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Les ministres des Transports français et italien bloquent les premiers appels d’offre du tunnel Lyon-Turin

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Exclusif Tant que les Italiens n’auront pas pris leur décision, avec un gouvernement tiraillé entre les partisans et les opposants au projet, le chantier du tunnel Lyon-Turin ne pourra pas avancer. Or la publication des premiers appels d’offre n’aura pas lieu fin 2018 comme prévu, vous révèle L'Usine Nouvelle.

Les ministres des Transports français et italien bloquent les premiers appels d’offre du tunnel Lyon-Turin
Les travaux pour le futur du tunnel du Lyon-Turin suspendus à la décision italienne.
© TELT

Au lieu de mettre la charrue avant les bœufs, il faut attendre la décision politique sur l’avenir du projet avant de distribuer les premiers marchés de construction du tunnel du Lyon-Turin. Tel est le message que la France et l’Italie, les deux Etats actionnaires de Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT) - le promoteur public en charge de la réalisation puis de la gestion de la section transfrontalière de la future liaison Lyon-Turin - viennent d’envoyer aux dirigeants de cette société, pilote du projet.

La ministre des Transports Elisabeth Borne et son homologue italien Danillo Toninelli leur demandent que "la publication des premiers appels d’offre n’ait pas lieu avant la fin de l’année 2018", dans un courrier du 3 décembre. Il est adressé à Mario Virano, directeur général de TELT.

A leurs yeux, il est "nécessaire d’éviter (…) toute confusion sur l’interprétation du lancement de ces appels d’offre par rapport au déroulement en cours de l’évaluation". Le gouvernement de coalition Ligue - Mouvement 5 étoiles a lancé un audit complet du projet "dont la France a pris acte", à la dernière rentrée. "La situation sera réévaluée à la lumière des résultats de cette étude et des conclusions qui en seront tirées ", écrivent les deux signataires.

D’abord annoncé pour novembre, elle sera publiée dans "les meilleurs délais" promettent les deux Etats en restant flous. On comprend que TELT ne pourra pas publier ses appels d’offre avant cette étape.

Un chantier bientôt en stand-by

Les deux ministres répondaient à l’impatience exprimée par Hubert du Mesnil, le président de TELT et Mario Virano. "Le report au-delà de novembre pourrait remettre en cause les plannings de réalisation et de financement du projet, tel qu’ils ont été convenus par les Etats avec la Commission européenne", s’alarmaient les dirigeants de TELT dans un courrier du 29 novembre que l’Usine Nouvelle s’est également procuré.

Les deux hommes sont prêts à lancer la construction sans attendre l’étude. Le 3 octobre déjà, TELT avait alerté Rome et Paris sur le fait qu’il pouvait "reporter de quelques semaines la publication" de ces avis de marché mais pas plus.

Le projet du Lyon-Turin se trouve à un moment charnière. Il fonctionne toujours sous le régime de la phase études et reconnaissance qui tire à sa toute fin. Mais le démarrage des travaux par TELT suppose, conformément au traité franco-italien, que Rome et Paris qui paient 60 % de cette phase soient capables de garantir leur cofinancement sur la durée. Ce qui n’est pas le cas.

Pour autant, TELT pousse à la roue tout en cherchant à se couvrir. Il prévient ne "pas être en mesure de supporter seul la responsabilité et les charges conséquentes à ce retard", mais propose aux deux Etats "de lancer la procédure prévoyant une première phase d’appel à candidature". Celle-ci "pourrait durer six mois environ,[…] sans préjuger des orientations nouvelles", écrivaient Hubert du Mesnil et Mario Virano fin novembre.

Paris et Rome ont donc balayé cette proposition mais garantissent à TELT "si nécessaire l’établissement d’un nouveau calendrier, permettant le maintien de l’attribution des financements européens prévus".

Pour sa part, TELT se félicite officiellement sur Twitter ce 7 décembre qu'à ce jour, "15% de l’ouvrage, soit 25 km, ont été excavés en France et en Italie", vidéo à l'appui.

 

Marc Fressoz
 

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