Les médicaments contrefaits de plus en plus nombreux

A l’occasion de la journée mondiale anti-contrefaçon ce jeudi 7 juin, l’Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle (Unifab) tire la sonnette d’alarme. La contrefaçon de comprimés et autres traitements médicaux concerne aujourd’hui 10 % du marché mondial, soit 75 millions d'euros.

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Les médicaments contrefaits de plus en plus nombreux

Selon la directive du Parlement et du Conseil Européens publiée en 2011, un médicament falsifié est un médicament qui comporte une altération de son identité. Et cela compte aussi pour son emballage ou son nom, des détails concernant sa source et sa fabrication, et son histoire.

Un faux médicament peut être, dans le meilleur des cas, un produit dans lequel on ne trouve aucune trace de principe actif. Son effet sera donc nul. Plus grave, les cas de mauvais dosages ou de présence de substance toxiques.

L’année 2010 semble avoir marqué un tournant pour les fabricants de faux médicaments. Leur capacité à créer des produits à l’échelle industrielle en est la cause principale. Mais ce qui inquiète le plus laboratoires et associations est la circulation grandissante de médicaments contrefaits censés soigner des pathologies graves, tel que le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Jusqu'à il y a quelques années, les faux médicaments en circulation n'étaient principalement que des produits dits "de confort". La tendance est désormais inversée.

Les failles de la juridiction

Les pays pauvres sont les premiers à payer les frais du trafic international. Le fléau ne sévit pas de la même façon suivant les zones géographiques. Dans de nombreux pays africains, certaines régions d’Asie, d’Amérique Latine et dans les pays en économie émergente, la proportion de médicaments contrefaits en circulation peut atteindre 20 à 30%. La pauvreté est l’un des principaux déterminants de la production et de la vente de produits falsifiés. Cela dit, l’Europe n’est pas épargnée, 1 à 3% des produits offerts à la vente sont faux.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Internet est en partie responsable de cette prolifération. Dans plus de 50% des cas, les médicaments achetés en ligne, et dont la provenance n’est pas claire, sont des contrefaçons. En France, la vente de médicaments sur Internet est interdite.

Marc Mossé, Secrétaire Général d’Unifab, en sait quelque chose : "L’arrivée des produits sur le marché se fait par deux canaux principaux, Internet et l’insertion dans la chaîne de distribution. Cela peut se passer de différentes manières, comme par la présence de faux grossistes", dit-il. Marc Mossé tient à préciser qu'"il ne faut pas oublier que dans ce trafic il y a trois types de victimes : les entreprises dont les produits sont contrefaits, les réseaux de consommation comme la pharmacie, vendeuse légale, face à Internet, et le consommateur, qui va jusqu’à risquer sa vie. Tout le monde paye dans le monde de la contrefaçon, citoyen, salarié et consommateur. L’industrialisation du trafic de faux médicaments ne fait qu’accroître la facture".

Comment marche le réseau

Grâce à la coopération et la mobilisation des acteurs de la santé publique et privée, de la politique et de la sécurité internationale, un constat s’impose : la présence de réseaux criminels organisés qui ont décidé de se lancer dans la production et la vente de médicaments contrefaits. Nous ne sommes plus simplement en présence d’un petit groupe de trafiquants qui tente le coup du médicament. "Il y a un lien probable entre les organisations criminelles qui ont déjà l’habitude de faire du trafic de drogues et ces nouveaux réseaux qui s’occupent des faux médicaments. Ce n’est pas vraiment étonnant vu que les sanctions pénales ne sont pas exceptionnelles et le trafic est très lucratif", explique le Docteur Caroline Atlani, directrice de la Coordination anti-contrefaçon de SANOFI. "Les petits ateliers ont évolué pour laisser la place à des usines équipées de matériel beaucoup plus sophistiqué", précise-t-elle. Pour limiter les cas de contrefaçon en France, des mesures ont été mises en place. Caroline Atlani nous rappelle que : "La loi veut que nous protégions nos produits de trois façons différentes : avec un système d’intégrité des boîtes, d’authentification grâce aux étiquettes de sécurité et le data matrix, un code barre à deux dimensions ".

Pas facile d'ailleurs de repérer le vrai du faux. Pour faire la lumière sur ces contrefaçons, le Leem, le syndicat des entreprises du médicament, propose sur son site un WebDoc, un documentaire interactif, qui fait le point sur le sujet. Trois thèmes y sont abordés : Comprendre la contrefaçon, reconnaître le faux médicament et combattre la contrefaçon.

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