Les leçons anti-vandalisme du scarabée bombardier

Pour projeter automatiquement un colorant ou un marqueur à ADN en cas d’intrusion, un laboratoire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich s’est inspiré du système de défense – très agressif – d’un insecte.

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Les leçons anti-vandalisme du scarabée bombardier

Le scarabée bombardier peut revendiquer deux titres de gloire, ou au moins de notoriété. Celui d’avoir un système de défense contre ses prédateurs particulièrement ingénieux. Et, pour cette raison même, celui d’avoir été au centre - bien malgré lui - d’une polémique suscitée par des militants créationnistes qui voyaient dans les prouesses de l’insecte une preuve évidente de l’absurdité de la théorie de l’évolution darwinienne.

C’est pour la première raison que l’animal a retenu l’attention d’un laboratoire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ). Les chercheurs du Département de chimie et de bioscience appliquée se sont inspirés de la manière dont l’insecte se débarrasse de ses prédateurs en pulvérisant un liquide qui les tue ou les effraie. Le dispositif inspiré du scarabée, purement chimique, permettrait par exemple de protéger des distributeurs automatiques de billets, en marquant ceux qui s’y attaquent un peu trop violemment.

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Car l’idée est que le système se déclenche de manière autonome, en réponse à un choc, et pas avant. Pour le scarabée bombardier, le choc est plutôt émotionnel : l’approche du prédateur (fourmis…) suffit pour qu’il contracte un petit réservoir de son abdomen contenant un mélange - inoffensif à ce stade - de peroxyde d’hydrogène et d’hydroquinones. Mais le mélange est ainsi envoyé dans un autre compartiment qui contient des enzymes : la réaction chimique est alors violente, et l’insecte expulse un produit chaud et toxique sur ses agresseurs.

Sur le même principe, les chercheurs suisses ont conçu un système à deux temps, mais sous une forme qui peut s’intégrer facilement dans la surface d’un objet, tel un distributeur de billets. Deux films en plastique comportant des compartiments sont remplis, pour l’un, de peroxyde d’hydrogène, pour l’autre, de dioxyde de manganèse. Les deux films sont superposés, séparés par une couche cassante. C’est elle qui se brise en cas de choc (un coup de marteau…), provoquant le mélange des réactifs, et une réaction chimique qui donne de la vapeur d’eau, de l’oxygène et de la chaleur. Si on ajoute aux ingrédients un colorant ou des particules contenant de l’ADN - ce que les chercheurs ont testé - on produit une mousse qui rend des billets inutilisables, ou permet de les identifier.

L’avantage, par rapport à d’autres systèmes de protection, est qu’il ne requiert pas de dispositifs électriques : tout est dans ce matériau "intelligent" inventé par l’homme, qui ne l’est pas moins. Un témoignage de l’efficacité de l’évolution darwinienne ?

Thierry Lucas

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