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L'Usine de l'Energie

"Les mesures du gouvernement sur la pollution de l’air arrivent après coup et restent limitées", affirme Christophe Najdovski

Olivier Cognasse ,

Publié le

Entretien Christophe Najdovski, Adjoint à la Mairie de Paris, chargé de toutes les questions relatives aux transports, à la voirie, aux déplacements et à l'espace public (Groupe écologiste de Paris), a répondu aux questions de l’Usine Nouvelle à propos des mesures annoncées ce week-end par le gouvernement pour lutter contre la pollution dans les villes.

Les mesures du gouvernement sur la pollution de l’air arrivent après coup et restent limitées, affirme Christophe Najdovski

L’Usine Nouvelle - Que pensez-vous des mesures décidées samedi 10 décembre par le gouvernement après les pics de pollutions qui ont sévi depuis le 1er décembre ?

Christophe Najdovski - Elles vont dans le bon sens, mais elles arrivent après coup. Elles permettent d’étendre des mesures déjà existantes. Mais elles sont limitées. Après un pic de pollution historique, on pouvait espérer davantage sur la question du diesel et du chauffage au bois, principaux émetteurs de particules en hiver.

Que fallait-il proposer sur le chauffage au bois ? L’interdiction ?

Le gouvernement aurait été bien inspiré de lancer un plan national avec un fonds sur le chauffage au bois. Un plan d’envergure qui aide les particuliers à installer des inserts et utiliser des cheminées qui filtrent les particules. Je ne suis pas pour l’interdiction du chauffage au bois, mais il faut prendre des mesures pour imposer des restrictions lors des épisodes de pics de pollution.

Et le chauffage au fioul qui est encore très utilisé à Paris ?

La question du fioul domestique se pose. Il faut proposer des alternatives avec des aides financières, mais également travailler sur l’efficacité énergétique avec un grand plan d’isolation thermique.

L‘autre point noir est le transport et surtout le diesel. Etes-vous déçu par les annonces ?

On aurait aimé avoir un rééquilibrage plus rapide de la fiscalité du diesel par rapport aux autres types de véhicules avec un coup de pouce, notamment au GNV insuffisamment soutenu par l’Etat. Aujourd’hui, la question du financement révèle le manque à gagner lié à l’Ecotaxe qui devait servir à faire basculer le transport de marchandises, de la route vers le fer. Il manque le milliard d’euros que cette taxe aurait rapporté chaque année, surtout quand les finances publiques sont restreintes. Les pics de pollution nous rappellent qu’il y a urgence à sortir du diesel.

La Maire de Paris, Anne Hidalgo, a fixé comme objectif de sortir du diesel en 2020. N’est-ce pas un peu court ?

Il faut être volontariste et la mise en place des vignettes de couleur nous y aidera. Sur l’électrique, la Mairie met en place 90 bornes Belib’ avec trois entrées chacune. La solution passera aussi par le GNV et peut-être l’hydrogène dès 2020.

La circulation alternée a montré ses limites quand le civisme des automobilistes n’est pas au rendez-vous. L’application des vignettes Crit’Air à partir du 16 janvier ne risque-t-elle pas de rencontrer les mêmes soucis sans contrôles efficaces ?

Le contrôle est primordial si on veut que le système marche. Dans un premier temps, il sera visuel. A terme avec des caméras embarquées, on pourra lire les plaques d’immatriculation. Pour les véhicules non classés (véhicules immatriculés avant 1997) qui ne doivent plus circuler depuis juillet dernier, les sanctions seront appliquées à partir du 16 janvier. Pour les autres catégories nous laisserons seulement quelques semaines aux automobilistes pour se munir de leur vignette – elle ne coûte que 4,18 euros. Ensuite, nous verbaliserons. Tout le monde y trouvera un avantage. Les véhicules électriques pourront stationner gratuitement. Au 1er juillet les véhicules de la catégorie 5 (véhicules diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2001 : Ndlr) ne pourront à leur tour plus circuler.

La Présidente de la région, Valérie Pécresse, polémique régulièrement sur l’interdiction de circuler sur une partie des berges. Elle évoque une congestion responsable de davantage de pollution. Que lui répondez-vous ?

C’est totalement faux sur le fond. On a des études d’impact qui montrent que les effets de cette interdiction se limitent en termes de circulation à Paris intra-muros. Au bout de trois mois, nous sommes déjà au niveau de ce que nous avions prévu à six mois. Sur la forme, il s’agit de prérogatives de la Maire de Paris qui avait annoncé cette décision dans son programme lors de sa campagne électorale. Valérie Pécresse ferait mieux de s’occuper de la qualité des transports franciliens, de leur modernisation et de la rénovation du réseau.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

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