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L'Usine Matières premières

Les leçons de l’arraisonnement de la cargaison de phosphates sahraouis pour les industries marocaine et européenne

Guillaume Pitron , , , ,

Publié le

L’Office chérifien des phosphates a récupéré sa cargaison de phosphates extraits au Sahara occidental, restée bloquée durant un an sur son navire le Cherry Blossom, arraisonné en Afrique du Sud. Mais la victoire n’est pas totale pour la minière marocaine, qui va désormais avoir plus de mal à vendre sa production sahraouie.

Les leçons de l’arraisonnement de la cargaison de phosphates sahraouis pour les industries marocaine et européenne
Usine marocaine de phosphates de l'OCP près de Laâyoune, dans le Sahara occidental.
© DR

Cela faisait un an que le Cherry Blossom, un cargo transportant 55 000 tonnes de phosphates en provenance du Sahara occidental, avait suspendu sa route. Parti de Laâyoune, le bâtiment devait rejoindre la Nouvelle Zélande, qui importe 20% des phosphates sahraouis. Mais il a été arraisonné, en mai 2017, à Port Elisabeth (Afrique du Sud), à la suite d’une plainte portée devant la justice sud-africaine par les indépendantistes du Front Polisario. Ces derniers contestaient rien moins que la légalité du chargement.

A les entendre, le commerce d’une ressource extraite d’un territoire sous occupation est contraire au droit international. Selon eux, le Sahara occidental est illégalement occupé par le Maroc. Or les moyens diplomatiques déployés par les indépendantistes sahraouis ont échoué jusqu’ici à faire pression sur le royaume chérifien. Une trentaine d’Etats seulement reconnaissent la République arabe sahraouie démocratique (RASD), en majorité des Etats africains ou d’anciens pays communistes ou non-alignés. Pour forcer le Maroc à s’asseoir à la table des négociations, les indépendantistes ont donc décidé de frapper au portefeuille, en empêchant le commerce de ressources produites au Sahara occidental – à commencer par celles exploitées par l’Office chérifien des phosphates (OCP).

L’Europe mal à l’aise

L’arraisonnement du cargo en Afrique a consacré le succès de cette stratégie. Pour l’Europe, qui est fortement dépendante des approvisionnements de phosphates marocains (avec 28% des importations de l'Union européenne, le Maroc est notre premier fournisseur), la décision sud-africaine est potentiellement lourde d’enjeux. Tous les groupes du continent négociant de tels minerais avec Rabah risquent de s’exposer à des conséquences similaires. Rappelons que depuis 2017, les phosphates figurent sur la liste des 27 matières premières "critiques" de l’Union européenne...

Pour trancher sur le risque de sanction, encore eût-il fallu que la cargaison litigieuse trouvât preneur ! Les acheteurs potentiels, qui craignaient une action judiciaire de l’Office chérifien des phosphates (OCP) à leur encontre, se sont abstenus de faire une offre lors de la vente aux enchères ordonnée par un juge sud-africain. Finalement, le Cherry Blossom a pu quitter Port Elizabeth il y a quelques jours.

Un risque juridique et d’image sur les phosphates du Sahara occidental

Depuis, l’OCP et les importateurs européens affichent leur soulagement. Mais c’est probablement aller un peu vite en besogne… La décision sud-africaine fera-t-elle jurisprudence ? Et, plus concrètement, qui prendra dorénavant le risque d’acheter des phosphates sahraouis ? Faudra-t-il éviter les eaux territoriales des Etats reconnaissant la RASD ? Les groupes néo-zélandais Ballance Agri-Nutrients et Ravensdown, à qui la cargaison du Cherry Blossom était originellement destinée, ont fait savoir qu’ils n’étaient plus intéressés. Dans un courriel, la communication de Ravensdown nous affirme que "personne n’a acheté cette cargaison et, apparemment, c’est l’OCP qui a racheté les phosphates qui provenaient de sa propre mine, pour un dollar !" Aux dernières nouvelles, le cargo faisait route vers l’île Maurice, sans que l’on sache bien quelle serait sa destination finale… Quant au groupe OCP, il n’a pas réagi à notre sollicitation d’entretien.

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