Les miroirs de télescopes, un secteur de niche pour les industriels français

Pour trois soirs, à compter du 5 août au soir, se déroule la 21ème édition des Nuits des étoiles dans 300 sites en France. Une manifestation qui attire chaque année, si le temps le permet, plus de 100 000 amateurs d’astronomie désireux d’observer l’univers. Pour l’occasion, L’Usine Nouvelle revient avec Ivan Testart, directeur des opérations au syndicat professionnel optique photonique (AFOP) sur l’industrie du télescope.

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Les miroirs de télescopes, un secteur de niche pour les industriels français

L'Usine Nouvelle - Quelle est la place de la France dans le marché des télescopes professionnels ?

Yvan Testart - La construction d’un télescope professionnel est gérée par des consortiums internationaux qui rassemblent des agences, des industriels et des experts du monde entier. Ce sont des très gros modèles de télescopes, appelés VLT. La France y apporte son expertise dans le domaine des miroirs pour les télescopes terrestres comme spatiaux. Une spécialité qui provient de la précision de nos entreprises dans le domaine de l’optique et la photonique. C’est un domaine sur lequel il faut être à la pointe de la technologie.

Pourquoi la France est-elle si bien placée dans la production de miroirs ?

Parce que les moyens de R&D sont importants dans l’optique. 15% du budget de l’industrie optique et photonique est dédié à l’innovation. Contrairement à la Chine par exemple qui produit beaucoup mais qui ne mise pas sur l’innovation. En France, on produit peu de pièces, mais avec une très haute qualité et une grande précision. C’est quelque chose qui est dans notre culture.

Quels industriels français sont impliqués dans cette spécialité ?

Les trois principaux sont des filiales de grands groupes industriels français. Par exemple, Seso, branche de Thales, est spécialisée dans la conception de miroirs pour les télescopes spatiaux. Il y a aussi Reosc, filiale de Sagem, qui détient le haut du classement du secteur. Cilas appartient pour sa part au groupe EADS.

Quel chiffre d’affaires cette activité représente-t-elle ?

Les entreprises françaises faisant partie de consortiums internationaux, il est difficile de chiffrer ce que la fabrication de miroirs représente dans l’activité industrielle. En plus, toutes ces entreprises ont aussi d’autres activités, car la fabrication de miroirs pour télescopes est un marché de niche. Malgré tout, cette activité, fleuron de l’industrie française, atteint plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Y a-t-il des projets internationaux de construction de télescopes en cours ?

Oui. Par exemple, le "E-ELT". C’est un télescope possédant une base composée d’un maillage de miroirs. Son seul diamètre mesurera 40 mètres. C’est du jamais vu. Ce projet est une bonne nouvelle pour les entreprises françaises qui vont recevoir les premières commandes bientôt. Il sera installé au Chili, qui est l’un des pays comptant le plus de télescopes.

Pourquoi ?

Avec Hawai, ce sont des pays où l’atmosphère est la plus favorable pour les mesures et études. En effet, on recherche avant tout à être haut en altitude et à avoir un air sec pour diminuer les perturbations dans l’atmosphère.

La France possède-t-elle des télescopes professionnels ?

Il y en a deux principaux : l’observatoire de Haute-Provence et celui du Pic du Midi dans les Pyrénées qui est ouvert au public. Dans les deux, il y a encore un peu de recherche. Mais pour comparer avec le "E-ELT", le diamètre de leur miroir est de 2 mètres.

Les entreprises françaises présentes dans le secteur se portent-elles bien ?

Avec des projets comme le "E-ELT", plutôt bien. Mais, il dépend beaucoup des avancées scientifiques et de besoins. Un télescope comme le "E-ELT" demande environ 15 à 20 ans de la réflexion à la fin de la construction. Mais une fois bâti, il n’y en aura pas besoin d’un autre avant 30 ans. Tout dépend donc des besoins et des budgets des Etats désireux d’avancer dans l’exploration spatiale.

Qui utilise les télescopes professionnels et pour quel usage ?

Essentiellement les astronomes. Ces instruments leur permettent d’observer l’autre bout de l’univers ou de la planète. Ils ont aussi servi à la découverte d’exo planètes.

Et qu’en est-il du marché des télescopes amateurs ?

Il n’existe pas de fabricant en France, sauf pour des amateurs initiés utilisant des appareils valant déjà environ 200 000 euros. Pour les produits plus grand public, on dénombre une dizaine de distributeurs. Au total, ce marché représente environ un chiffre d’affaires de 10 à 15 millions d’euros par an en France. On estime à 800 000 les amateurs d’astronomie en France, qui peuvent potentiellement acheter des produits allant des jumelles au petit télescope.

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