Technos et Innovations

Les laboratoires face à la contrefaçon

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Les laboratoires pharmaceutiques européens étudient de nouvelles mesures pour faire stopper la contrefaçon croissante de médicaments.

Arthur Higgins, dirigeant de la Fédération européenne des industriels de la pharmacie (EFPIA), annonce pour l'an prochain la création d'un projet pilote à base de codes barre et d'emballages spéciaux dans au moins un pays . Si l'efficacité de ce système est prouvée, il sera ensuite lancé dans d'autres pays.

Les laboratoires pharmaceutiques se plaignent de plus en plus de l'arrivée de faux médicaments dans les circuits de distribution et craignent que leur réputation en fasse les frais. Le mois dernier, au Royaume-Uni, les contrefaçons de deux médicaments très connus, le Zyprexa de l'américain Eli Lilly Zyprexa et le Plavix du français Sanofi-Aventis ont été découvertes.

Vendredi, les autorités britanniques ont annoncé qu'elles avaient également détecté de fausses boîtes de l'anticancéreux Casodex d'AstraZeneca. Les laboratoires accusent le commerce dit parallèle - une pratique légale - d'alimenter la contrefaçon.

Cette pratique permet à certains importateurs d'acheter les médicaments dans un pays de l'Union européenne au prix "administré", pour les revendre sous un nouvel emballage dans d'autres pays où leur prix est plus élevé.

Arthur Higgins, qui est également responsable du secteur santé chez l'allemand Bayer, considère  que le commerce parallèle fournit une couverture idéale pour l'industrie du crime en Amérique latine et en Asie.

"Les enjeux économiques sont tellement élevés et les sanctions tellement basses: il est inévitable que l'argent s'oriente vers l'endroit où les choses se passent, c'est à dire vers l'Europe et son système de distribution ouvert", a-t-il déclaré lors de l'assemblée générale annuelle de la Fédération à Bruxelles. "Le temps est venu d'agir."

La commission est prudente

Le problème des médicaments contrefaits a déjà été au centre d'un colloque organisé par le parlement européen en mai et la Commission elle-même étudie la possibilité de durcir la réglementation.

Pour éliminer le commerce parallèle, les laboratoires souhaitent l'interdiction pure et simple du reconditionnement des médicaments. Mais la Commission estime que le reconditionnement doit être autorisé pour assurer la libre circulation des marchandises.

Heinz Zourek, directeur général pour l'entreprise et l'industrie à la Commission, a réaffirmé vendredi la légalité du commerce parallèle tout en assurant que les autorités européennes veilleraient aux questions de sécurité.

Selon Higgins, l'adoption d'un codage unique pour chaque conditionnement de médicament, associé à des systèmes d'authentification, de suivi et de traçabilité permettrait de résoudre le problème.

Les professionnels du commerce parallèle, représentés par l'European Association of Euro-Pharmaceutical Companies, déclinent toute responsabilité dans la  contrefaçon de médicaments et souligne que ses membres participent à un commerce légal qui contribue à contenir la hausse des prix des médicaments en Europe. Elle accuse en revanche les grands laboratoires de mener une campagne de diffamation pour réduire la concurrence.

Usinenouvelle.com, avec Reuters

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