bains seront simplifiées et améliorées.

Des marchés se ressaisissent

Avec cette installation opérationnelle en février 2015, TDS espère décrocher des marchés, hors de Rhône-Alpes, au-delà des traitements de proximité qui génèrent l’essentiel de son chiffre d’affaires. Et se renforcer dans un contexte industriel déprimé, qui met à mal les petites entreprises de traitement de surface de moins de 10 salariés, encore nombreuses dans la région. Parallèlement, TDS a mis en place, en août, un laveur pour traiter l’air de son usine de Genas et a modernisé sa station d’épuration qui rejette 150 m3 par jour et produit 120 tonnes de boues par an. Des investissements complémentaires de 800 000 euros.

TDS est représentative des entreprises françaises de traitement de surface. Les trois quarts d’entre elles comptent moins de 20 salariés. Elles sont quatre fois plus petites que les allemandes, qui représentent 5 % du chiffre d’affaires des industries mécaniques contre 2,5 % à 3 % en France. Un handicap amplifié par l’application « systématiquement plus sévère en France » des directives environnementales, qui renchérit les coûts d’exploitation de « 6 % à 15 % », selon Denis Théry, le délégué général de l’Union des industries des technologies de surface (UITS). 

Le traitement de surface reste un métier de proximité, très lié à l’industrie mécanique. « Il n’existe pas de traitement de surface sans industrie mécanique, et réciproquement », assène Denis Théry, dont le syndicat est membre de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Quand il n’est pas intégré à un process industriel ou au sein d’une entreprise mécanique, le traitement de surface demeure une activité de façonnier. Alors que les marchés de masse comme l’automobile se ressaisissent depuis quelques mois, les marchés spécialisés comme l’aéronautique, le spatial et le nucléaire restent des vecteurs de croissance, avec par exemple une progression de 5 % en volume dans l’aéronautique.

Cette évolution concerne aussi le traitement thermique, secteur plus concentré que le traitement de surface. Numéro deux en France derrière Bodycote, Thermi-Lyon a dû faire face à un effondrement des volumes depuis une décennie. « Sur certains métiers comme la forge, on a été très touché », souligne Florent Monier, le directeur général. Le groupe lyonnais a diversifié ses activités. L’automobile ne représente plus que 25 % à 30 % de son chiffre d’affaires, alors que l’aéronautique et le médical progressent. L’industriel a aussi spécialisé chacun de ses sites de production : ceux de la vallée de l’Arve sont tournés vers le décolletage et l’automobile, ses usines de Toulouse (Haute-Garonne) et Saint-Étienne (Loire) vers l’aéronautique, son unité de Martignat (Ain) est dédiée aux moules pour la plasturgie. « Le site de Lyon peut produire des pièces de 1 gramme à 6 ou 7 tonnes, des séries par milliers pour un équipementier automobile et une pièce unitaire, prototype, pour un nouveau procédé de dessalement d’eau de mer », note Florent Monier,

Des stratégies de recherche

Depuis 2011, Thermi-Lyon propose une offre axée sur de nouvelles technologies : nitruration des aciers inoxydables, dépôts sous vide, DLC (Diamond like carbon) avec un atelier de production intégré dans une salle blanche ISO7 isolée. L’entreprise, satisfaite des succès commerciaux obtenus, a créé une cellule de R & D. Elle s’appuie sur une équipe de 60 ingénieurs et techniciens et travaille sur des projets collaboratifs avec le Centre technique des industries mécaniques (Cetim). Le groupe lyonnais tire aussi parti de ses implantations à l’international, en Chine en partenariat avec Aubert et Duval, et en Roumanie depuis 2005. Fort de la qualité du travail effectué par les 25 salariés de Thermi-Metalurgica et de bonnes perspectives avec des constructeurs allemands, le groupe lyonnais a décidé de doubler la surface de son atelier roumain et d’investir dans des technologies liées à l’automobile.

« L’ingénierie des surfaces est une activité à fort potentiel d’innovation », relève Fabrice Prost, coprésident avec Philippe Maurin-Perrier de HEF. Elle se décline au sein du groupe ligérien suivant trois métiers : la recherche sous contrats, les transferts de technologie, le traitement à façon. Ce dernier représente 60 % des activités du groupe de 1 500 salariés qui se déploie dans 25 pays fortement industrialisés ou à bas coûts. « Ces trois dernières années, nous avons ouvert 20 implantations directement ou par des rachats, indique Fabrice Prost. Notamment au Vietnam, en Thaïlande, en Turquie, au Mexique, au Canada, aux États-Unis, au Brésil et en République tchèque. » Ce développement s’appuie sur une stratégie forte de recherche en ingénierie des surfaces et en tribologie, qui représente 10 % de son chiffre d’affaires de 150 millions d’euros. Cette stratégie suit plusieurs grandes thématiques : la diminution des frottements qui réduit les émissions de CO2 des moteurs thermiques, avec des technologies à très bas frottement (Certess DLC) réalisée par des dépôts sous vide en phase vapeur assistée plasma (PACVD) ; le remplacement de traitements de surface polluants (chrome dur, nickel…) par des technologies de substitution telles que les nitrocarburations post-oxydées (Arcor) pour de grandes séries automobiles ; les couches minces PVD sur des pièces de très grandes dimensions comme les cylindres pour l’industrie du papier ou de l’acier. HEF a aussi participé au développement du groupe motopompe du cœur artificiel Carmat. ??

Un contrat-cadre pilote

L’Union des industries des technologies de surface (UITS) a négocié pour le compte de 37 de ses adhérents un contrat-cadre avec un grand donneur d’ordres de l’aéronautique. Cette convention définit le cadre général des relations, l’organisation et les méthodes de travail entre l’industriel et ses fournisseurs. Chacun d’entre eux négociera les prix et les délais de production. « L’objectif est de mieux organiser la filière, d’améliorer les relations entre le donneur d’ordres et les entreprises de traitement de surface, explique Denis Théry, le délégué général de l’UITS, avec un contrat type qui s’applique y compris aux autres intervenants de la filière, notamment aux usineurs. » Dix-huit mois de négociation ont été nécessaires pour finaliser cette convention sous l’égide de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Un document inspiré d’un contrat signé en Allemagne dans l’automobile. Une première qui pourrait faire des émules et permettre de faire baisser la pression sur les sous-traitants.

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