Les leçons de l’allemande Salzgitter, la plus grande usine d’Alstom

L’usine d’Alstom de Salzgitter, en Allemagne, est le plus grand site mondial du groupe. Surtout, face aux 12 sites français spécialisés par type de matériel, elle affiche fièrement sa polyvalence, qui lui permet d’être pratiquement le seul site de production d’Alstom outre-Rhin. De quoi mettre en perspective le projet de fermeture de Belfort.

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Les leçons de l’allemande Salzgitter, la plus grande usine d’Alstom
L'usine Alstom de Salzgitter a produit 204 trains et environ 1000 bogies en 2015

Henri Poupart-Lafarge pensait-il à Salzgitter ? Auditionné devant la commission économique de l’Assemblée nationale, mardi 27 septembre, le PDG d’Alstom a notamment été questionné sur la stratégie de son groupe de spécialisation de ses sites français. Logique : si Belfort fabriquait autre chose que des motrices de TGV et des locomotives, le site ne serait pas autant en difficulté faute de commandes dans ces deux segments. "Cette spécialisation est aussi liée au fait que nous avons 12 sites en France. Il est plus facile de tout fabriquer sur un site quand on a un seul site, comme Bombardier", s’est-il justifié, prenant l’exemple du constructeur canadien, qui n’a en France qu’une seule usine, de grande taille, à Crespin (Nord).

Le dirigeant aurait pu citer son propre groupe. Et plus précisément son site allemand de Salzgitter, en Basse-Saxe. Cette usine est tout simplement la plus grande usine du groupe, et pratiquement son seul site de fabrication en Allemagne. Acquis à la fin des années 1990, Salzgitter compte plus de 2500 salariés (sur un effectif de 3000 personnes en Allemagne) qui y fabriquent divers trains régionaux, des métros et des bogies. A haute cadence : 200 trains et 1000 bogies ont été construits en 2015. Sans compter la maintenance : 3500 à 4000 wagons de fret y sont entretenus et/ou remis en état chaque année.

"Fabriquer un TGV et un tramway sur la même ligne de production"

Pendant qu’il fait visiter son usine à un groupe de journalistes emmenés par Alstom, le 21 septembre, en marge du salon berlinois Innotrans, son directeur industriel, Burkhard Reuter, ne cache pas son obsession : augmenter la productivité et la flexibilité de son usine. Son leitmotiv, outre l’inévitable industrie 4.0, c’est la polyvalence des lignes de production. Jusqu’où peut aller cette polyvalence ? "Il n’y a pas de limite. […] On pourrait aller jusqu’à fabriquer un TGV autant qu’un tramway sur la même ligne !", s’exclame-t-il à la fin de la visite.

"C’est avant tout une question d’Etat d’esprit", avance le directeur. Un peu plus tôt, il expliquait comment, en 2015, les lignes d’aménagement intérieur (l’équipement des caisses des voitures) avaient été rendues polyvalentes par rapport aux trois différents modèles de trains régionaux fabriqués sur le site. "Cela nous a permis d’atteindre une cadence de production d’un train tous les 1,5 jours !", se félicite Burkhard Reuter. La prochaine étape ? Passer de sept lignes de production à quatre lignes, encore plus polyvalentes.

En face, la "dispersion" des sites français

Salzgitter pèse cinq Belfort en termes d’effectif et pourrait presque couvrir la production des sites français de Reichshoffen (trains régionaux), de Valenciennes (métros et RER) et du Creusot (bogies). De quoi, peut-être, donner des idées à un PDG désireux de faire grimper la marge de son groupe de 5,3% aujourd’hui à 7% en 2020. "Il est beaucoup plus difficile de gérer un creux de charge quand on possède beaucoup de sites", a expliqué Henri Poupart-Lafarge devant la représentation nationale. Plutôt que de parler de "spécialisation" des sites français, le dirigeant pointe plutôt un problème de "dispersion".

Le plan de transfert de l’ingénierie et de la production de locomotives de Belfort à Reichshoffen "visait justement à diversifier les activités de Reichshoffen." Avec pour corollaire la réduction du nombre de sites. La polyvalence de Salzgitter, et plus encore celle envisagée par son directeur, montre qu’Alstom a de la marge pour réduire la "dispersion" de son dispositif industriel français.

Manuel Moragues

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