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Les midterms mettent fin aux énergies propres d'Obama

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Parmi les grands chantiers restants de son mandat, le président américain souhaite remettre à plat la politique énergétique des États-Unis, en favorisant les énergies renouvelables. Mais avec un congrès républicain, cette ambition risque de ne jamais aboutir.

Les midterms mettent fin aux énergies propres d'Obama © REUTERS

La réforme de la politique énergétique promise par Barack Obama lors de son élection en 2008 est-elle enterrée ? Avec un  congrès républicain, et à moins que le Président américain ne réussisse un tour de force en matière de négociations, il semblerait bien que oui. « Les voix des progressistes qui menaient les débats sur l’énergie vont être considérablement affaiblies » explique Sarah Ladislaw, membre du Centre d’études stratégiques et internationales sur l’énergie et sur le programme de sécurité nationale.

La proposition de nouvelle législation énergétique est prévue pour 2011 et intervient sans doute tardivement dans la mandature du Président. Ce dernier a, en effet, buté sur de nombreux obstacles : une crise financière brutale, le besoin de régulation des marchés, une difficile réforme de la santé, une terrible marée noire dans le golfe du Mexique...

Concrètement, l’ambition de Barack Obama est de promouvoir l’émergence des énergies vertes et de l’efficacité énergétique. Selon lui, cela permettra de tonifier l’économie et de diminuer la dépendance du pays au pétrole. Durant la campagne des midterms, Barack Obama a continué à jouer la carte des énergies vertes : « Il n’y a peut-être pas d’industries avec un plus fort potentiel de création d’emplois que celles des énergies propres ». Il ajoute, ironique : « Nous pouvons retourner à l’époque de l’échec de la politique énergétique qui a profité aux compagnies pétrolières et a affaibli notre pays. » D’autre part, Obama veut créer l’équivalent d’une taxe carbone et diminuer les avantages fiscaux des compagnies pétrolières et gazières, estimés à 12 milliards de dollars par an.

Le premier pas de ce long chemin avait été franchi en mars 2009 avec l’adoption du plan de relance de 787 milliards de dollars. Sur cette somme, 20 milliards étaient consacrés aux énergies renouvelables et 11 milliards aux réseaux électriques. Par ailleurs, depuis deux ans, l’Etat fédéral avait dépensé 500 millions de dollars pour favoriser la formation dans les emplois verts.

La marée noire a noyé les énergies renouvelables

Les négociations pour mener à bien la grande réforme de 2011 étaient déjà engagées avec les républicains. Paradoxalement, c’est le plus grand désastre pétrolier de l’histoire des Etats-Unis, la marée noire dans le golfe du Mexique, qui y a mis fin. Lors des élections présidentielles, les républicains militaient pour abaisser la dépendance énergétique du pays en accroissant les forages pétroliers dans les eaux territoriales. Aussi Barack Obama avait-il envisagé des concessions sur les zones de forages accessibles pour faire passer ses propositions sur les énergies vertes et le climat... La marée noire a bien évidement rendu cet arrangement impossible.

Désormais, les deux partis majoritaires des Etats-Unis campent sur leurs positions. En premier lieu, les républicains se félicitent d’avance du fait qu’aucune loi sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne verra le jour. John Boehner, le désormais chef républicain de la chambre des représentants, annonce vouloir mettre fin aux « taxes qui tuent l’emploi ». Fred Upton, élu républicain du Michigan, lance : « Dans la prochaine décennie, nous aurons besoin de  30 à 40 % d’énergie supplémentaire. Si on augmente les taxes des électriciens, nous n’y arriverons jamais. » Comprendre que le gaz, le charbon et le pétrole seront favorisés. Des déclarations qui ont de quoi réjouir Stephen Comstock, responsable fiscal à l’American Petroleum Institute, l’organisme représentant les compagnies pétrolières et gazières : « Nous devons continuer à expliquer que nous ne devons pas être perçus comme une source de financement. » Plus direct, Kevin Brady, élu républicain du Texas, annonce la couleur : « Les réformes proposées par les démocrates sont mortes. »

Le nucléaire s’en sort

Les milliards de dollars promis aux énergies renouvelables par le plan de relance risquent donc de s’évanouir ou d’être redistribués aux secteurs énergétiques traditionnels. Mais le nucléaire, qui était également promu par Obama, devrait sortir son épingle du jeu. Nombre d’élus républicains souhaitent que l’atome soit considéré comme une énergie propre, à défaut d’être renouvelable. Une nouvelle qui permettrait au moins à nos champions français engagés outre-Atlantique, EDF et Areva, de conserver confiance en l’avenir.

Ludovic Dupin


 

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