Les marchés entrent dans l'ère de l'e.commerce

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Dossier Pour les auteurs du " Cyclope ", les prix des matières premières non agricoles devraient rester soutenus en 2000. Mais le fait marquant reste l'irruption du commerce électronique.

Les marchés entrent dans l'ère de l'e.commerce

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Au cours d'une année 1999 marquée par la sortie de crise de nombreuses économies émergentes, mais aussi par le fiasco de Seattle, les marchés mondiaux des matières premières ont été caractérisés par " un vent de reprise sélective ". Telle est l'analyse des auteurs du " Cyclope " (1), dont la dernière livraison annuelle est désormais disponible. Une reprise sensible sur de nombreux produits, surtout industriels. " Le clivage est assez simple, lance Philippe Chalmin, directeur du Cyclope, avec, d'un côté, à la hausse, l'énergie, les métaux et les produits industriels, et, de l'autre, à la baisse, l'agriculture, qu'elle soit tempérée ou tropicale. Pour les auteurs de cet ouvrage, devenu au fil des ans la bible annuelle des " commodités " au sens large, incluant des produits industriels comme l'acier ou les semi-conducteurs, le changement majeur est pourtant ailleurs. Au-delà de ces retournements assez habituels, la période actuelle est surtout marquée par l'intrusion de l'e-commerce dans le monde des matières premières. Un univers dans lequel se plongent désormais avec avidité les opérateurs du marché, qu'ils soient producteurs, acheteurs ou intermédiaires. Transparence accrue, réduction des marges " La naissance dans tous les domaines d'activité de systèmes de transaction électronique est une véritable révolution ", n'hésite pas à affirmer Philippe Chalmin. En attendant que les miracles annoncés se réalisent pour le commerce grand public, les modes de fonctionnement de nombreuses grandes matières premières ou des produits de première transformation, comme la pâte à papier, l'acier ou les plastiques, sont déjà impactés par la nouvelle économie. La véritable rupture, c'est naturellement " l'existence de sites de commerce neutres où se rencontrent l'offre et la demande, et où se forment des prix, notamment pour des produits pour lesquels n'existait pas jusque-là de marché à terme " (voir notre article sur le commerce électronique dans la chimie page 42). Corollaires de ces changements : transparence accrue, réduction des marges des intermédiaires, amortissement des chocs. Pour le " Cyclope ", le " meilleur " reste à venir : si, pour l'instant, les sites d'e-commerce assurent des transactions spots, il est probable qu'ils proposeront assez rapidement des opérations à terme, entrant ainsi en choc frontal avec les Bourses de commerce traditionnelles. La demande tire les marchés A l'autre extrémité de la chaîne, tous les grands acteurs mettent désormais sur pied des plates-formes d'achats. Dernier exemple en date, celle de l'industrie minière, créée il y a quelques jours par quatorze groupes du secteur, dont Alcan, Codelco, de Beers... En attendant, et pour ce qui concerne directement la santé des marchés, " sauf catastrophe économique majeure - et celle-ci est bien peu probable pour 2000 -, la dynamique de la demande en Amérique du Nord, en Europe et, surtout, en Asie va continuer à tirer les grandes commodités industrielles ", notent les auteurs du " Cyclope ". D'autant que le mouvement de fusion des grands industriels, qui n'a fait que s'accélérer, pourrait bien avoir des conséquences sur les marchés. Il conduit aujourd'hui certains groupes, compte tenu de leur caractère réellement mondial, à pouvoir peser directement sur l'offre, et donc sur la situation de prix. Une analyse que certains n'hésitent pas à faire dès à présent pour des secteurs comme le papier ou l'aluminium, où les grandes fusions de ces derniers mois devraient se traduire par le gel ou la fermeture de capacités. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, compte tenu du bon niveau d'activité, mais cela pourrait l'être désormais, au moment opportun. Vers un baril à 15 dollars ? Dans ce contexte, pour la seconde moitié de 2000, l'une des seules véritables inconnues reste celle de l'évolution du prix du pétrole. Après avoir surpris tous les analystes par la vigueur de sa reprise (il a culminé à plus de 32 dollars le baril au début de cette année), puis montré des signes de faiblesse, le pétrole retrouve actuellement des sommets après la réunion de l'Opep à la fin mars à Vienne, où les producteurs s'étaient résolus à - modestement - resserrer les vannes. Néanmoins, Philippe Chalmin estime que la discipline va se lézarder..., et il parie sur un baril revenu à 15 dollars avant la fin de l'année ! Quant au dossier des négociations commerciales internationales, sa réouverture reste plus que jamais hypothétique après l'échec de Seattle. Un échec nourri de l'impréparation du sommet, de la mauvaise volonté américaine, et de l'absence de consensus minimal des parties. Pour l'avenir, compte tenu du calendrier américain, (élections présidentielles), il ne peut rien se passer de sérieux avant deux ans. De toute façon, pour Philippe Chalmin, la seule véritable échéance, pour une reprise des négociations, c'est l'expiration en 2003 de la " clause de paix " agricole entre l'Europe et les Etats-Unis. (1) Rapport " Cyclope ", Les Marchés mondiaux, édition 2000. Editions Economica. 596 pages, 500 francs.

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