Les marchés plient face au risque de contagion du cas grec

Publié le

par Renee Maltezou et Dave Graham

BRUXELLES/LONDRES/BERLIN (Reuters) - Les responsables politiques européens ont tenté mercredi de prévenir une contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro, allant jusqu'à menacer de prendre des mesures contre la spéculation, sans toutefois parvenir à enrayer la baisse des Bourses et de l'euro.

La monnaie unique européenne est tombée à son plus bas niveau depuis plus d'un an face au dollar, à 1,2805 dollar selon les données Reuters.

Parallèlement, les Bourses européennes ont terminé en baisse, même si leurs reculs sont sans comparaison avec les chutes subies mardi.

La Bourse de Paris a abandonné 1,44% après un repli de 3,64% la veille. Ailleurs en Europe, Londres a perdu 1,28%, Francfort 0,81%, Lisbonne a reculé de 1,52%, Madrid 2,27%. La Bourse d'Athènes a cédé 3,91%.

Alors que la crise grecque est encore loin d'être résolue, l'Espagne et le Portugal sont désormais dans la ligne de mire des investisseurs et le coût de leurs emprunts suit désormais une courbe ascensionnelle, qui pourrait compromettre à terme leur capacité à financer leurs dépenses publiques.

A Athènes, les manifestations d'opposants aux mesures d'austérité imposées à la Grèce ont fait trois victimes, décédées dans l'incendie volontaire d'une banque.

LA NOTE PORTUGAISE MENACÉE

Le comportement des marchés a été vivement mis en cause par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a promis que de nouvelles mesures coercitives seraient mises en oeuvre s'ils continuaient à se comporter de manière irresponsable.

"La Commission fera tout ce qui sera nécessaire pour s'assurer que les marchés financiers ne sont pas un terrain de jeu pour la spéculation", a déclaré le président de la Commission européenne lors d'une intervention devant le Parlement européen.

"Nous agirons rapidement si une régulation supplémentaire est nécessaire", a-t-il encore dit, tout en indiquant que les règles budgétaires de l'UE devaient être durcies.

A Berlin, la chancelière Angela Merkel a estimé que l'avenir de l'Europe était en jeu, ajoutant que d'autre pays pourraient connaître le sort de la Grèce si celle-ci ne parvenait pas à sortir de ses difficultés malgré le plan de l'Union européenne et du FMI.

De son côté, le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a estimé dans un entretien publié par Le Parisien/Aujourd'hui en France que le risque de contagion était toujours présent. Mais "il n'y a pas de risque réel pour la France, ni pour l'Allemagne ou les grands pays européens", a-t-il précisé.

Les prises de positions des responsables européens ne suffisent cependant pas à stopper l'hémorragie, d'autant que plusieurs d'entre eux ont clairement évoqué le risque de la contagion.

De son côté, Moody's a jugé mercredi probable une baisse de la note qu'elle accorde à la dette du Portugal.

"Nous avons envoyé un signal disant que c'est possible et, je dois le dire, statistiquement, il y a une très forte probabilité que, si nous l'avons placée sous revue en vue d'une dégradation, nous allions jusqu'à la dégradation", a expliqué à Reuters Anthony Thomas vice-président de la division "Risque souverain" de Moody's. Moody's note pour l'instant le Portugal Aa2.

Le coût, sur les marchés financiers, d'une garantie contre un risque de défaut du Portugal et de l'Espagne sur leur dette souveraine ont quant à lui inscrit de nouveaux records.

Avec Lefteris Papadimas à Athènes, Jan Strupczewski et Julien Toyer à Bruxelles et Carolyn Cohn à Londres, Gwénaelle Barzic et Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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