Les mulets font leur retour dans les rangs des chasseurs alpins français

L’armée française cherche des solutions pour alléger ses soldats. Dans les montagnes, les mulets représentent un avantage stratégique.

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Les mulets font leur retour dans les rangs des chasseurs alpins français
La profondeur de champ peut prêter à confusion sur cette photo : non, cette mule n’est pas héliportée.

Cela s’appelle la diplomatie de la carotte et du bâton. Après des décennies d’absence, le mulet réapparaît dans les rangs de l’armée de terre française. Loin d’être une simple mascotte, l’animal têtu se distingue par son endurance et sa force. Des capacités qui intéressent le 7e bataillon de chasseurs alpins.

Les mulets dans l’armée, une longue histoire

Certes, nous vous parlons plus du système de combat aérien du futur ou de la militarisation de l’espace. À côté de ces programmes futuristes, l’armée française grouille d’animaux et de métiers méconnus : colombier, maréchal-ferrant ou maître chien. La grande muette a d’ailleurs développé de nouveaux outils pour parachuter ses canidés sur les terrains d’action.

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Depuis 1975, les mulets avaient disparu des régiments malgré une glorieuse histoire. “Transportant à l’époque ses canons à dos de mulet, le 93e régiment d'artillerie de montagne se distingue particulièrement en 1944 où il participe victorieusement aux combats les plus hauts d’Europe au col du Midi, à 3593 mètres d’altitude”, retrace sur son site l’armée de terre. Jusqu’en 2014, il restait bien Bistouille pour servir d’animal totem au 110 régiment d’infanterie. Mais depuis la dissolution de ce corps, plus rien.

(Autrefois, les mulets servaient au transport logistique et à l’évacuation de blessés sur les terrains difficiles. Crédit : Courant Adrien / Armée de terre / 7e BCA / Défense)

Une complémentarité entre rusticité et modernité

Basé à Varces (Isère), le 7e bataillon de chasseurs alpins (BCA) a surpris le secteur de la défense avec une photographie : celle d’une mule harnachée pour transporter un mortier. “En complément des équipements modernes, le 7e bca se réapproprie l'utilisation des mules pour accroître la capacité de mobilité et d'action de nos chasseurs alpins”, a expliqué le régiment qui a pour devise “de fer et d’acier”.

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Les détracteurs raillent une solution archaïque. “À travers ces démonstrations, le bataillon de fer et d’acier illustre l’habile complémentarité ‘rusticité/modernité’ ”, soulignent quant à eux les soldats de montagne. Le site spécialisé Force Opérations détaille aussi les capacités impressionnantes des mules : elles peuvent transporter 120 kilos de matériel, soit le triple du paquetage maximal d’un soldat. Lors d’un test d’une dizaine de jours durant l’été 2020, les mules ont effectué des parcours quotidiens de 8 à 10 kilomètres en gravissant 800 à 1 000 mètres de dénivelé chaque jour. Selon Force Opérations, le régiment s’apprête à intégrer un muletier professionnel en tant que réserviste pour renouveler ces expériences.

Simon Chodorge
Simon Chodorge

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