Les laboratoires déjà engagés dans la lutte contre les bactéries tueuses

D'après les informations du Parisien le 30 août, ce sont des souches ultra-résistantes à tout antibiotique qui seraient à l'origine de trois décès dans l'Essonne. Face à l’apparition de ce type de cas, des laboratoires publics et PME se mobilisent pour développer de nouveaux antidotes.

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Les laboratoires déjà engagés dans la lutte contre les bactéries tueuses

Dix-huit patients auraient été infectés cet été… En cause ? Une souche ultra-résistante de la bactérie Klebsiella pneumoniale dans la clinique Jacques Cartier de Massy dans l'Essonne, selon Le Parisien du 30 août. Depuis 2005, l'Institut national de veille sanitaire (Invs) surveille pourtant cette bactérie pouvant provoquer insuffisances respiratoires et infections méningées. Car elle fait preuve d’une inquiétante résistance aux antibiotiques, même les plus puissants… ce qui lui permet de rester dans l’organisme durant plusieurs mois.

Malheureusement, la découverte de nouveaux antibactériens n’est pas une priorité pour l’industrie pharmaceutique. En dix ans, le nombre de nouveaux antibiotiques produits ou en développement, moins rentables que des anticancéreux ou des médicaments contre les maladies cardiovasculaires, aurait ainsi chuté de moitié.

Réduire mortalité et coûts

Ce qui n’empêche pas des laboratoires de prendre le relais, y compris en France. Ainsi, la start-up Antabio, fondée en octobre 2009 en Midi-Pyrénées, développe une nouvelle génération de molécules qui s’attaquent à la virulence des bactéries pour permettre aux antibiotiques de les éradiquer définitivement.

Leur but : améliorer le traitement des infections causées par des pathogènes hospitaliers multi résistants, afin de réduire la mortalité des patients hospitalisés et les coûts associés aux traitements. "Nos molécules antivirulence sont complémentaires des antibiotiques ce qui permet d’envisager des stratégies de co-développement, explique la PME. C’est pourquoi nous travaillons en collaboration avec nos partenaires (laboratoires académiques, sociétés de biotechnologie et grandes entreprises pharmaceutiques) afin d’associer nos savoir-faire et mettre au point des traitements combinés plus efficaces."

Quelques structures de plus grande taille se mobilisent également contre ces bactéries qui résistent aux antibiotiques. C’est le cas du LFB, un laboratoire français détenu par l’Etat plus connu pour ses médicaments dérivés du plasma. En février 2010, il a signé un accord de licence avec une société de biotechnologie canadienne, Thallion Pharmaceutiques.

L'objectif est de développer et de commercialiser ensemble le traitement de cette dernière, composé de deux anticorps monoclonaux qui se lient exclusivement aux deux types de shiga-toxines produites par certaines bactéries E.Coli. "Injectés en une seule fois en intraveineuse, ces anticorps ont été conçus pour reconnaître et se fixer sur ces toxines afin de les empêcher d’agir, explique le docteur Christian Behrens, directeur du projet au LFB. Notre traitement doit être administré après l’apparition de diarrhées sanglantes et la détection des shiga-toxines, mais avant qu’elles n’aient produit d’effets toxiques et que le SHU se soit déclaré."

Lors de l’infection E.Coli O104 fait frémir toute l’Europe, les autorités allemandes avaient ainsi contacté le LFB pour qu’il mette à disposition son médicament à titre compassionnel.

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