Les marchés taraudés par le doute sur la croissance américaine

PARIS (Reuters) - Les marchés d'actions poursuivent leur repli mercredi un peu partout dans le monde, les investisseurs s'inquiétant pour la croissance économique des Etats-Unis dans un contexte d'austérité budgétaire accrue.

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Les marchés taraudés par le doute sur la croissance américaine

Les marchés ont été tentés un temps de rebondir à l'ouverture de Wall Street après un chiffre meilleur que prévu des créations d'emploi dans le secteur privé américain mais l'annonce d'un indice des directeurs d'achat dans le secteur des services à son plus bas niveau depuis février 2010, a incité les investisseurs à fuir de nouveau les marchés actions et à se reporter sur l'or et autres valeurs refuges.

L'indice MSCI actions monde accuse un recul de 1,3% dans l'après-midi en Europe pour tomber à son plus bas de l'année. Il est en baisse pour la sixième séance d'affilée.

Les Bourses européennes ont enregistré leur huitième séance consécutive de baisse, Paris clôturant sous 3.500 points. L'indice CAC 40 a fini en baisse de 2,08% à 3.449,45 points dans un volume d'échange de 5,3 milliards d'euros, soit près du double de la moyenne des trois derniers mois.

A Wall Street, les trois grands indices, Dow Jones, Standard & Poor's 500 et Nasdaq Composite qui avaient très nettement reculé mercredi soir, hésitent, reflet de la nervosité des investisseurs. Le S&P, référence des gérants de fonds, est, depuis mardi, perdant depuis le début de l'année après être tombé sous sa moyenne mobile à 200 jours.

L'ÉTAT US SE DIT INDIFFÉRENT AUX AGENCES DE NOTATION

"C'est toujours la déception (...). J'ai du mal désormais à me souvenir du dernier indicateur positif", commente Uri Landesman, président de Platinum Partners à New York.

Il rappelle que la belle hausse de l'an dernier était propice à des prises de bénéfice que les dernières données économiques en demi-teinte n'ont pas manqué de déclencher.

Les Etats-Unis ont certes évité un défaut de paiement mardi en faisant voter au dernier moment une loi permettant de relever la capacité d'endettement de l'Etat fédéral, mais les agences de notation n'ont pas semblé convaincues de la solidité des finances publiques.

Fitch et Moody's ont confirmé la note triple A du pays mais Moody's l'a assortie d'une perspective négative.

Standard & Poor's n'a pas encore réagi mais, selon un de ses responsables, les marchés ont déjà intégré un éventuel déclassement de la note souveraine américaine.

L'Etat américain a fait savoir qu'il continuerait à emprunter sans tenir compte de ce que pourraient dire les agences. Il prévoit d'émettre 72 milliards de dollars de dette pour la semaine prochaine.

La nervosité concernant l'économie américaine - le ralentissement en cours va-t-il se transformer en une nouvelle récession ? - se double des inquiétudes concernant la santé des finances publiques de plusieurs Etats de la zone euro, malgré le deuxième plan d'aide à la Grèce adopté en juillet.

BRUXELLES SOUTIENT L'ITALIE ET L'ESPAGNE

La Commission européenne a apporté mercredi son soutien à l'Italie et l'Espagne face à la pression des marchés obligataires - le rendement de leurs obligations à dix ans est supérieur à 6% - tout en admettant que les investisseurs doutaient de la capacité de la zone euro à surmonter la crise de la dette.

Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi s'est senti obligé d'intervenir au parlement pour défendre l'économie italienne.

En Espagne, le président du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero devait présider une réunion de crise dans l'après-midi.

La morosité des marchés est mondiale. Au Brésil, l'indice Bovespa reculait de 2,65%, tandis que les valeurs mexicaines abandonnaient 1,3%.

Dans ce contexte, l'or continue de jouer son rôle de valeur refuge. Comme mardi, il a touché un nouveau record, cette fois à 1.672,65 dollars l'once pour le cours spot. Les contrats à terme sur l'or cotaient aux Etats-Unis 1.672,40 dollars l'once.

Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur les réserves des banques centrales, la Thaïlande, la Russie et le Kazakhstan, entre autres, ont accru leurs avoirs en or.

"Les rendements italiens et espagnols sont à nouveau au-dessus de 6%, aussi cette crise, malheureusement, semble se propager à l'Italie et à l'Espagne, ce qui est potentiellement plus grave que pour la Grèce, parce que ces deux pays sont beaucoup plus grands. L'or réagit à cela", commente Jesper Dannesboe, à la Société générale.

Les emprunts allemands et le papier court américain subissent néanmoins des prises de bénéfices. Mais les Treasuries de long terme, à dix ans et 30 ans sont recherchées, malgré la menace de déclassement qui pèse sur la note des Etats-Unis.

L'emprunt US à 30 ans a un moment gagné deux points, les investisseurs acceptant un rendement abaissé à 3,80%, contre 3,91% mardi soir.

Les marchés ont également été pris à contrepied par la décision de la banque centrale suisse d'abaisser ses taux d'intérêt dans le but de contrer l'appréciation du franc.

La banque centrale a rétréci la marge de fluctuation du Libor pour les dépôts à trois mois en francs à 0%-0,25% contre 0%-0,75% précédemment.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Nicolas Delame

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